M247 – N’EST-CE PAS LE CHARPENTIER … ?

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       « Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité… ! » Marc 6:1-6.

     Parce qu’ils avaient connu une période de la vie de Jésus et son humble origine, les habitants de Nazareth avaient de la difficulté à avoir de Lui une autre image que celle qu’ils gardèrent du temps où Il vivait au milieu d’eux. Du moment que les Nazaréens connaissaient sa mère, ses frères, ses sœurs et le fait qu’il était « charpentier », Jésus n’avait, à leurs yeux, plus rien à leur apprendre sur Lui-même, et sur eux-mêmes. Ils reconnaissaient bien Sa Sagesse et Ses Miracles, mais leur étonnement à cet égard les amena plus à s’interroger sur Jésus que sur eux-mêmes. Il est frappant de constater que le fait d’avoir connu une personne depuis son enfance, ou pendant une période de sa vie, donne à penser qu’elle ne peut rien nous apprendre de plus que ce que l’on a toujours su d’elle, même si celle-ci a évolué depuis lors, ou a reçu quelques connaissances particulières à communiquer à ses semblables. Il se passe donc comme si le fait de connaître l’existence d’une personne permettait d’avoir prise sur elle, par une opinion ou par un jugement que plus rien dans l’avenir ne pourrait modifier… !

     Cette incompréhension des habitants de Nazareth à l’égard de Jésus le fut également de la part de sa famille, en particulier, de « ses frères qui, eux aussi, dit l’Écriture, ne croyaient pas en lui… ! » Jean 7:5. Ainsi, Jésus, après avoir établi Ses douze apôtres, et que la foule se fut à nouveau rassemblée auprès de Lui, « ses parents, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui, car ils disaient : Il est hors de sens… ! » Marc 3:21. Ces mots : « hors de sens », résumaient toute leur appréciation à l’égard de Jésus. A part quelques exceptions, il est souvent difficile pour les membres d’une même famille de reconnaître le caractère particulier ou le destin exceptionnel de l’un des leurs. Aussi est-ce souvent ce que nous croyons connaître d’une personne proche, qui fait que nous ne la connaissons pas, ou mal. Car notre opinion arrêtée à l’égard de cette personne a empêché notre pensée d’évoluer en même temps qu’elle… !

      Toute idée arrêtée a son propre sens, lui aussi, restreint. C’est ainsi que tout esprit éclairé et ouvert sera toujours considéré comme « insensé » par ceux-là dont, précisément, les idées sont arrêtées. Ainsi, parce que les frères de Jésus avaient une relation naturelle avec Lui, ils ne pouvaient donc, à ce moment-là, discerner spirituellement quel Il était. Aussi, afin de passer de la relation naturelle à la relation spirituelle avec Jésus, en tant que Fils de Dieu, seule la Révélation du Saint-Esprit était à même d’ôter le voile de leur cœur, leur permettant de voir spirituellement et de Le recevoir en tant que Sauveur, réalisant alors qu’ils étaient aussi « loin » de Jésus qu’il leur était « proche »… !

     A Jérusalem, ce fut la même situation qu’à Nazareth d’où les nouvelles concernant Jésus l’avaient déjà précédé dans la ville de David : « Quelques habitants de Jérusalem, rapporte l’Écriture, disaient : N’est-ce pas là celui qu’ils cherchent à faire mourir ? Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien ! Est-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu’il est le Christ ? Cependant celui-ci, nous savons d’où il est ; mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. Et Jésus, enseignant dans le temple, s’écria : Vous me connaissez, et vous savez d’où je suis ! Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m’a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais ; car je viens de lui, et c’est lui qui m’a envoyé… ! » Jean 7:25-29 ». « Vous me connaissez, et vous savez d’où je suis… ! » dit Jésus, et c’est bien là le problème, car, pareillement aux Nazaréens, les habitants de Jérusalem « croyaient » Le connaître ! Cependant, ce ne sont pas quelques éléments de la vie de Jésus, passés et récents, qui leur permettaient de prétendre tout savoir de Lui. Au contraire, c’était leur compréhension voilée par leur tradition qui était l’obstacle qui les empêchait de recevoir la Révélation de l’Origine divine du Sauveur ! D’où il ressort qu’une connaissance imparfaite de la Parole de Dieu est moins accessible à la Révélation de l’Esprit que l’ignorance même de cette Parole !

