M256 – LE SEIGNEUR … REGARDA PIERRE … !

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    « Après avoir saisi Jésus, ils l’emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin. Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s’assirent. Pierre s’assit parmi eux. Une servante qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit : Cet homme était aussi avec lui. Mais il le nia, disant : Femme, je ne le connais pas. Peu après, un autre, l’ayant vu, dit : Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit : Homme, je n’en suis pas. Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant : Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. Pierre répondit : Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la Parole que le Seigneur lui avait dite : Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement… ! » Luc 22:54-62.

    La nuit où Jésus fut jugé, il faisait froid, Pierre, assis parmi d’autres personnes, se chauffait près du feu éclairant son visage. Quelques hommes et femmes, fixant sur lui leurs regards, le reconnurent comme étant aussi un disciple de Jésus. Quel mobile poussa Pierre à se trouver en ces lieux ? L’Écriture rapporte que, pendant que l’on emmenait Jésus, « Pierre le suivit de loin jusqu’à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s’assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait… ! » Matt 26:58. « Pour voir comment cela finirait… ! » Une telle attitude le trouva désarmé face à une telle situation, le réduisant à n’être plus qu’un spectateur au lieu d’être une aide à Son Maître. Et pourquoi désarmé ? Parce que, à ce moment-là, Pierre « suivait Jésus de loin… ! ». Cet état d’esprit, mêlé de curiosité et de crainte, n’était pas de nature à affermir sa foi, ni par conséquent, à soutenir intérieurement Jésus… !

   Alors que « l’autre disciple », c’est-à-dire, Jean, qui était connu du souverain sacrificateur, « entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur ; mais Pierre resta dehors près de la porte… ! » Jean 18:16. Ce fut seulement après que Jean eut parlé à la portière pour l’introduire, que cette même portière reconnut Pierre comme étant un disciple de Jésus ! Jean 18:17. D’où il ressort qu’il y a des recommandations permettant des « facilités » ici-bas, mais qui, finalement, suscitent bien des complications… ! Souvent l’insistance dont use le croyant en arrive à « forcer » la Main de Dieu avec les conséquences qu’il s’attire. Cependant, il est parfois dans les mystères de la Volonté de Dieu de nous permettre d’apprendre, au travers de notre impatience ou de notre obstination, une leçon spirituelle, capitale et durable. Pierre avait pensé voir sans être vu d’autrui, mais il fut vu, afin de mieux voir, dans la suite… en lui-même… !

  En effet, au même instant, comme il parlait encore, rapporte l’Écriture, le coq chanta. Le Seigneur, s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la Parole que  le  Seigneur  lui  avait  dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement… ! » Luc 22:61-62. Jésus, accusé d’un côté, renié de l’autre, soutenu par personne, sans une parole, tourna Son Regard vers Pierre. Mais un Regard empreint, en même temps, d’affliction et de miséricorde, pénétrant l’âme de Pierre. Un Regard, par lequel Pierre se vit la cause d’une souffrance insondable en Jésus, et auquel il ne put répondre que par ses larmes… ! Il est des choses ineffables dans le ciel, il est aussi des choses indicibles sur la terre, dans le bien comme dans le mal. Jésus regarda Pierre, mais Pierre ne put supporter ce Regard, dans lequel il vit tout ce que son reniement avait affecté en Jésus, tout, sauf Son Amour pour lui… !

 Des circonstances particulières nous donnent de réaliser la puissance pénétrante du Regard de Jésus. Le cas extrême et dramatique fut donc le Regard de Jésus à Pierre. Et cela le fut d’autant plus que Pierre avait déjà été l’objet d’un premier Regard de la part de Jésus, lorsque André, son frère, le conduisit vers Lui, et que Jésus, est-il écrit, « l’ayant regardé, lui dit : Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre)… ! » Jean 1:42. Entre ces deux regards, Pierre vécut sa vie de disciple, puis d’apôtre. Dans le premier Regard, Pierre vit ce qu’il était pour Jésus ; dans le second Regard, Pierre se vit tel qu’il n’aurait jamais pensé l’être aux yeux de Jésus !

