M250 – QUE CELUI DE VOUS QUI EST SANS PÉCHÉ …

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  Les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus… » Jean 8:1-11.

  Dès le commencement, l’Évangile nous montre la place de Moïse, puis de Jésus dans le Plan rédempteur de Dieu, disant : «  La loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ… » Jean 1:17. Il y a là continuité et accomplissement du prophète Moïse en Jésus-Christ, le Sauveur. Or, le but des pharisiens et des scribes fut toujours de chercher à prendre Jésus en défaut par rapport à Moïse, et à chercher des contradictions entre Son Enseignement et la Loi de Dieu, cette Loi dont Jésus Lui-même, dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir… » Matt 5:17. Ainsi, cette femme surprise en adultère était encore l’occasion aux yeux des pharisiens d’opposer Jésus à Moïse, la Grâce à la loi. Nous ne connaissons pas les circonstances exactes dans lesquelles cette femme fut surprise, mais il se révèle déjà un vice de forme à la base de tout ceci, car pour être « pris en flagrant délit d’adultère », il faut au moins être surpris à « deux » ! L’Écriture dit, en effet : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël… » Deut 22:22. Or ici, où est l’homme… ?

  Jésus, enseignant dans le temple, fut donc interrompu par l’arrivée des pharisiens lui amenant la femme, et lui disant : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu… ? » Jean 8:4-5. Il est à remarquer que, subtilement, les pharisiens « s’effacèrent » pour ne laisser que Moïse en face de Jésus, afin de faire encore plus ressortir la gravité de la situation, et de leur demande aux oreilles du peuple présent autour d’eux. Aussi, par leur question, et par l’attente qui s’en suivit, Jésus se trouva comme « isolé » en ce qui Le concerne, autant que l’était la femme, mais pour la raison évidemment différente que l’on sait. En plus, en disant : « Toi donc, que dis-tu … ? », les pharisiens exprimaient déjà le soupçon que Jésus pût être d’un avis différent de Moïse, ce qu’ils recherchaient d’ailleurs. Ainsi, les religieux, le peuple, cette femme, tous étaient dans l’attente d’une Parole de Sa bouche, mais pour toute réponse, Jésus, dit l’Écriture « s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre… » Jean 8:6. Comme Jésus ne répondait pas, les pharisiens l’interrogèrent d’une manière plus pressante, et, alors que Son silence aurait pu sembler être, à leurs yeux, aussi coupable que l’était la faute de cette femme, Jésus, se relevant, leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et, s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre… » Jean 8:7-8.

  Y eut-il débat théologique plus dramatique que celui-ci, dans lequel la vie ou la mort de cette femme dépendait de la Réponse de Jésus ? Ainsi, au moment où la gravité du péché de cette femme semblait, par contraste, faire oublier le péché de tous ceux qui l’accusaient, Jésus, retournant donc leur question, leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre… ! », alors, dit l’Écriture : « Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers… » Jean 8:9. Dans cette circonstance cruciale, Jésus, dépassant la confrontation doctrinale, passa du domaine de la connaissance à celui de la conscience de ceux-là mêmes qui l’interrogeaient… ! C’était là la manifestation de la Sagesse de Jésus qui fit en sorte que les questionneurs fussent amenés à se questionner eux-mêmes. Car s’il est possible d’avoir quelque connaissance de la Parole, tout en demeurant encore faux quant à la conscience, il est cependant impossible de persister à être faux quant à la conscience, lorsque la Parole, par l’Esprit de Vérité, la convainc de mauvaise foi.

  « Accusés par leur conscience… », les Juifs se retirèrent donc un à un ! La Parole de Jésus transperça leur cœur, elle frappa leur conscience mieux que les pierres avec lesquelles ils s’apprêtaient à frapper la femme coupable. En effet, plus que par des arguments qui enorgueillissent le vainqueur, la Parole de Jésus leur fit voir comment ils étaient vus de Dieu. Ce qui eut pour résultat, que Jésus ne put être accusé par eux de s’opposer à Moïse, et que la femme reçut le pardon avec l’Exhortation de Jésus à s’affermir dans cette Grâce. Jésus, en effet, « s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus… » Jean 8:10-11. En vérité, la seule personne qui eût été à même de lapider cette femme, c’était bien Jésus, car, étant Lui Seul sans péché, Il ne pouvait être convaincu de ce dont ceux qui l’entouraient avait été convaincus, et s’étaient tous retirés. Ainsi, Jésus qui aurait été habilité à lapider cette femme lui a, au contraire, accordé le pardon. En cela éclate cette Parole de l’Écriture : « La miséricorde triomphe du jugement… » Jac 2:13.

  L’intention des pharisiens, en accusant la femme, était donc, en même temps, d’accuser Jésus. Jésus aperçut leur ruse, et fit en sorte que ses adversaires se virent accusés, non par Lui, mais par eux-mêmes, par la voix de l’Esprit dans leur conscience. En cette circonstance, il est à remarquer qu’en disant : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre… ! » Jésus n’a pas dit, comme on l’entend souvent : Que celui qui est sans péché jette (alors) la première pierre… ! Jésus parla ici, non pas de « la première pierre », mais du « premier » d’entre eux qui la jetterait ; c’est-à-dire que Jésus mit l’accent sur l’homme, et non sur la pierre. Car, avec les mêmes pierres, l’on peut soit tuer une personne, soit lui bâtir une maison, tout dépend des dispositions du cœur de celui qui tient la pierre… ! Jésus ne minimise pas la faute de cette femme, loin de là ! Mais Il montre que l’on peut rendre justice soit dans un esprit d’impartialité et d’équité, soit dans un esprit de méchanceté ou dans un esprit sectaire. Ainsi, par Sa réponse, Jésus révéla, non seulement les actes, mais le fond même de la nature dénuée de miséricorde de l’homme.

  Les « pierres » que l’on voudrait « jeter » sur quelqu’un portent, chacune d’elles, un « nom » : déception, amertume, frustration, vengeance, rancune, convoitise, méchanceté, hypocrisie, mensonge, pensées impures et autres… pierres ! Aussi les hommes ont-ils toujours besoin d’une victime, coupable, ou innocente, pour la charger de ce qui pèse sur eux-mêmes sans oser se l’avouer. Jésus agit donc de telle sorte que ces accusateurs, à l’esprit raidi par la rigidité de leur tradition, portent leurs regards, non plus sur la culpabilité de cette femme, mais sur leur propre culpabilité. Ceci explique pourquoi Jésus se baissa et se releva deux fois pendant son silence qui précéda et qui succéda à Sa Parole pénétrante. L’important n’est pas de savoir ce que Jésus écrivit sur la terre, mais surtout pourquoi Il demeura baissé, les regards dirigés vers le sol. En évitant leurs regards, Jésus évitait l’inutile poursuite de la discussion. Aussi, à la Réponse de Jésus qui confondit ses adversaires, tout le poids de l’accusation dont ils chargeaient cette femme retomba sur eux, et les laissa sans voix.

  Jésus regarda donc la terre, car il voulait, non pas les provoquer ni les contraindre, mais les convaincre. Ce fut, en effet, seulement après s’être relevé que Jésus « ne vit plus que la femme… » Jean 8:10. Jusqu’ici, Jésus n’avait regardé personne, tous n’avaient donc plus qu’à se regarder les uns les autres, et surtout en eux-mêmes, et ils se virent tels que Jésus le voulut.