     Ainsi, poursuivant dans la profondeur de cette vérité, Jésus, en un autre endroit, dit aux Juifs : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie… ! » Jean 5:39-40. Ces paroles nous révèlent que l’éclairage spirituel sur la Parole de Dieu découle de la Vie de Jésus, car Jésus est la Lumière de la Vie. Ainsi, il n’est pas possible de comprendre la Parole de Dieu sans avoir reçu Jésus-Christ et il n’est pas possible d’avoir reçu Jésus-Christ sans comprendre la Parole de Dieu. La connaissance imparfaite de ces Réalités divines provient des traditions anciennes et récentes. Jésus, citant le prophète Esaïe, dit aux Juifs : « … Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi, dit l’Éternel. C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes…! » Marc 7:6-7. Et encore : « Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition… ! » Marc 7:9. Toute tradition naît de l’esprit de superstition, alors que la Parole de Dieu se vit par le renouvellement de l’Esprit de Dieu. Or, l’inspiration de l’Esprit est absente dans la tradition figée, parce que la superstition obscurcissante voile les yeux du cœur à la Révélation, par l’Esprit, de la Parole de Dieu… !

     Il est courant, en effet, de penser que c’est parce que l’on ne comprend pas la Parole que l’on ne comprend pas Jésus, alors que, au contraire, c’est parce que l’on ne connaît pas intérieurement Jésus que l’on ne comprend pas la Parole. Mais, n’est-ce point d’abord par la Parole que Jésus est annoncé ? Ceci est exact et l’apôtre Paul l’atteste, en disant : « … La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ ! » Rom 10:17. La foi vient de la Parole, et la Parole elle-même vient de Christ. Christ est donc « avant » la Parole « entendue », car, lorsque la Parole est prêchée, l’Esprit de Christ est déjà sur nous par l’Onction dans laquelle nous l’entendons et la comprenons. C’est en ce sens que la Présence invisible de Christ précède la Parole « prêchée ». D’où il ressort que l’on peut avoir une connaissance de la Parole sans avoir nécessairement compris Christ, alors qu’il n’est pas possible d’avoir été « saisis par Jésus-Christ » Phil 3:12, sans que Son Onction nous donne l’intelligence spirituelle pour comprendre les Écritures qui nous parlent de Lui… !

     « N’est-ce pas le charpentier… ? » Certes, Jésus l’était ! Mais il est frappant de constater que la manière d’agir des Nazaréens consistait à reconnaître des faits authentiques de la Personne humaine de Jésus, pour mieux rejeter Sa Personne divine ! L’on acceptait, en effet, qu’Il fût le fils de Marie, mais  non  pas Fils de Dieu ; qu’il vînt de Nazareth, mais non pas du « ciel » ; Qu’Il manifestât bien une sagesse et des miracles, mais comme venant du prince des démons. En fait, les adversaires de Jésus iront jusqu’à reconnaître extérieurement la réalité que Jésus « était », pour mieux rejeter intérieurement la Vérité qu’Il « Est » … !

    Veillons, quant à nous, à ne pas nous comporter inconsciemment de la même manière que les adversaires de Jésus. Subtile, en effet, est la tentation de nous justifier ou de nous rassurer en acceptant bien une partie de la Vérité, tout en croyant suivre toute la Vérité. Car une connaissance partielle des choses de Dieu, parce qu’elle vient de la Vérité elle-même, donnerait à penser que nous sommes pleinement en elle, de là l’exhortation de l’apôtre Paul, disant : « Ainsi, dès maintenant, nous  ne  connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière… ! » II Cor 5:16. Il s’agit là de paroles adressées à ceux qui avaient encore une compréhension de Christ selon la chair, et non selon l’Esprit. Ainsi, ceux qui n’ont vu de Jésus que le « charpentier » n’ont pas pu voir les brèches profondes de leur propre vie. Mais quand, dans la Grâce de Dieu et par l’Esprit de Révélation, nous avons vu dans le « charpentier » le Fils de Dieu, notre Sauveur, nous avons reçu de Lui Sa Vie même, dans laquelle la Parole divine façonne en nous Sa Stature parfaite… !