M248 – SI LE MONDE VOUS HAIT …

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  « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre… » Jean 15:18-20.

  Ces Paroles de Jésus révèlent ce que la présence de la vie spirituelle peut susciter de la part de ce monde. Sans aller jusqu’à la persécution ouverte, comme c’est le cas en divers lieux, la « haine de ce monde », c’est-à-dire, l’opposition de l’esprit du monde, se manifeste déjà par le fardeau ressenti devant l’incompréhension des âmes, dont le « dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence » II Cor 4:4. Certes, tous les non-croyants ne deviennent pas des persécuteurs, car c’est du milieu d’eux que la Grâce de Dieu appelle au Salut, comme ce fut le cas de chacun d’entre nous. Mais, parce que le monde ne connaît pas Dieu, et que, pourtant, il a besoin d’aimer et d’être aimé, le monde alors aime ce qui lui appartient, ce qui lui ressemble. Or, celui qui croit en Dieu, et qui a été rendu « semblable à l’image de Son Fils » Rom 8:29, ne ressemble plus au monde, auquel il n’appartient plus, d’où les Paroles de Jésus, disant : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait… » Jean 15:19. Ainsi, parce que chaque âme sauvée est « perdue » pour le monde, le « prince de ce monde » s’oppose, et à Christ qui lui a « pris » ce qu’il détenait, et aux croyants qui lui ont échappé.

  « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous… », Jésus, en effet, fut haï avant Ses disciples. Il le fut déjà lorsque Joseph et Marie, sa mère, durent fuir avec Lui en Égypte à cause d’Hérode : Matt 2:13. Et, au retour d’Égypte, ils se retirèrent de la Judée en Galilée à cause d’Archélaüs : Matt 2:22. Il le fut même avant de « venir en chair », lorsqu’Il souffrit en la personne de tous les justes et de tous les prophètes qui, dès le commencement, furent persécutés, parce que, déjà, dit l’Écriture : «  l’Esprit de Christ étaient en eux… » I Pier 1:11. A l’exemple du Seigneur Jésus-Christ, tout homme spirituel, toute femme spirituelle, ont, en tous temps, souffert dans leur vie spirituelle, dans laquelle ils se gardaient de l’attrait des choses nuisibles de ce monde. Ainsi, par l’Esprit de Christ en lui, le racheté, en n’appartenant plus à l’esprit du monde, est comme un « corps étranger » en ce monde qui, par conséquent, le rejette.

  Alors que le mal repousse le bien, le bien s’attire le mal. Ceci fut également vécu par David, lorsqu’il s’écria : « Mes ennemis sont pleins de vie, pleins de force ; ceux qui me haïssent sans cause sont nombreux. Ils me rendent le mal pour le bien ; ils sont mes adversaires, parce que je recherche le bien… » Ps 38:20-21. David est le type de l’homme spirituel. Or, être spirituel ne signifie pas que nous soyons déjà parfaits, exempts de faiblesse, mais que nous tendions sans cesse à la perfection, que nous ayons soif de la Parole de Dieu et que nous aspirions aux choses d’En-Haut, là où Christ est ressuscité. Evidemment, si un croyant veut éviter les « adversaires » et les épreuves, il lui suffit simplement de ne pas « rechercher le bien » pour son âme, c’est-à-dire, de ne rechercher ni la Volonté de Dieu dans Sa Parole ni la Révélation de Son Esprit. Mais alors, la vie spirituelle d’une telle personne est inexistante, le combat spirituel dans les lieux célestes contre les puissances invisibles lui reste étranger. En effet, les désirs de la vie terrestre ayant pris la place de l’aspiration aux choses éternelles, les rôles sont inversés, ce n’est plus le croyant qui sert Dieu, mais Dieu qui doit le « servir » ! Une telle âme ne court-elle pas le risque de connaître le regret d’avoir voulu conserver sa propre vie au lieu de connaître la Consolation que donne le Seigneur aux rachetés qui ont souffert pour être vainqueurs ?

