M252 – DRESSONS TROIS TENTES …

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    «  Environ huit jours après qu’il eut dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur. Et voici, deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Elie, qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient appesantis par le sommeil ; mais, s’étant tenus éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : Maître, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. Il ne savait ce qu’il disait. Comme il parlait ainsi, une nuée vint les couvrir; et les disciples furent saisis de frayeur en les voyant entrer dans la nuée. Et de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! Quand la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul. Les disciples gardèrent le silence, et ils ne racontèrent à personne, en ce temps-là, rien de ce qu’ils avaient vu… ! » Luc 9:28-36.

    Être conduits à l’écart par Jésus sur une haute montagne pour être seuls avec Lui : Marc 9:2, annonçait par là même un événement particulier et imminent. Mais Pierre, Jean et Jacques se seraient-ils attendus à vivre une telle expérience ? Jésus, en effet, se mit à prier, et, « pendant qu’il priait, dit l’Écriture, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur… ! » Luc 9:29. Résultant de Sa prière, il se produisit en Jésus, et autour de Lui, une manifestation visible de l’Invisible. Quelles devaient être alors, dans cet événement unique, non seulement l’intensité, mais encore l’intimité de l’Intercession de Jésus dans le Plan rédempteur de Dieu… !

  Jésus, par Sa prière, introduisit les disciples dans l’entretien prophétique avec Moïse et Elie, au sujet de Son départ qu’Il allait accomplir à Jérusalem. Cette Lumière, ces Paroles furent si glorieuses que Pierre voulut prolonger cette apparition surnaturelle, au point qu’il s’écria : « … Dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. Car il ne savait que dire, l’effroi les ayant saisis … ! » Marc 9:5-6. L’intention de Pierre fut de perpétuer la transfiguration de Jésus et l’apparition des deux prophètes, comme si, en en conservant les effets, l’on pouvait en conserver la cause ! Nous retrouvons cette pensée chez la femme samaritaine qui, ne comprenant pas la nature spirituelle de « l’Eau vive » qui est Jésus, lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici… ! » Jean 4:15. Même pensée aussi chez ces Juifs qui, ne comprenant pas non plus la nature spirituelle du « Pain de vie » qui est Jésus, lui dirent : «  Seigneur, donne-nous toujours ce pain… ! » Jean 6:34. « Donne-moi cette eau » ! « Donne-nous ce pain » ! Nous-mêmes, également, nous ne voudrions pas que cessent certaines Manifestations puissantes de Dieu, mais en cherchant à les conserver, ou à les reproduire à notre manière, nous les coupons de la Source, c’est-à-dire, de Jésus, et notre vie spirituelle tarit… !

   Jésus, parlant de Son départ, dit à Ses disciples : « Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ? Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai… ! » Jean 16:5-7. Là encore, en désirant garder Jésus auprès d’eux, les disciples se seraient, certes, épargnés cette profonde tristesse, mais en évitant à Jésus la mort sur la Croix, ils se privaient eux-mêmes, et privaient, en même temps, l’humanité jusqu’à nous de la Rédemption acquise par le Sang de Jésus et de l’Effusion du Saint-Esprit sous l’Onction duquel, et par la foi, nous recevons le pardon de nos péchés et la Vie éternelle. Ainsi, en voulant « prendre soin » des vérités, c’est-à-dire, en les gardant pour nous seuls, nous prenons le risque de les tenir, et nous-mêmes avec elles, loin de la Présence de Dieu, et donc de la vie spirituelle…

  Qui n’a pas souhaité prolonger des bienfaits, des temps de bénédictions ou de visitation de la part de Dieu dans sa vie, que ce soit individuellement ou collectivement ? Ce fut, précisément, lorsque les disciples virent la « Gloire de Jésus », puis au moment où Moïse et Elie allaient se séparer de Lui, que Pierre exprima l’intention de dresser les trois tentes, sans réaliser qu’en ce faisant, il aurait « figé » cette manifestation de Vie et de Lumière. En fait, « dresser une tente » signifie « donner corps » a quelque chose qui nous dépasse, ou nous échappe, afin de se l’approprier ! Là encore, en voulant ramener une chose spirituelle à notre entendement, nous réduisons ce qui découle de la Nature divine à notre mesure humaine, alors que Dieu, en nous faisant « naître de nouveau »,a manifesté le Dessein de nous rendre participants de Sa Nature divine… !

