M261 – SANS MOI VOUS NE POUVEZ RIEN FAIRE …

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     « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez pas non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, et vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire… ! »  Jean 15:1-5.

   Chacun de nous connaît, ou connaîtra, pour lui-même ou pour ceux qui l’entourent, ce sentiment d’impuissance dans des situations humainement sans issue. Quand nous savons que nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes et que personne d’autre ne le peut davantage, combien se vérifient les Paroles de Jésus, disant : « Sans moi vous ne pouvez rien faire… ! » Jean 15:5. Ces Paroles ne peuvent que susciter en nous l’aspiration à mieux connaître la Personne et la Puissance surnaturelle de Celui qui les a prononcées. Or, en disant : « Vous ne pouvez rien faire… ! », en quoi consiste donc ce « rien » sans Christ ? N’est-ce pas précisément ce que nous avons tenté de  « faire » par nous-même pour Lui ? Car, nombreuses sont les, les prières non exaucées à ce sujet. Et pourquoi cela ? Parce que, parmi les choses que nous demandons pour notre vie, et même pour Dieu, beaucoup proviennent plus de notre volonté d’ « obtenir  » de Dieu  que de « grandir » en Lui… !

   Quand Jésus dit que nous pouvons demander «  ce que nous voulons », cela ne signifie pas que nous pouvons demander n’importe quoi. La disposition intérieure dans laquelle nous pouvons demander ce que nous voulons découle de cette condition : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous… ! » Jean 15:4. Ainsi, cette intériorité de notre communion avec Christ inspire notre volonté propre à ne rechercher que la Volonté de Dieu. Car en nous exhortant à demander ce que nous voulons, Jésus ne nous livre pas à notre propre volonté au risque de nous perdre, au contraire, Il aiguise notre discernement spirituel qui nous préserve de notre propre volonté, fût-elle la meilleure qui soit. D’ailleurs, dans le domaine humain, ce qui se fait se conçoit dans la même esprit que ce pour quoi ou ce pour qui la chose est faite Ainsi, une action charnelle découle toujours d’une pensée charnelle. Il en est de même dans le domaine de l’Esprit, une œuvre spirituelle en nous-mêmes ou pour autrui découle de la Nature du Fils de Dieu, auquel nous sommes appelés à ressembler… !

   En disant que nous ne pouvons rien faire sans Lui, Jésus ne nous enseigne pas quelque chose qu’Il n’aurait pas Lui-même connue. En effet, l’Écriture nous révèle un  Mystère concernant Jésus qui, en tant que «  Fils de l’homme » et dans une dimension essentiellement différente de la nôtre, a vécu Lui-même cette dépendance de Dieu, au point de dire  « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait ; le Fils aussi le fait pareillement…! » Jean 5:19. Dans Sa Relation avec Son Père, dans l’Intimité de Sa Présence, Jésus «  voyait faire » Son Père, et faisait donc ce qu’Il avait vu à l’égard de ceux qui écoutaient Sa Parole. Jésus exprima également cette vérité, en disant : « Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé… ! » Jean 5:30. Il s’agissait donc pour Jésus de  recevoir la Force permanente d’En-Haut « en tant que Fils de l’homme » pour l’accomplissement du Dessein éternel «  en tant que « Fils de Dieu » !

    Jésus pouvait donc voir et faire ce que Son Père faisait et lui montrait, parce qu’Il cherchait, non Sa Volonté, mais la Volonté de Celui qui l’avait envoyé. En vérité, Jésus, ici-bas, pouvait tout faire « par » Lui-même, mais lorsqu’Il dit qu’Il ne pouvait rien faire « de » Lui-même, cela signifie aussi, qu’Il ne voulait rien faire seulement « pour » Lui-même ! Ainsi, la Parole que Jésus nous a dite, en ce qui le concerne, éclaire la Parole qu’Il nous adressée. En effet,  tout ce qui est fait pour Dieu ne peut l’être que par Son Esprit. Ainsi, toute parole dite ou écrite, si belle ou si intéressante soit-elle, mais qui n’est pas spirituelle et donc éternelle, ne pénètre ni ne laisse une empreinte durable dans l’esprit et le cœur. De même, tout ce que Jésus a  fait et nous a appelés à faire porte un fruit qui demeure. C’est là le Sceau de l’Esprit de Dieu sur toute parole et sur toute œuvre, et que recherche le racheté qui a compris que, sans Jésus, il ne pouvait rien faire de lui-même…  qui puisse « subsister » !