   Il est donc frappant de relever que, souvent, Jésus accompagnait de Son Regard la Parole qu’il adressait à ceux qui L’écoutaient. L’un des exemples fut lors de la rencontre avec l’homme riche qui demanda à Jésus ce qu’il devait faire pour hériter la vie éternelle, et qui, bien qu’observateur de la loi, s’en alla tout triste, parce qu’il avait de grands biens. Dans un premier temps, dit l’Écriture, « Jésus, l’ayant regardé, l’aima… ! » Marc 10:21. Dans un deuxième temps, après le départ de cet homme, Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : « Qu’il sera difficile… à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu… ! » Marc 10:23-24. Et enfin, aux disciples mêmes qui se demandaient les uns aux autres : « Et qui peut être sauvé ? Jésus les regarda, et dit : Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu : car tout est possible à Dieu… ! » Marc 10:27. Voilà donc l’apport spirituel du Regard de Jésus dans la communication de la Parole. Le regard de Jésus émanait une telle Puissance de bonté, une telle transparence de Vérité qu’Il rendait « visibles » les pensées que l’âme voulait cacher… !

    Dans Sa Relation avec Son Père, l’Écriture nous rapporte que Jésus, avant de multiplier les pains à la foule, « prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces… ! » Marc 6:41. De même, « Jésus leva les yeux en haut » et pria devant le sépulcre où reposait Lazare qu’il ressuscita : Jean 11:41. Jésus encore « leva les yeux au ciel » et pria Son Père, « non seulement pour ses disciples, mais encore pour ceux qui croiraient en Lui par leur parole ! » Jean 17:1, 20. Suivant l’exemple de Jésus, nous découvrons le rôle du regard dans le ministère des apôtres, que ce soit le regard de celui qui apporte la Parole, ou le regard de celui qui la reçoit. A Jérusalem, passant auprès de l’homme boiteux de naissance assis à la porte du temple, « Pierre, de même que Jean, fixant les yeux sur lui, et dit : Regarde-nous. Et il les regardait attentivement, s’attendant à recevoir d’eux quelque chose. Alors Pierre lui dit : Je n’ai ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche… ! » Act 3:5-6. A Lystre, un homme, boiteux de naissance lui aussi, « écoutait parler Paul. Et Paul, fixant les regards sur lui et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, dit d’une voix forte : Lève-toi droit sur tes pieds. Et il se leva d’un bond et marcha… ! » Act 14:9-10. C’est ici le fruit de la communion, par l’Esprit, qui élève notre regard En Haut, sur ce que Dieu présente à nos yeux intérieurs qui reçoivent la vision de l’Oeuvre de Dieu ; vision spirituelle qui unit nos prières, nos paroles et nos actes dans le même Dessein de Dieu… !

    Comment, dès lors, se manifeste pour nous le Regard du Seigneur, depuis qu’Il est ressuscité des morts et élevé à la droite de Dieu ? Alors que le céleste désir des anges consiste à « plonger leurs regards » dans le travail de la Parole de Dieu, œuvrant à salut dans nos vies : I Pier 1:12. Le prophète Ésaïe déclare au sujet du Messie, « …qu’après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours ; et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; par sa, connaissance, mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, et il se chargera de leurs iniquités… ! » Ésaïe 53:10-11. Ainsi, après avoir souffert le « travail de son âme » pour nos âmes, Jésus « rassasie ses regards » de l’oeuvre libératrice de Sa Parole en nous, travail intérieur de l’Esprit du Royaume de Dieu, dont Il suit l’avancement dans nos vies. L’Esprit de la Parole ouvre les yeux de notre cœur et nous rend conscients d’être « vus » par le Seigneur, et donc nous exhorte à « conserver le mystère de la foi dans une conscience pure… ! » I Tim 3:9.

    De même que les Pensées de l’Esprit nous révèlent le sens spirituel de la Parole de Dieu, le « Regard » de l’Esprit est cette vision spirituelle des choses que « l’œil n’a point vues »  I Cor 2:9, mais que l’Esprit, qui nous a été donné, « voit », en nous-mêmes, et en Dieu. Car, dit l’Écriture, « l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu… ! » I Cor 2:10. Nos yeux humains, sans la Pensée divine, s’arrêtent, et nous arrêtent nous-mêmes, à la « surface » des choses dans notre vie même,  tandis que le Regard de l’Esprit les pénètre et les éclaire à la Lumière de la Parole. Ces choses alors se révèlent, non pas comme nous entravant, mais comme contribuant à nous faire parvenir au But éternel, en vue duquel elles nous ont été destinées. Le Regard de Jésus à Pierre ne lui rappela-t-il pas la Parole même que Jésus lui avait dite, et qui le ramena d’autant plus près de Jésus que Pierre s’était éloigné de Lui… !