M259 – FUYEZ …

Format PDF

       «  Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël, que le Fils de l’homme sera venu… ! «  Matt 10:21-23.

     A cause des temps de persécution que connaîtraient ceux qui croyaient en Lui, ainsi que les croyants qui leur succéderaient jusqu’à nos jours, Jésus déclara à Ses disciples : «  Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre… ! » Matt 10:23. L’Écriture nous rapporte que, loin d’être un comportement découlant de la seule crainte, la fuite, lors de la persécution survenue à l’occasion de la lapidation d’Étienne, eut pour résultat que la semence de la Parole de Dieu fut répandue jusqu’ « en Phénicie, dans l’île de Chypre, et à Antioche… ! » Act 11:19. Il est à remarquer que «  tous, excepté les apôtres, se dispersèrent… ! » Act 8:1. Dans cette perspective spirituelle, cette fuite fut, non pas un signe de faiblesse, mais une manifestation de la Sagesse infiniment variée de Dieu, par laquelle aussi s’accomplit la proclamation du Salut en Jésus-Christ… !

    Jésus Lui-même, en certaines circonstances, suivit Son propre Conseil durant Son Ministère parmi les hommes. Dans le temple, alors qu’il avait dit aux Juifs : «  Moi et le Père, nous sommes un… ! », ceux-ci cherchèrent à se saisir de Lui, « … mais Jésus, dit l’Écriture, s’échappa de leurs mains… ! » Jean 10:30,39. Ceci n’empêcha nullement Jésus, à la mort de Lazare, son ami, de prendre la résolution de retourner à Béthanie, près de Jérusalem, alors que Ses disciples lui disaient : « Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée… ! » Jean 11:8. En D’autres circonstances encore, à Jérusalem même, par deux fois, Jésus « … se cacha loin d’eux… ! » Jean 8:59 et 12:36. La raison de cela, dit l’Écriture, était que « … son heure n’était pas encore venue… ! » Jean 7:30 et 8:20. C’est-à-dire, l’heure de Sa Crucifixion, aboutissement de Son obéissance, par laquelle Son Père serait glorifié. Jésus est notre Exemple de la soumission à la Direction de l’Esprit dont le but est la Gloire du Père ; car la Gloire de Dieu n’empêche pas l’épreuve. Jésus ne déclara-t-Il pas aux disciples, lors de Son dernier repas de la Pâque : « Maintenant, le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. »  Jean 13:31, alors qu’à ce même moment de la nuit, Judas était sorti pour le livrer… !

    Il nous est donné de voir dans la personne et dans le ministère de l’apôtre Paul une fidèle application de la conduite selon l’Esprit de Dieu. L’apôtre, en effet, lors de sa défense devant le tribun Lysias, déclara : « De retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, je fus ravi en extase, et je vis le Seigneur qui me disait : Hâte-toi, et sors promptement de Jérusalem, parce qu’ils ne recevront pas ton témoignage sur moi… ! » Act 22:17-18. Puis, quelques années plus tard, contre l’avis même de plusieurs frères qui le priaient de ne pas monter à Jérusalem, Paul leur dit : « Que faites-vous, en pleurant et en me brisant le cœur ? Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le Nom du Seigneur Jésus. Comme il ne se laissait pas persuader, nous n’insistâmes pas, et nous dîmes : Que la Volonté du Seigneur se fasse… ! » Act 21:13-14. Dans un premier temps, l’apôtre dut « fuir » d’après un ordre du Seigneur, puis dans un second temps, il revint à Jérusalem, dirigé également par l’Esprit du Seigneur. Ce fut donc à l’issue de ce procès que le Seigneur, apparaissant à Paul, lui dit : « Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome… ! » Act 23:11. Ainsi, parce que ce n’était pas encore l’heure pour lui, l’apôtre Paul dut fuir une première fois de Jérusalem par la Volonté de Dieu, pour, ensuite, y revenir, par cette même Volonté, afin d’être son témoin à Rome au temps fixé ! Quel que soit le jugement, ou l’opinion des hommes, l’important est de savoir qu’il n’y a ni lâcheté, ni héroïsme dans tout comportement qui nous est dicté par l’Esprit, mais seulement obéissance à la Volonté de Dieu, avec pour fruit de Son Approbation, Sa Paix intérieure…

    Il y a des fuites honteuses et il y a des fuites salutaires, et c’est à celles-ci que nous exhorte le Seigneur qui, peu avant de les quitter, dit à Ses disciples : « Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas être, – que celui qui lit fasse attention, – alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ; que celui qui sera sur le toit ne descende pas pour prendre quelque chose dans sa maison ; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau… ! » Marc 13:14-16. Dans de telles circonstances, la fuite est, non pas un aveu de faiblesse, mais un signe de piété. Car il vaut mieux sauver ce que l’on est en Christ, en perdant ce que l’on a, que de sauver ce que l’on a, en perdant ce que l’on est… !