     D’ailleurs, pourquoi dresser encore une tente à Jésus, ou à ce qui nous vient de Lui ? Puisque Jésus est déjà dans une « tente » qui n’est autre que « Son Corps de chair » ! Que le corps soit comparé à une tente, c’est ce que nous montre l’Écriture, par l’apôtre Paul qui écrit aux Corinthiens : « Nous savons, en effet, que si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme. Aussi, nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste, si du moins nous sommes trouvés vêtus et non pas nus… ! » II Cor 5:1-3. Il ressort de ces paroles que notre corps de chair est « cette tente où nous habitons sur la terre ». Christ déjà, entrant dans le monde, dit : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (dans le rouleau du livre, il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté…! » Héb 10:5-7. Au sujet de la première Venue de Jésus, en effet, l’Ecriture déclare : « La parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père… ! » Jean 1:14. Jésus, la « Parole faite chair », a, littéralement, « dressé sa tente » parmi nous. Or, en voulant mettre une « seconde » tente à Jésus, les disciples auraient voilé cette « Gloire » émanant de Sa Personne. Ainsi, pareillement aux Manifestations glorieuses, en enveloppant les vérités divines de la « forme » de nos propres pensées, en croyant mieux les comprendre, nous les déformons et les rendons encore plus obscures … !

   Ainsi, ce que l’on veut conserver, on l’enveloppe, mais ce qu’on enveloppe, on le voile ; et ce voile ce sont nos propres lumières qui découlent des obscurités de la sagesse et de la tradition humaines. Or, la démarche d’ajouter ce qui est imparfait à ce qui est parfait, de mêler le charnel au spirituel, annule la force de la sainteté dans notre vie spirituelle. Il ne nous est pas donné d’envelopper les Richesses spirituelles par les aspirations de notre « moi » religieux et charnel, mais de nous en laisser dépouiller par Jésus pour être, intérieurement, revêtus de Lui… !

     « Dresser une tente », c’est-à-dire, présenter « un autre corps » aux choses de Dieu, révèle également un signe de « propre justice » ; comme si, en effet, le Corps de Jésus-Christ Lui-même, livré en sacrifice pour nos péchés, n’était pas suffisant pour nous accorder le pardon et la vie éternelle ! Ceci revient donc à offrir une offrande, alors que « … là où il y a pardon des péchés, dit l’Écriture, il n’y a plus d’offrande pour le péché… ! » Héb 10:18. Ainsi nos seules pensées et nos seuls actes qui ne voilent pas les Desseins de Dieu ne peuvent être inspirés et éclairés que par la Révélation en nous de l’œuvre de la Croix… !

   « Comme Pierre parlait ainsi, dit l’Écriture, une nuée les couvrit (c’est-à-dire, Jésus, Moïse et Élie) ; et les disciples furent saisis de frayeur en les voyant entrer dans la nuée… ! » Luc 9:34. Maintenant, les rôles sont inversés, il ne s’agit plus des tentes que les disciples voulaient dresser sur eux, mais de la nuée dont Dieu les couvrit. En effet, les disciples, en voulant conserver l’Apparition lumineuse, l’aurait obscurcie en l’enveloppant, alors que Dieu, au contraire, en l’enveloppant de la nuée, lumineuse elle aussi : Matt 17:5, éclairait leur entendement … ! Car, « de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : Ecoutez-le… ! » Luc 9:35. Tout est dit ! En effet, le fait de chercher à comprendre les choses spirituelles par soi-même multiplie les réponses et augmente la confusion, tandis que Dieu, en rapportant au seul Trait de Sa Lumière ce dont nous avons besoin de comprendre, éclaire toutes choses… !