M269 – COMME D’UNE CHOSE ÉTRANGE …

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    «  Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous… ! » I Pier 4:12-14.

   Tout ce à quoi nous ne sommes pas préparés nous fait l’effet d’une « chose étrange », d’autant plus quand cette chose est la souffrance, quelle qu’elle puisse être. Nous voudrions, parfois, connaître les événements qui surviendront dans notre vie, mais nous réalisons, avec le temps, que le fait de ne pas le savoir est un trait de la Sagesse de Dieu. Pour le racheté du Seigneur, les bénédictions comme les épreuves, les promesses comme les tribulations sont incluses dans la nature même de la foi ; elles ne sont ni étrangères ni contre la foi, elles se vivent à l’intérieur d’elle. D’ailleurs, le fait même de s’attendre à Dieu et à Ses Promesses, façonne notre esprit à « ne pas être surpris » de l’épreuve ! Certes, les choses de cette vie ne sont jamais simples, mais cette vérité, adressée par l’apôtre Paul aux Philippiens, nous éclaire : « Car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui, en soutenant le même combat que vous m’avez vu soutenir, et que vous apprenez maintenant que je soutiens… ! » Phil 1:29-30. Ainsi, ces choses, qui nous apparaissent comme étant contradictoires : croire et souffrir, être bénis et éprouvés, ne sont pas incompatibles et se rencontrent dans le même but qui est de nous rendre semblables à l’Image du Fils de Dieu… !

   L’apôtre Paul envoya Timothée dans le but d’affermir les croyants de Thessalonique, « … afin que personne, leur écrit-il, ne fût ébranlé au milieu des tribulations présentes ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela… ! » I Thess 3:3. « Destinés à cela… ! ». Et cependant, bien que nous soyons avertis, nous sommes bien souvent surpris « comme d’une chose étrange » de ce qui peut survenir dans nos vies. Certes, il serait possible à tel croyant d’éviter quelque peu les tribulations, en dosant  sa foi, en  modérant  son aspiration à la sainteté, mais, en rendant celle-ci moins opérante dans sa vie, il perdrait la force spirituelle de la victoire en vue des choses éternelles. Or, être avertis signifie, non pas que nous cherchions à connaître ce qui surviendra dans nos vies, mais, simplement, que nous sachions que le Seigneur, Lui, connaît le fruit en nous produit par l’épreuve, et cela nous suffit ! « Car, écrit Paul aux Corinthiens, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut ; si nous sommes consolés, c’est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter les mêmes souffrances que nous endurons… ! » II Cor 1:5-6. Ainsi, plus durablement encore que les expériences heureuses, les tribulations semblables, vécues ensemble, renforcent et approfondissent la communion fraternelle… !

  Bien que conduits par l’Esprit-Saint, Paul avec ses compagnons d’œuvres furent surpris de l’intensité d’une tribulation particulière. L’apôtre écrit aux Corinthiens : « Nous ne voulons pas, en effet, vous laisser ignorer, frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été excessivement accablés, au-delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie. Et nous regardions comme certain notre arrêt de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu qui ressuscite les morts… ! » II Cor 1:8-9. Cette tribulation « survenue » nous apprend que les épreuves, tout en étant prévisibles, ne le sont pas nécessairement en ce qui concerne les circonstances elles-mêmes, mais la confiance permanente en Dieu nous accompagne et traverse toutes choses avec nous… !

   Bien que Jésus ait dit : « Soyez sur vos gardes : je vous ai tout annoncé d’avance… ! » Marc 13:23, nous pouvons donc encore être surpris de certaines épreuves. La réponse à cela est donc l’exemple que nous retirons de l’apôtre Paul et de ses compagnons qui apprirent à « placer leur confiance en Dieu qui ressuscite les morts… ! » Pourquoi l’apôtre associe-t-il une situation désespérée ou désespérante avec le « Dieu qui ressuscite les morts » ? Parce que les effets de surprise les plus douloureux, quels qu’ils soient, ne peuvent être surmontés que par la foi dans le Christ ressuscité. Car la « Communion à Ses souffrances » est toujours associée à la « Puissance de Sa Résurrection » Phil 3:10, d’où jaillit la Vie véritable, et cette Vie est la Lumière qui nous éclaire les choses durables et éternelles, c’est-à-dire, la vision spirituelle des choses « inébranlables » révélées au travers même de ce qui a été « ébranlé » au-dedans de nous… ! Héb 12:27.

