M240 – SANS QU’IL SACHE COMMENT …

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  « Il dit encore : Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi ; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là… » Marc 4:26-29.

  A la manière de la semence qui germe et croît, et le jour et la nuit, la Parole de Dieu aussi germe et croît dans le « sol » de notre cœur « sans que l’on sache comment », et cela quels que soient les « jours » et les « nuits » de nos vies. L’Écriture déclare : « Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi… » Deut 29:29. En effet, « si la Gloire de Dieu, c’est de cacher les choses, dit le sage ; la gloire des rois, c’est de sonder les choses… » Prov 25:2. Ces paroles nous apprennent que chaque vérité renferme une partie qui nous est cachée et connue de Dieu seul, et une autre partie révélée que Dieu réserve à notre connaissance pour notre vie intérieure.

  Si nous cherchions à saisir, par nous-mêmes, la manière mystérieuse dont la Parole de Dieu opère dans nos vies, nous ferions la même démarche que tentèrent Adam et Ève au sujet du « fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », et auquel le diable répondit : « Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal… » Gen 3:4-5. Le diable suscita en Adam et Ève la pensée que Dieu leur « cachait » quelque chose d’essentiel, une connaissance mystérieuse capable de les faire devenir comme Lui ! Et le tentateur leur fit croire qu’en étant « comme Dieu » par Sa Connaissance, Adam et Ève auraient alors été pleinement eux-mêmes, c’est-à-dire, indépendants de Dieu, puisqu’ils seraient devenus son égal ! Beaucoup de croyants, pareillement, sont à la recherche d’une connaissance ou d’une puissance qui leur est cachée, sans comprendre qu’en leur demeurant inconnues, Dieu les préserve, parce qu’en voulant être au-dessus de ce à quoi Dieu les a appelés, ils se retrouveraient dangereusement au-dessous de ce qu’ils devraient être spirituellement.

  Jésus, à l’approche de Sa Crucifixion, dit à Ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit… » Jean 12:24. Jésus, en demeurant vivant, aurait prêché la Vie divine qui est en Lui sans la donner ; car Il ne pouvait la donner que par Sa mort à la Croix. Depuis lors, Jésus, par Sa Résurrection, « reprit » Sa Vie : Jean 10:18, en la personne de tous ceux qui ont cru en Lui jusqu’à nous. Ainsi, l’apôtre Pierre écrit : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la Parole vivante et permanente de Dieu… » I Pier 1:23. La Parole de Dieu, Semence divine, bien qu’incorruptible, « meurt » donc dans notre cœur, afin d’y faire mourir ce qui est corruptible en nous ! Car tel le grain de blé qui, jeté en terre, meurt pour y germer, ainsi la Parole de Dieu « fait corps » avec notre cœur, qui en donne le Fruit éternel.

  Ainsi, le travail caché de la Parole de Dieu dans nos vies suit le même processus que l’Action de la Mort de Jésus, de la Croix au tombeau et de la mort à la Vie. En effet, entre Sa Mort et Sa Résurrection, Christ, dit l’Écriture, « … dans l’Esprit, est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche… » I Pier 3:19-20. Alors que les disciples étaient dans une profonde tristesse, le Crucifié, en Esprit, « prêchait » dans « les régions inférieures de la terre… » Eph 4:9. Les disciples, en effet, étaient loin de penser que Jésus, qui était mort et déposé dans un sépulcre, opérait, par Son Esprit, un travail caché sous la surface du sol, en prêchant aux âmes ayant vécu avant Sa première Venue. Le sage ne déclare-t-il pas que « toutes choses sont en travail au-delà de ce qu’on peut dire, l’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre… ? » Ecc 1:8. Quand l’on sait que ces paroles se rapportent aux choses visibles, connues et inconnues, que dire alors en ce qui concerne les choses invisibles, spirituelles, éternelles… ?

  Le fait de savoir le « comment » et le « pourquoi » des choses, et même le temps où elles se produiront, permettrait, pense-t-on, de mieux affronter la vie. Si tel était le cas, combien de nouvelles interrogations s’élèveraient encore dans le cœur de l’homme, dans son esprit en suspens concernant l’avenir, un avenir qui serait, non seulement déjà fixé, mais surtout « figé ». Un tel souhait réalisé rendrait la vie insoutenable, parce que constituée d’événements heureux et douloureux comme étant irréversibles, alors que Dieu, dit le sage, « … fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin… » Ecc 3:11. Cette « pensée de l’éternité » en l’homme qui cherche, lui fait pressentir les temps et les événements, mais il ne peut les comprendre par lui-même, car c’est en Jésus-Christ que l’homme spirituel peut comprendre, non seulement certains événements, mais ce que ces événements eux-mêmes enseignent dans sa vie. Ceci constitue notre bagage spirituel de choses comprises et de celles qui ne le sont pas encore, c’est-à-dire, des situations heureuses comme celles douloureuses qui concourent à former notre esprit à la compréhension des choses d’en-haut.

  L’apôtre Paul écrit aux Thessaloniciens : « C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la Parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la Parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez… » I Thess 2:13. La Parole de Dieu, non seulement nous informe, mais nous transforme en nous formant intérieurement aux vérités qu’elle énonce. Une telle puissance de transformation démontre que la Parole est chargée de Vie divine provenant de Celui qui l’a inspirée. Ainsi, de même que la semence pénètre sous la surface du sol pour germer, de même la connaissance révélée de la Parole de Dieu pénètre dans notre être intérieur, pour que la Vie de cette même Parole opère en nous notre ressemblance à Christ. C’est en cela que la Parole vivante et permanente, non seulement habite, mais « agit » en nous.

  De cette Action puissante et cachée de la Parole, l’Écriture déclare : « la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte… » Héb 4:12-13. Ainsi, cette Parole de Vie opère donc en nous une œuvre de mort. Elle pénètre, en effet, elle tranche au-dedans de nous tout obstacle, afin de donner accès à la Vie véritable. C’est là dans notre être profond, connu de Dieu plus que de nous-mêmes, que la Parole fait une œuvre purificatrice de mort et de vie, ainsi que le dit l’Écriture : « C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excès de malice, recevez avec douceur la Parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes… » Jac 1:21. Il est frappant de constater que cette Semence de mort, de laquelle jaillit la Vie, est reçue, non pas avec violence, mais « avec douceur », car c’est toujours dans la douceur de l’Esprit que se reçoit la Révélation de la Parole inspirée. Même quand la Parole de Dieu tranche et sépare au-dedans de nous, la douceur accompagne toujours notre acceptation du brisement rendant toute vie spirituelle fructueuse.

  La semence germe-t-elle et croît-elle « sans que l’on sache comment » ? Assurément, car « parvenir à l’état d’homme fait, à la mesure de la Stature parfaite de Christ… » Eph 4:13, est un accomplissement quotidien de la Grâce dans nos vies, qui se situe au-delà de ce que l’on peut comprendre. En effet, « ce qui est loin, dit le sage, ce qui est excessivement profond, qui peut l’atteindre… ? » Ecc 7:24. Or, c’est dans les « Profondeurs de Dieu » que plongent et s’alimentent nos racines spirituelles avec la promesse de porter des fruits éternels. Car ce qui jaillit des Profondeurs de l’Esprit nourrit notre aspiration spirituelle qui nous élève, intérieurement, à « goûter le Don céleste ».  Héb 6:4.