  L’expérience de la vie spirituelle nous fait découvrir que l’écart entre les croyants et les non-croyants se retrouve entre les croyants spirituels et les croyants charnels. L’apôtre Paul rencontra semblable situation dans les Églises et parmi les serviteurs de Dieu de son temps, révélant la cause de ses nombreuses tribulations, tant parmi les croyants que parmi les païens, ainsi qu’il l’écrit aux Corinthiens, disant : « Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? N’êtes-vous pas mon œuvre dans le Seigneur ? Si pour d’autres je ne suis pas apôtre, je le suis au moins pour vous ; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. C’est là ma défense contre ceux qui m’accusent. N’avons-nous pas le droit de manger et de boire ? N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre femme, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? Ou bien, est-ce que moi seul et Barnabas nous n’avons pas le droit de ne point travailler… ? » I Cor 9:1-6. De telles critiques ne visent qu’une vie authentiquement spirituelle, dont les renoncements cachés ne sont connus que de Dieu seul… qui justifie.

  « N’avons-nous pas le droit… ? », écrit l’apôtre Paul, c’est-à-dire : N’avons-nous pas le droit d’être « comme tout le monde » dans ce qui est de plus légitime ? Eh bien non, ce qui était normal pour les autres ne l’était pas pour eux ! En fait, l’homme charnel trouvera toujours des circonstances atténuantes à l’égard de ceux qui lui ressemblent, alors qu’il relèvera toujours les faiblesses de celui qui est spirituel, contre lequel il suffit d’un simple soupçon pour qu’il soit jugé à tort. En effet, les croyants de Corinthe acceptaient le comportement répréhensible de certains prédicateurs charnels, comportement qu’ils auraient blâmé s’il avait été celui de serviteurs de Dieu spirituels, au point que l’apôtre dut écrire : « Puisqu’il en est plusieurs qui se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi. Car vous supportez volontiers les insensés, vous qui êtes sages. Si quelqu’un vous asservit, si quelqu’un vous dévore, si quelqu’un s’empare de vous, si quelqu’un est arrogant, si quelqu’un vous frappe au visage, vous le supportez. J’ai honte de le dire, nous avons montré de la faiblesse… » II Cor 11:18-21. Ainsi, l’entendement de certains Corinthiens dénués de discernement et de sagesse conduisit Paul à leur répondre « comme par folie » II Cor 11:17, dans l’espérance de les convaincre de leur folie.

  Il est donc difficile de satisfaire les désirs des personnes charnelles. Jésus le démontre lumineusement dans son discours au sujet de Jean-Baptiste, disant : « A qui comparerai-je cette génération ? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants, disent : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres… » Matt 11:16-19. Ces « enfants » n’ont d’autre but que de nous faire « danser » ou « pleurer » selon leur humeur. Or, l’apôtre Paul écrit que ces « enfants en Christ » qui, justement, sont des « hommes charnels » I Cor 3:1, réclament sans cesse autres choses que ce que Dieu leur a réservé. D’ailleurs, ne sont-ce point les caprices non satisfaits des « enfants » qui les portent à la méchanceté ? C’est précisément ce caractère-là que l’homme charnel entretient dans sa vie, d’où son envie de briser le « miroir » qu’est l’homme spirituel, dans lequel le charnel mesure la distance entre ce qu’il est encore et ce qu’il devrait être.

  « Si un membre souffre, dit l’Écriture, tous les membres souffrent avec lui… », alors que l’homme charnel qui, souvent est légaliste, au lieu de compatir, verra dans cette souffrance la conséquence d’un péché. « Si un membre est honoré, dit encore l’Écriture, tous les membres se réjouissent avec lui… » I Cor 12:26, mais l’homme charnel, au lieu de se réjouir, sera jaloux de lui. Nous apprenons par ces paroles que le fond de la nature de l’homme charnel est une animosité latente à l’encontre de l’homme spirituel, suivant les paroles mêmes de l’apôtre Paul écrivant aux Galates : « Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse ; et de même qu’alors celui qui était né selon la chair (Ismaël) persécutait celui qui était né selon l’Esprit (Isaac), ainsi en est-il encore maintenant… » Gal 4:28-29. En vérité, au fond de lui-même, l’homme charnel reconnaît en l’homme spirituel un modèle, mais parce qu’il ne veut pas, ou ne peut pas l’imiter, alors il le persécute. Par contre, une chose est sûre, l’on ne verra jamais celui qui est « né selon l’Esprit » persécuter celui qui est « né selon la chair » ! Pourquoi cela ? Parce que l’homme spirituel, dont le « moi » a été crucifié, n’a pas besoin d’agresser autrui pour défendre ce qu’il n’a plus… puisqu’en lui Christ est tout.