M253 – LA TERRE PROMISE …

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   «  C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait. C’est par la foi qu’il vint s’établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. »  Héb 11:8-10.

   La foi est une, mais innombrables sont ses manifestations et ses applications dans la vie du croyant, selon le temps, la situation et surtout selon son appel de la part de Dieu. L’homme ne peut s’approcher de Dieu que par la foi : Héb 11:6, ainsi la foi ne s’opère en lui, et par lui, qu’en fonction de la Volonté de Dieu. De là, la place de l’obéissance en rapport avec la foi et l’importance qu’en donne l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains au sujet de cette « obéissance de la foi » Rom 1:5. Croire et obéir ne font qu’un, car l’obéissance sans la foi consiste à recevoir la Parole de Vie sans la Vie de cette Parole, qui devient donc « la lettre qui tue » II Cor 3:6, et la foi sans l’obéissance n’est plus qu’une confiance sans le discernement spirituel, et donc accessible à toute séduction. Aussi la promesse est-elle le point de contact divin vers lequel la foi et l’obéissance convergent… !

   C’est par la foi qu’Abraham vint s’établir dans la terre promise, cette promesse fut donc l’objet de sa foi et le but de sa vie ici-bas. En effet, la foi est donnée parce qu’il y a quelque chose à croire, et ce quelque chose ce sont les Promesses de Dieu. Ainsi, la foi, qui vient de la Parole de Dieu, nous inspire à rechercher ce que Dieu veut, et non pas ce que nous voulons, car la foi « naturelle », qui ne découle pas de la Volonté divine, « imagine » toutes sortes de promesses, de bénédictions ou d’interventions miraculeuses qui, pour les unes, ne s’accomplissent pas, tandis que pour d’autres, le séducteur leur donne une apparence d’exaucement pour tromper les âmes. Or, la foi n’est pas un pouvoir qui nous appartient, et dont nous pouvons user selon notre propre volonté pour satisfaire nos désirs personnels. Ainsi, ce ne fut pas Abraham qui forgea de toutes pièces la promesse d’une terre à obtenir, mais ce fut la terre promise selon la Volonté de Dieu, qui correspondit à sa foi, elle-même, reçue aussi de la part de Dieu… !

   Abraham, ayant reçu la promesse d’une terre, partit donc sans savoir où il allait. Il est, en effet, des promesses connues comme aussi des promesses inconnues de la part de Dieu. Pour les premières, la Parole de Dieu et la Pensée de l’Esprit nous en révèlent la teneur, pour les secondes, c’est avec le temps et au travers des circonstances, épurant nos pensées, que nous en discernons le but. D’ailleurs, une promesse prématurément connue ne serait qu’une connaissance intellectuelle, qui nous voilerait le sens spirituel de son accomplissement au temps fixé. Aussi Dieu se révèle-t-il à nous au fur et à mesure de notre croissance en Lui, sinon nous ne discernerions pas ce qu’Il tient en réserve pour nous, au point de rester pauvres en face de ce qui est destiné à nous rendre spirituellement riches. Ainsi, la raison profonde de Dieu, en tardant à nous révéler certaines de Ses promesses, est d’abord de révéler en nous la soif spirituelle d’où naissent nos aspirations vers elles… ! Ces mêmes aspirations, comblant notre temps d’attente, nourrissent alors notre patience, dans laquelle s’accomplit l’Œuvre parfaite de Dieu en nous !

   Abraham, dit l’Écriture, « s’établit dans la terre promise comme dans une terre étrangère » Héb 11:9. « Étrangère » ? Ainsi est parfois ressentie « l’attente » entre la promesse présente et le temps de son accomplissement. En effet, par la bouche d’Étienne, la Parole rapporte au sujet d’Abraham : « Sa postérité séjournera dans un pays étranger (l’Égypte) ; on la réduira en servitude et on la maltraitera pendant quatre cents ans. Mais la nation à laquelle ils auront été asservis, c’est moi qui la jugerai, dit Dieu. Après cela, ils sortiront, et ils me serviront en ce lieu-ci… ! » Actes 7:6-7. Ce fut dans cette perspective que la terre promise fut « comme étrangère » à Abraham jusqu’au temps fixé. Le patriarche entra donc en Canaan, puis sa postérité en ressortit pour y entrer de nouveau, … la promesse sait attendre ! L’expérience nous apprend que nous réalisons souvent beaucoup mieux dans un second temps ce que nous n’avions pas pleinement saisi dans un premier temps… !

