M260 – SOUVENEZ-VOUS …

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       «  Souvenez-vous de ces premiers jours, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat au milieu des souffrances, d’une part, exposés comme en spectacle aux opprobres et aux tribulations, et de l’autre, vous associant à ceux dont la position était la même. En effet, vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours. N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération… ! » Héb 10:32-35.

     Il est des souvenirs, datant du commencement de notre vie spirituelle, que l’Esprit de Dieu rappelle à notre esprit. Il ne s’agit pas ici de ces choses passées, au sujet desquelles il est écrit :  « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles … ! » II Cor 5:17. Ce dont l’apôtre Paul écrit aussi en ce qui le concerne : « … Je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ… ! » Phil 3:13-14. En effet, l’Écriture, qui nous exhorte à « oublier », nous exhorte aussi à « se souvenir » ! Et à se souvenir de quoi ? D’abord de ce que Dieu a dit à Israël par le prophète Moïse : « Tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte, et que l’Éternel, ton dieu, t’a racheté ; c’est pourquoi je te donne ces commandements à mettre en pratique… ! » Deut 24:18. Puis de ce que l’apôtre Paul écrit au sujet des rachetés, notamment d’entre les païens : « Souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le Sang de Christ… ! » Eph 2:12-13. Ce rappel de ce que nous étions alors, par rapport à ce que nous sommes devenus aujourd’hui, est à même de nous permettre de mesurer la croissance, ou la décroissance, de notre vie spirituelle… !

     Est-il un seul racheté qui ne se souvienne pas du jour où il a rencontré le Seigneur et sauveur Jésus-Christ qui se révéla à lui ? De ce temps inoubliable, où il reçut le pardon de ses péchés, la Lumière de la Vie et la Paix de Dieu ? Certes, c’est chaque jour que nous avons à  « chercher premièrement le Royaume  et  la  Justice  de  Dieu … ! » Matt 6:33 ; que nous avons à désirer et à manger la « nourriture qui subsiste pour la vie éternelle… ! » Jn 6:27 ; que nous avons « à veiller et à prier … ! » Matt 26:41. Or, il se rencontre des situations difficiles qui peuvent susciter des interrogations profondes, parfois douloureuses, qui nous ramènent en pensée au commencement de notre vie de croyant. Et là, nous nous souvenons de ces premiers jours pleins de promesses avec l’espérance des fruits spirituels à venir ! « Mais ce que j’ai contre toi, dit le Seigneur, c’est que tu as abandonné ton premier amour ! Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ! » Apo 2:4-5. Ces paroles, adressées à l’Église d’Éphèse, nous reprennent tout en nous éclairant par ces autres paroles adressées à l’Église de Sardes, qui nous révèlent en même temps le Remède divin, en disant : « Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde, et repens-toi… ! » Apo 3:3. L’important est donc de nous souvenir de la manière dont nous avons « reçu et entendu, et gardé », et surtout, dont nous continuons à « recevoir, à entendre et à garder » la Parole de Dieu qui ne peut que multiplier en nous les « premières œuvres » … !

     Les premiers temps de notre vie spirituelle sont précieux, parce qu’ils nous rappellent l’expérience profonde de la venue en nous de la Vie de Christ. Certes, il ne s’agit pas là seulement de jours euphoriques ou détachés de la réalité, car recevoir la Vie de Jésus-Christ saisit et dirige notre vie vers la Lumière et la Perfection du Seigneur. Il s’ensuit donc des luttes, des oppositions, des renoncements que seule la Plénitude de la Présence de Christ compense au-delà de toute mesure, ainsi que nous le rappelle l’Écriture : « Souvenez-vous de ces premiers jours où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat au milieu des souffrances… ! » Héb 10:32. Pourquoi le fait d’avoir été éclairés suscite-t-il donc des combats et des souffrances ? Parce que le prince de ce monde met tout en œuvre pour tenter de nous détacher du Prince de la Vie, soit par l’oppression, soit par la séduction. Or, l’oppression est manifeste, tandis que la séduction, elle, est plus subtile. C’est ainsi que la Paix de Dieu est d’autant plus réelle qu’elle se vit dans la tribulation ; Paix divine à ne pas confondre avec la fausse paix, cette sécurité trompeuse qui révèle une perte de la vie spirituelle qui ne résiste plus à l’adversaire, lequel ne la combat pas non plus, et donc la laisse tranquille… !

