M263 – LE CORPS EST POUR LE SEIGNEUR …

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     «  Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; et Dieu détruira l’un comme les autres. Mais le corps n’est pas pour l’impudicité. Il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps. Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera aussi par sa puissance… ! » I Cor 6:12-13.

    Le terme «  corps » a plusieurs sens dans la Parole de Dieu ; suivant la vérité qu’elle expose, le corps est présenté dans un sens positif, ou négatif. L’apôtre Paul écrit qu’ «… en demeurant dans ce corps nous demeurons loin du Seigneur… ! » II Cor 5:6, de même qu’il écrit aussi, en ce qui le concerne, que « … maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une  pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort ; car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain… ! » Phil 1:20. Ainsi, ce corps peut être, selon les cas, soit un obstacle entre nous est le Seigneur, soit le réceptacle ici-bas de la Plénitude de Son Esprit … !

    Que notre esprit soit au Seigneur, nous le comprenons fort bien, mais que « le corps soit pour le Seigneur », et même que «  le Seigneur soit pour le corps » peut nous surprendre ! En effet, par rapport aux réalités spirituelles et éternelles, nous avons une tendance à considérer le corps comme étant une chose « négligeable », bien qu’il soit, dans certains domaines personnels, l’objet de nos plus grands soins … ! Or, il n’en est pas ainsi aux yeux de Dieu et dans l’Écriture, notre corps est « pour le Seigneur » en qualité de « temple », dans lequel l’Esprit de Dieu habite  : I Cor 3:16.  Les Juifs dirent à Jésus, qui venaient de chasser les vendeurs hors du temple : « Quels miracles nous montres-tu pour agir de la sorte ? Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais, dit l’Écriture, il parlait du temple de son corps ! C’est pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite… ! » Jean 2:19-22. Et ceci éclaire encore plus la réponse que Jésus fit aux Juifs, qui lui reprochaient de ne pas observer le sabbat : « Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple… ! » Matt 12:6.

   La séparation entre le corps et l’esprit n’est pas aussi absolue que nous le pensons. En effet, l’un peut exercer sur l’autre une influence bonne ou mauvaise, d’où, entre autres,  cette injonction de l’Écriture : « Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes… ? » I Cor 6:18-19. Comme notre esprit, notre corps, également, est à Dieu, et c’est en cela que nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, en sorte que si nous nous gardons purs, ou si nous salissons notre corps, c’est, à travers nous, la Face du Seigneur que nous honorons ou que nous affligeons. C’est en raison de cela que Paul déclare : « … Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi même rejeté, après avoir prêché aux autres… ! » I Cor 9:27. Ces paroles de l’apôtre éclairent le rôle de notre corps qui a part, lui aussi, aux effets de « cette foi qui est la victoire qui triomphe du monde »… ! I Jean 5:4.

   Il n’y a rien de commun entre un corps tenté et un corps éprouvé, si ce n’est sur un seul point : tous les deux résistent, certes, mais dans deux sens totalement opposés. Celui qui cède à la tentation résiste «  à » Dieu,  par ses faiblesses, tandis que celui,  qui supporte la souffrance résiste  « pour » Dieu, avec la Force qui vient de Lui. Quelle qu’en soit la nature, la souffrance est ce qui atteint les limites de nos forces ; dans certaines situations, elle peut être même ressentie comme allant au-delà. En ce qui concerne l’apôtre Paul, son combat pour l’Église était à ce point rude et incessant que son corps en portait la trace, ainsi qu’il l’écrit aux Colossiens « Je me réjouis dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps qui est l’Église… ! » Col 1:24.  L’apôtre ne souffrait pas pour son salut, ni pour celui des autres,  une telle pensée infirmerait les Souffrances de Christ qui  «  a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice… ! » Héb 9:26, mais il souffrait pour l’Église à cause des soucis continuels que lui causaient les croyants dont il avait la charge. En cela, l’apôtre était un exemple pour les croyants à venir, exhortés, eux aussi, «  à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes… ! » Jude 1:3.

   L’expérience de l’apôtre, qui avait, beaucoup reçu de Dieu, nous permet d’approfondir la place que tient le corps dans la vie spirituelle. C’est ainsi qu’il écrit aux Corinthiens : « Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : Ma Grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse… ! » II Cor 12:7-9. La chose importante à connaître, plus encore que la nature de cette écharde, était son but dans la vie de l’apôtre, et qui consistait à le garder caché à l’ombre de Celui qui lui communiqua l’Excellence de ces Révélations. En effet, le saint fardeau d’une telle Connaissance divine ne pouvait être apportée par lui qu’en étant reçue dans un corps souffrant. Car, de la part d’un homme qui, entre autres périls, reçut cent quatre-vingt quinze coups de la part des Juifs, fut trois fois battus de verges, une fois lapidé, et qui fit trois fois naufrage, était-ce donc étonnant qu’il fût faible dans son corps ? Mais ce fut à ce prix-là  qu’il put apporter « tout le conseil de Dieu » … jusqu’à nous ! Il n’est donc pas étrange qu’il put dire alors : « Que personne désormais ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les marques de Jésus… ! » Gal 6:17.

   Le corps est donc est une réalité profonde dans le Dessein éternel de Dieu ; réalité manifestée en Jésus Lui-même qui devint « la Parole faite chair » Jean 1:14. En effet, la Souffrance, l’Abaissement, le Don de Sa Vie pour nous racheter ne seraient restés que de louables et grandioses intentions, s’Il ne les avait pas manifestées par Sa Mort à la Croix. Car, il n’est pas de victime expiatoire sans corps, ce dont témoigne l’Écriture, disant que Jésus «  a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois… ! » I Pier 2:24 ; et qu’Il nous a maintenant «  réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair… ! » I Col 1:21. Ce n’est pas autrement que dans son Corps que Jésus a souffert, qu’Il est mort, et qu’Il est ressuscité pour nous communiquer les Vertus même de Sa vie, par Son Sang et par Son Esprit. Ceci éclaire aussi l’importance qu’occupe notre corps dans « notre Vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ » Phil 3:14, laquelle est un appel à vivre de Sa Sainteté… !

   «  Nous sommes pressés de toute manière, écrit l’apôtre Paul, mais non réduits à l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus ; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car, nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle… ! »  II Cor  4:8-10. Ce que notre cœur croit, et que notre âme a reçu, et que notre esprit comprend, notre corps le porte… ! Alors que, physiquement, nous ne pouvons être, en même temps, vivants et morts, nous le pouvons, spirituellement, par la Force vivifiante et sanctifiante résultant de la Manifestation permanente et simultanée en nous et de la Mort et de la Vie de Jésus-Christ ressuscité… !

   Parvenus à cette profondeur, ces paroles de l’apôtre ne peuvent que résonner en nous, lorsqu’il écrit : « Je vous exhorte, donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable… ! » Rom 12:1. Et ce sacrifice, ce n’est pas un corps mort, mais notre corps vivant, vivant précisément parce que mort au péché… ! Car, notre culte, pour qu’il soit « raisonnable », consiste, non seulement à offrir à Dieu nos louanges et nos actions de grâces, mais également notre corps ; ce corps même, dans lequel, précisément, et non pas hors de lui, nous louons Dieu … ! Car, dit encore l’Écriture, vous avez été racheté à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu … ! » I Cor 6:20. Est-ce donc étonnant que notre corps, faillible, fragile, infirme même, mais parce qu’il bénéficie des effets de la Grâce, soit pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps, dont le rôle est d’être digne du Trésor éternel qu’il porte… ! II Cor 4:10-11.