M265 – IL NE PEUT PÉCHER …

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      « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, non plus que celui qui n’aime pas son frère… ! » I Jean 3:9-10.

   Lors de son entretien avec Nicodème, qui était venu Le trouver de nuit, Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau… ! » Jean 3:5-7. « Il faut… ! », dit Jésus. C’est là la condition essentielle ; car continuer à parler, à approfondir même les Vérités de la Parole sans avoir reçu la « nouvelle naissance » revient à connaître les choses de Dieu sans y appartenir. C’est pourquoi, ce changement intérieure était déjà proclamé par le message des prophètes qui annonçaient la venue de Celui qui l’opérerait dans les vies : «  Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés, s’écrie Ézéchiel ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair… ! » Ézé 36:25-26. Ce  « cœur nouveau » et cet «  esprit nouveau », non seulement révèlent la transformation intérieure, mais encore reçoit le Sens de la Parole divine selon l’Esprit qui communique la Force d’En Haut pour la mettre en pratique… !

    Ainsi, la compréhension selon l’Esprit est aussi intime chez l’homme spirituel que l’est en lui la nouvelle naissance: « Car je mettrai mes lois dans leur esprit, dit le Seigneur ; je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple : aucun n’enseignera plus son concitoyen, ni aucun son frère, en disant : Connais le Seigneur ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand d’entre eux ; parce que je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés… ! » Héb 8:10-12. «  Aucun n’enseignera plus son concitoyen, ni aucun son frère… ! » D’où nous voyons que la régénération opérée par Christ en nous contient la capacité spirituelle de discerner ce que nous ne connaissons pas encore, mais que l’Esprit de Dieu, en nous, sait que nous avons besoin de recevoir et de comprendre… !

    En conséquence d’une telle expérience spirituelle, l’Écriture déclare que celui qui est né de Dieu « ne peut pas  pécher » I Jean 3:9. Est-il donc possible, en tant que né de nouveau, de ne plus pécher ? De ne plus en avoir même la possibilité ? Il ne s’agit pas ici de ne plus pouvoir pécher, mais d’avoir le pouvoir de ne pas pécher… ! Car, ne plus pécher est irréaliste, même dans la pensée du croyant le plus sanctifié ; il s’agit ici de la capacité reçue de l’Esprit-Saint, par la foi, en vue de résister au péché ! L’Écriture l’indique elle-même, en disant que le croyant ne peut pas pécher dans le sens qu’il « ne pratique pas le péché » I Jean 3:9. Si autrefois, en effet, l’inclination au péché était dans sa nature charnelle, cela ne l’est plus, dès lors, dans la nouvelle créature qu’il est devenu, et dont la vie transformée a changé ses aspirations… !

    Ce que Dieu fait est parfait, et Il le fait en nous, mais pas sans nous ! En effet, Dieu qui a dit : Je vous donnerai un « cœur nouveau » et un «  esprit nouveau » Ézé 36:26, a dit aussi à Israël, à cause de toutes ses transgressions : « Faites-vous un cœur nouveau, et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël… ! » Ézé 18:31. Dieu, qui nous a donné cette Grâce, nous a appelés, en même temps, à nous « faire » ce cœur nouveau et cet esprit nouveau. Car dès le moment où Dieu a fait toutes choses nouvelles, Il continue de le faire en nous, et nous avec Lui ; ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Colossiens : « Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions… Renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté… Ne mentez pas les uns aux autres… ! » Col 3:5, 8, 10. Et qui donc l’apôtre exhorte-t-il de cette  manière ?  Si ce n’est ceux, déjà, « … ayant été dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau qui se renouvelle dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé… ! » Col 3:9-10. Dieu, en nous régénérant, a suscité ce processus spirituel qui se perpétue, et qui consiste à discerner ce en quoi nous avons à nous dépouiller du vieil homme et à nous revêtir de l’homme nouveau. Nous sommes appelés à faire notre part à l’intérieur de ce que Dieu a fait de nous… !

     « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu… ! » II Cor 5:17-18. Ces paroles énoncent une réalité opérée par le Saint-Esprit dans nos vies. Cependant, beaucoup de croyants fidèles qui s’attendaient, dès lors, à une victoire définitive sur la puissance du péché, comme sur les pensées charnelles, s’étonnent et souffrent en constatant encore leurs faiblesses à cet égard. Or, il faut se rappeler que «  la nouvelle naissance » se vit dans notre condition humaine ; elle ne nous imprime pas la nature des anges, ni ne nous donne ici-bas, déjà, un corps de ressuscité ! Par la régénération, nous ne sommes pas automatiquement préservés du mal, malgré nous ! Et d’ailleurs, l’exhortation de la part de Jésus : « veiller et prier… ! » Matt 26:41, nous le démontre. Car, en étant nés de nouveau, nous ne nous  appartenons point «  à nous-mêmes » I Cor 6:19, tout en étant cependant encore «  nous-mêmes » ! Ce n’est pas parce que nous sommes transformés que nous n’existons plus personnellement, mais, par l’Esprit de Dieu, nous sommes rendus plus sensibles encore à nos faiblesses, pour avoir le courage de les appeler par leurs noms et de les livrer, et nous-mêmes avec elles, à Jésus… !

   Il est frappant de découvrir deux aspects de l’Œuvre de Dieu en nous, apparemment contraires, dans le fait, en même temps, d’« être » et de « faire » ! Nous le voyons clairement lors de la remontrance de la part de l’apôtre Paul aux Corinthiens, en disant : « C’est bien à tort que vous vous glorifiez. Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé… ! » I Cor 5:6-7. Ainsi, ces croyants, tout en étant pourtant « une pâte nouvelle », sont exhortés à en faire disparaître le « levain » … ! Ce processus de l’Action initiale de Dieu et de l’action participante du racheté qui l’accompagne, n’est compris que par l’Esprit-Saint. Le racheté, en effet, n’est pas un « objet » inerte entre les Mains de Dieu. Car, de même que Dieu « nous a aimés le premier » I Jean 4:10, Sa Joie est d’être aimé de ceux qu’Il a rachetés, en leur donnant de participer en portant, à partir de la Parole agissante en eux, des fruits spirituels pour Son Royaume… !

  D’où vient donc que celui qui est né de nouveau ne « pratique » pas le péché ? « Parce que, écrit Jean, la Semence de Dieu demeure en lui… ! » I Jean 3:9. Et quelle est donc la nature de cette Semence divine déposée en nous ? « … Vous avez été régénérés, écrit Pierre, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole  vivante  et  permanente de Dieu… ! » I Pier 1:23. Cette semence dans notre cœur, c’est «  la Parole du Seigneur qui demeure éternellement » I Pier 1:25. Et le miracle de la « régénération », est que la Semence de Dieu nous rend participants de la nature éternelle même de Sa Parole qui sanctifie nos vies. Car la Félicité éternelle et la Sainteté sont toujours associées… !

     Grande est la promesse qui accompagne celui qui est né de nouveau, par ces paroles « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas… ! » I Jean 5:18. C’est ici la capacité spirituelle de la nouvelle naissance qui confère au croyant la force de se garder lui-même du péché. Cette Force est « en » lui, mais elle ne vient pas « de » lui, elle est un des attributs de la Vie nouvelle reçue en lui de la part de Dieu. Car ce n’est pas nous-mêmes que le malin craint et n’ose toucher, mais la Puissance de Dieu en nous qui l’a vaincu ! C’est donc cette victoire que nous avons à appliquer. Et qui peut donc, à chaque instant, aider ceux qui sont «  nés de Dieu »,  si ce n’est Celui-là même  que Dieu a  « engendré » I Jean 5:1, Jésus, qui renouvelle en nous la Vie que nous avons reçue de Lui… !