     L’Exhortation de Jésus ne se limite pas seulement à fuir d’une ville dans une autre ville, d’un lieu dans un autre lieu. La fuite est aussi, et avant tout, intérieure ; elle est ce passage salutaire d’un état à un autre état, d’une pensée à une autre pensée, d’un comportement à un autre comportement. L’Écriture nous enseigne diverses raisons de fuir : fuir, afin de nous éloigner de ce qui est malsain ; fuir, à l’inverse, afin de se rapprocher de Celui qui est Saint ; fuir aussi, en nous-mêmes, ce qui doit être rejeté une fois pour toutes… ! Tout ceci s’exprime dans l’exhortation de Paul adressée à Timothée : « Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur… ! » I Tim 6:11. Exhortation que l’apôtre réitéra dans sa seconde lettre : « Fuis les passions de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur… ! » II Tim 2:22. A ce titre, la fuite est une vertu… !

      La Parabole du « bon berger » nous apprend que « lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers… ! » Jean 10:4-5. Quand bien même « l’étranger » les appellerait, ou annoncerait un message ressemblant en partie au Message du « bon berger », les « brebis » le fuiraient, parce qu’elles discernent, non seulement la parole de « l’étranger », mais aussi sa « voix » comme n’étant pas celle du « bon berger ». Il y a, en effet, un « timbre » propre à la Voix de l’Esprit de Dieu, qui est unique, et dont seul le message, en pénétrant et en éclairant d’abord le cœur, est à même de renouveler l’intelligence. Aussi seuls les croyants nés de nouveau sont-ils à même de distinguer entre le langage spirituel et le langage du séducteur. Car si même ce dernier exprimait une certaine partie de la Vérité, elle ne peut être qu’une vérité sans « l’Esprit de vérité », lequel atteste la Nature éternelle de la Parole de Dieu, dont seule la Puissance a le pouvoir de transformer les vies !

    Le fait de devoir fuir montre également que nous avons compris nos propres limites, car, qui n’a pas eu la pensée de faire ou d’entreprendre certaines choses pour lesquelles il n’avait reçu ni les dons ni l’appel ? Qui n’a pas désiré un ministère public plutôt que caché ? Qui, en cherchant à comprendre la Parole de Dieu, par lui-même, ne s’est pas trouvé « au-delà de ce qui est écrit » ? Mais, tôt ou tard, le croyant prend suffisamment conscience de son « moi », pour être convaincu de fuir la tentation de vouloir plus « se produire » que « servir » Dieu. De même, dans notre vie, la Parole nous appelle à persévérer et à tenir ferme, mais jamais à braver la tentation, ni à défier les adversaires tant terrestres que spirituels, car c’est alors que nous fuirions, non par ordre de Dieu, mais par peur ou dans la défaite… !

     Ainsi, le fait de fuir et celui de résister s’inscrivent dans le même combat de la foi ; car, selon la situation, fuir est un acte de résistance. Par ailleurs, l’Écriture nous apprend qu’il est un certain combat, dans lequel, et le cas est unique, nous ne sommes pas de ceux qui fuient, mais de ceux qui font fuir ! Il est écrit, en effet : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous… ! » Jac 4:7. Dans cas particulier, ce n’est donc pas nous qui fuyons, mais c’est le diable qui nous fuit. Et comment cela ? Par notre propre puissance ou même par notre piété ? Loin de la ! Le diable ne nous craint aucunement, mais il craint l’Esprit de Dieu au-dedans de nous, malgré nos faiblesses et nos imperfections. Si donc il nous fuit, ce n’est parce que nous nous dressons contre lui, mais, au contraire, parce que « nous nous soumettons à Dieu » ! Car le fait de se soumettre à Dieu révèle que nous avons discerné et appris à fuir notre propre assurance, ainsi que toute convoitise qui donnerait avantage à l’adversaire sur nous. En vérité, le diable ne peut que fuir loin de ceux qui « fuient en Christ », car il n’a aucune prise sur eux… !