    En exhortant à ne pas être surpris de la fournaise, qui a pour but d’éprouver les rachetés, Pierre poursuit donc, en disant : «  Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra… ! » I Pier 4:13. Pareillement, Jacques exhorte, en disant : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience… ! » Jac 1:2-3. Pierre parle de la persécution à cause de la foi et Jacques parle des diverses épreuves de la vie ; or, tous deux considèrent ces choses comme étant un « sujet de joie complète » … ! Mais de quelle sorte de joie s’agit-il ? La joie naturelle découle d’une satisfaction personnelle ; tandis que la joie spirituelle concerne la « nouvelle créature » que nous sommes devenus en Christ. Ainsi, la joie humaine exprime un sentiment temporaire de satisfaction ; tandis que la Joie spirituelle exprime la certitude que, dans notre faiblesse même, se reçoit la Puissance divine, par laquelle nous parvenons à « la mesure de la Stature parfaite de Christ… ! » Eph 4:13.

   L’Esprit de Dieu, ne visite donc pas seulement les âmes comblées qui vivent des temps de promesses et de bénédictions particulières. L’Esprit de Dieu, l’Esprit de Gloire, repose de la même manière sur ceux qui sont éprouvés. L’Éternel ne proclame-t-il pas par la bouche du Prophète Ésaïe : « … J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits… ! » Ésaïe 57:15. Ces deux réalités : « L’Esprit de gloire » et « l’esprit brisé » peuvent nous paraître comme étant incompatibles, si, en effet, nous ne comprenons l’Esprit-Saint qu’en termes de réveil et de miracles visibles. Or, l’Esprit de Dieu repose avec la même Puissance sur ce qui, en quelque sorte, ne lui « ressemble » pas, c’est-à-dire, sur les cœurs brisés, sur les vies éprouvées ! Car la Puissance glorieuse de Dieu ne se prouve pas uniquement en changeant une situation douloureuse en une situation heureuse, mais en changeant la personne elle-même à l’intérieur de sa situation qui, elle, demeure inchangée… !

   Parlant de l’« espérance vivante », de « l’héritage qui nous est réservé dans les cieux » et du « salut prêt à être révélé dans les derniers temps », l’apôtre Pierre écrit aux croyants dispersés : « C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat, la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra … ! » I Pier 1:6-7. Nous retrouvons, là encore, la joie et la tristesse, association inaccoutumée des sentiments propres à l’âme qui aspire à recevoir les Bienfaits spirituels d’En-Haut, tout en étant, à la fois, prête à endurer l’adversité que ceux-ci lui attireraient ici-bas ! Or, l’Écriture nous apporte une compréhension de l’épreuve par la nécessité même de ce « puisqu’il le faut ! » rendu indispensable, soit en vue de notre croissance spirituelle, soit en étant la conséquence de celle-ci… !

   Les exhortations de la Parole de Dieu reçues dans un cœur brisé ne peuvent que porter des fruits durables. Car la faiblesse, résultant de l’épreuve, cause une perte de notre nature charnelle dont les propres forces cèdent devant les Perfections de Dieu, lequel nous fait ainsi participer à Sa Sainteté, en vue de contempler Sa Face dans la Gloire ! En ce Jour-là, toute épreuve qui aura été vécue comme « une chose étrange » se changera en émerveillement ! Car la Révélation, par l’Esprit, du but comme du fruit des épreuves, permises par Dieu, sera d’autant plus grande que la raison, pour un temps, en aura été cachée… !