      Ainsi, le souvenir de ce qui a été est utile pour comprendre le présent et pour progresser dans l’avenir. C’est également là une des attributions de l’Esprit-Saint qui, dit Jésus à Ses disciples : « … vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit… ! » Jn 14:26. Ainsi, le Saint-Esprit, en même temps, annonce ce qui est nouveau et rappelle ce qui est ancien ! D’où l’importance de méditer et de sonder la Parole de Dieu qui ainsi s’imprime en nous ; car, si même il nous arrivait de l’oublier, le Saint-Esprit en retrouve la trace et la ravive dans notre esprit pour nous la rappeler en temps utile. Lorsque Jésus, en effet, chassa les bœufs, les brebis et les pigeons hors du temple, en disant : « Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. Ses disciples, dit l’Écriture, se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore… ! » Jn 2:16-17. De même, lorsque Jésus, à la fête de Pâque, se rendit à Jérusalem, assis sur un ânon et acclamé par la foule, selon ce qui est écrit : « Ne crains point fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, assis sur le petit d’une ânesse, Ses disciples, dit l’Écriture, ne comprirent pas d’abord ces choses, mais lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu’elles étaient écrites de lui, et qu’ils les avaient accomplies à son égard… ! » Jn 12:14-16. Et aux femmes encore, qui s’étaient rendues au sépulcre pour embaumer le corps de Jésus et qui ne le trouvèrent pas, les anges dirent : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point ici, mais il est ressuscité ! Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore avec vous en Galilée, et qu’il disait : il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus… ! » Luc 24:5-8. Ainsi, à l’exemple de Jésus, tout ce que nous pouvons nous-mêmes recevoir doit trouver sa source ou sa référence dans une Parole antérieure, c’est-à-dire, dans la Parole de Dieu, tel un rappel de l’Esprit qui seul atteste la véracité de ce qui a été reçu… !

     L’Écriture nous apprend que, non seulement l’homme, mais aussi Dieu « se souvient », Lui, qui est le Tout-puissant,  présent partout, et connaissant toutes choses. D’ailleurs, notre Créateur, « en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être… ! » Act 17:28, nous aurait-Il créés avec une faculté qu’il ne connaîtrait pas Lui-même ? Lorsque les fils d’Israël en Égypte gémissaient sous la servitude et poussaient des cris, rapporte l’Écriture, « … Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion… ! » Ex 2:23-24. Plus anciennement dans le temps, aussitôt après le déluge en ce qui concerne les générations issues des fils de Noé, Dieu dit : « … Quand j’aurai rassemblé des nuages au-dessus de la terre, l’arc paraîtra dans la nue ; et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous, et tous les êtres Vivants, de toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. L’arc sera dans la nue ; et je le regarderai, pour me souvenir de l’alliance perpétuelle entre Dieu et tous les êtres vivants, de toute chair qui est sur la terre. Et Dieu dit à Noé : Tel est le signe de l’alliance que j’établis entre moi et toute chair… ! » Gen 9:14-17. L’arc-en-ciel est-il indispensable pour rappeler à Dieu l’existence des êtres qu’Il a créés ? Dieu a-t-il besoin de l’arc-en-ciel pour se souvenir de Son Alliance avec les hommes ? En vérité, Dieu n’oublie pas, et s’il doit se souvenir, ce n’est pas par rapport à Lui-même, mais par rapport à l’homme qui croit en Lui, et qui, à cause de sa compréhension limitée, a besoin de « signes » par lesquels se manifeste l’Attention de Dieu à son égard. Ce n’est pas Dieu, c’est l’homme qui est oublieux…. ! Cependant, le croyant, qui prend conscience d’avoir oublié, se souvient que Dieu, Lui, n’oublie pas. Car Dieu se souvient de Sa Parole éternelle à l’égard de Ses rachetés qui savent que Dieu, dans Sa Miséricorde, reprend et corrige avec la même équité que lorsqu’Il relève et console… !

     En quoi consiste donc notre arc-en-ciel spirituel ? De quel signe intérieur et durable nous souvenons-nous dans notre vie ? Heureux celui qui a reconnu dans la Fidélité de Dieu, qui traverse tout la Parole, l’arc-en-ciel de sa foi… !