    La famine fut la cause qui amena Jacob,  petit-fils d’Abraham, et sa famille à quitter le pays d’Israël et à descendre en Égypte : Actes 7:9-14. Et l’une des causes de la sortie d’Égypte du peuple hébreu et son entrée en Canaan fut aussi en rapport avec le peuple des Amoréens, d’entre les habitants du pays, selon que l’Éternel l’avait anciennement annoncé à Abraham : « A la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore à son comble… ! » Gen 15:16. En reprenant possession du pays promis, au temps fixé, Israël fut un instrument de la Justice de Dieu s’exerçant contre les Amoréens à cause de leurs péchés. De même que les Promesses divines n’empêchèrent donc pas la famine, de même elles ne nous évitent pas non plus les épreuves, parce que les épreuves mêmes se révèlent de salutaires obstacles qui, en nous épurant de ce qui est charnel en nous, nous libèrent spirituellement… !

   Chacun de nous a reçu une « terre promise », c’est-à-dire, une promesse à approfondir et à vivre pleinement, ainsi que le dit l’Éternel à Abraham : « Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai… ! » Gen 13:17. Or, notre « terre promise » peut parfois nous paraître, non seulement « étrangère », mais « étrange », … c’est-à-dire, être une promesse qui ne semble pas correspondre, ou répondre, à nos préoccupations quotidiennes. En effet, notre vie peut nous paraître ordinaire, banale, alors qu’elle ne l’est en aucun cas aux yeux de Dieu. Mais l’aspect étranger de la terre promise a pour but de nous rappeler de nous attacher, non pas à la promesse, mais à Celui qui nous a fait la promesse, et de dépendre non pas du don à recevoir, mais du Donateur Lui-même, toujours présent ! C’est là une des vérités fondamentales que nous reconnaissons, mais, bien souvent, c’est ce que nous croyons savoir que nous avons le moins compris… !

  Quelles furent les dispositions spirituelles d’Abraham, lorsqu’il vécut les Promesses de Dieu ? L’Éternel nous en donne la teneur, en lui disant : « Je t’ai établi père d’un grand nombre de nations. Il est notre père, écrit l’apôtre Paul, devant Celui auquel il a cru, Dieu, qui donne la vie aux morts, et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient… ! » Rom 4:17. Ainsi, tout en étant dans la terre promise, le patriarche, intérieurement, attendait cette « cité qui a de solides fondements, et dont Dieu est l’architecte et le constructeur » ! Héb 11:10. Le racheté, aujourd’hui, qui vit avec une telle attente, est une âme qui ne peut aspirer au Royaume de Dieu qu’avec une telle vision spirituelle, à l’exemple de Moïse qui, en quittant l’Égypte à la tête du peuple hébreu, avait déjà « les yeux fixés sur la rémunération », car « il voyait Celui qui est invisible… ! » Héb 11:27.

    Ainsi, l’homme spirituel qui s’attend aux Promesses de Dieu, les vit sur deux plans : l’un visible et l’autre invisible. Et c’est en ceci qu’il peut paraître « étrange » aux yeux des incroyants et même à ceux des croyants charnels. C’est ici la démarche spirituelle de celui qui a saisi que les choses visibles et les choses invisibles « se touchent », et dont, la foi « voit » le sens qui relie les choses invisibles à celles visibles, et réciproquement. Ainsi, au travers des circonstances heureuses et celles douloureuses de la vie s’accomplissent les promesses, au Temps de Dieu, avec la compréhension spirituelle des choses terrestres éclairées par les choses d’En-Haut ! Car c’est le fait même « d’attendre la cité céleste aux solides fondements » qui rendit Abraham heureux « d’habiter sous des tentes… ! »

     Jésus dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne… ! » Jean 14:27. De même qu’il y a une différence entre la Paix de Dieu et la paix du monde, il y a aussi une différence entre les Promesses de Dieu et les promesses du monde. En effet, les promesses de ce monde suscitent l’insatisfaction du « moi », parce qu’elles s’inspirent d’un même « moi » charnel, … tandis que les Promesses divines suscitent en nous une consécration à Dieu qui nous comble, parce qu’elles nous rendent participants de la Plénitude de Celui qui a fait les promesses…