    Si, en cette vie, il ne nous est pas possible de faire certaines choses, faute de connaissance, ou de force, il en est différemment en ce qui concerne la vie spirituelle et le service de Dieu. En effet, quand Jésus dit que l’on ne peut rien faire sans Lui, ce «  rien » peut révéler la cause, non pas d’une incapacité, mais, au contraire, de trop capacités naturelles ; et cela de l’aveu même de l’apôtre Paul qui écrit : « Si quelque autre croit pouvoir se confier dans la chair, je le puis bien davantage, moi, circoncis le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d’Hébreux ; quant à la loi, pharisien ; quant au zèle, persécuteur de l’Église ; irréprochable, à l’égard de la justice de la loi, Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ… ! » Phil 3:4-6. Et ceci amena l’apôtre à faire le constat suivant : « Ce n’est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu… ! » II Cor 3:5. S’il est charnel, en effet, de prendre son incapacité comme prétexte pour fuir ses responsabilités qu’implique l’Appel du Seigneur, il l’est tout autant de celui qui, prenant ses dons naturels pour une capacité venant de Dieu,  en  use  plus  pour  «  se produire »  que  pour   Le    «  servir »… !

   En sondant les Paroles de Jésus au sujet du « Cep et des Sarments », il ressort donc que les personnes qui « demeurent en Lui » portent du fruit : Jean 15:5, et que celles qui « ne demeurent pas » en Lui ne portent pas de fruit : Jean 15:6. Or, il est à relever qu’il en est d’autres encore qui, tout en « étant  en Jésus » ne portent pas de fruit non plus… ! Jean 15:2, et cela au même titre que le sarment détaché du cep, et qui sèche : Jean 15:6. Comment cela peut-il donc être ? A la lumière de ces passages, et si étonnant que cela puisse paraître, cette âme qui est en Jésus ne porte donc pas de fruit ; elle n’en porte pas, parce que la « sève » spirituelle ne passe pas en elle ; et la sève ne passe pas, parce que cette personne est «  en Christ », mais Christ n’est pas encore « en elle » ! La relation de cette âme avec Dieu consiste en ce qu’elle a une connaissance de Dieu, mais sans la nouvelle naissance ! Elle se tient auprès du Seigneur par l’adhésion d’une foi sincère, même zélée, mais à usage personnel, et donc sans contenu spirituel ni aspiration aux choses célestes. Cette âme croit, mais à sens unique, Dieu lui doit tout, force, protection, prospérité, santé et bonheur. Elle attend tout de Lui, sans savoir, ou chercher à savoir que Dieu aussi l’attend … !

   Une personne « est » en Christ, mais quelle aspiration, venant de l’intérieur d’elle peut donc révéler à elle-même, que Christ « est » en elle ? Jésus, Lui-même, le dit : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous… ! » Jean 15:7. Jésus et la Parole ne font qu’Un, et c’est la présence de cet « Amour de la Vérité » en nous : II Thess 2:10, qui témoigne de la Présence de Christ demeurant en nous. C’est par le témoignage de notre amour et de notre soif de la Parole de Dieu que nous savons que le Dieu de cette Parole demeure en nous. Ainsi, le fait de ne pouvoir rien faire par nous-mêmes, sinon de croire, a été révélé dès le commencement, en ce que Jésus nous a donné, Lui seul,  « le pouvoir de devenir enfants de Dieu … ! » Jean 1:12. Et ce «  pouvoir » s’est manifesté par la Vie de la Parole de Dieu reçue en nous dans un « même Esprit de foi » II Cor 4:13.

  Si l’on ne peut, évidemment, demeurer en Christ sans «  être en Lui », il est cependant possible d’être en Lui « sans y demeurer » vraiment ! De là, la persévérance éclairée et nourrie par la Parole de Dieu : signe d’appartenance au Sauveur du croyant « né de nouveau » … !