M238 – DES POINTS DIFFICILES …

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  « Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine… » II Pier 3:15-16.

  L’apôtre Pierre, parlant des signes et des événements concernant la seconde Venue de Jésus-Christ, nous exhorte à nous y préparer en sondant les Écritures. En évoquant les « points difficiles » à comprendre, Pierre indique qu’ils ne provenaient pas des propres pensées de l’apôtre Paul, mais de « la sagesse qui lui avait été donnée… », c’est-à-dire, de la Sagesse même de Dieu. Ce trait montre combien était grande la déférence entre les apôtres. D’ailleurs, comme l’écrit Pierre, ces « points difficiles » se rencontrent, non seulement dans les lettres du « bien-aimé frère Paul », mais aussi dans les « autres Écritures ». Ainsi, Paul, s’adressant aux croyants de Rome, dut écrire : « Et pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu’il en arrive du bien, comme quelques-uns, qui nous calomnient, prétendent que nous le disons. La condamnation de ces gens est juste… » Rom 3:8. Ne déclara-t-il pas, en effet, dans cette même lettre : « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de la ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché… ? » Rom 6:1-2. Et, par ailleurs encore, dans le même souci de vérité, l’apôtre dut corriger l’erreur de certains croyants qui annonçaient « que le jour du Seigneur était déjà là… » II Thess 2:3. D’où nous voyons que le sens spirituel de la Vérité, reçue par l’intelligence charnelle, sera toujours faussé.

  En fait, tous ceux qui lisent et sondent les Écritures rencontrent des points difficiles à comprendre. D’où vient donc que certaines personnes en tordent le sens, tandis que d’autres ont appris à attendre, afin d’en recevoir la Révélation au temps de Dieu. La vérité est que ces premières personnes font ce qu’elles sont, c’est-à-dire, qu’elles tordent le sens des Écritures parce qu’elles-mêmes ont l’esprit « tordu ». Le défaut de compréhension de ces personnes, « ignorantes et mal affermies », écrit Pierre, provient d’une absence de vie spirituelle qui, elle-même, indique une méconnaissance de l’Œuvre rédemptrice de Christ. Car l’Esprit de Vie lui-même, reçu de la mort de Jésus qui nous a rachetés, contient le Sens selon Dieu de Sa Parole.

  L’apôtre Paul, s’adressant à Timothée, écrit au sujet de certaines « femmes d’un esprit faible et borné, chargées de péchés, agitées par des passions de toute espèce, apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la vérité… » II Tim 3:6-7. Les termes : « femmes d’un esprit faible et borné » sont la traduction d’un mot grec qui signifie, péjorativement, « femmelettes ». L’Histoire de l’Église, du commencement à nos jours, démontre avec évidence que cette « inconstance » concerne, non seulement les femmes, mais tout autant les hommes, même si, chez eux, l’inconstance, aussi bien que l’instabilité se manifestent de façon différente. Toute difficulté d’arriver à la connaissance de la Vérité révèle une « inversion » des choses, qui consiste à vouloir comprendre… avant d’apprendre ! C’est-à-dire, tendre à la compréhension de la Parole avant la transformation que l’Esprit de celle-ci opère en chacun de nous. Tout en lisant et écoutant la Parole, comment pouvoir la comprendre en demeurant tel que l’on est ? Car la Parole de Dieu a pour « vocation » de transformer nos vies. Mais si, par une impensable folie, nous ne voulions pas changer de vie tout en voulant connaître la Parole, nous contrecarrerions la vocation de celle-ci, en en faussant le sens et en annulant Sa Puissance libératrice à notre égard.

  Paul écrit aux Corinthiens : « Nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant… » I Cor 13: 9-11. Il est des vérités difficiles à comprendre dans la Parole, qui, en elles-mêmes ne le sont pas, mais le sont pour ceux qui, étant encore spirituellement des « enfants » en Christ, veulent, ou pensent comprendre comme des « hommes faits », qu’ils ne sont pas encore devenus. Alors que la connaissance dans la croissance spirituelle, toutes deux assurent l’équilibre d’une saine compréhension des Écritures. Cependant, le fait d’être devenus des hommes spirituels ne signifie pas que nous comprenons toutes choses, mais seulement ce que Dieu nous a réservé de nous faire connaître de Lui-même et de nous-mêmes. Comme l’écrit encore l’apôtre Paul : « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu… » I Cor 13:12. Ainsi, en attendant ce Jour, nous sommes déjà appelés à connaître le « partiel » qui représente le « tout » de ce que Dieu a destiné à notre connaissance. Connaître le « partiel » signifie comprendre « tout » ce qui nous suffit déjà maintenant, en attendant demain.

  La compréhension erronée de la Parole provient d’une recherche qui va « au-delà de ce qui est écrit… » I Cor 4:6. L’apôtre Jean écrit : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils… » II Jean 1:9. Quand, en effet, ce qui est charnel est ajouté à ce qui est spirituel, la chose ajoutée retranche toujours quelque chose à ce qui est spirituel. Or, l’erreur ajoutée, non seulement retranche de la Parole de Dieu, mais encore retire quelque chose de la vie spirituelle de celui qui a été « au-delà de ce qui est écrit ». De même, celui qui défend le sens de la Parole avec son propre esprit fait obstacle, à l’intérieur de lui-même, à « l’Esprit de Vérité » qui, de ce fait, ne l’éclaire plus.

  La tradition, ancienne ou récente, se forme à partir du moment où l’homme fait de la Vérité de Dieu sa propriété, et c’est de la tradition religieuse que découle la superstition qui est l’altération de la vraie foi. Ainsi, le verre déformant de la tradition fausse la compréhension des choses spirituelles, et aucun d’entre nous, s’il ne veille, n’est à l’abri de l’esprit de tradition. Aux Juifs, qui s’opposaient à Lui, Jésus-Christ dit : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle ; ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie… » Jean 5:39-40. Ici, la difficulté ne se trouvait pas dans la Parole, mais d’abord en ceux qui la lisaient. Et cet obstacle, c’est la pensée préconçue, l’idée toute faite de ce que l’on veut comprendre ou obtenir… : « Que dirons-nous donc ? écrit l’apôtre Paul, les païens qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres… » Rom 9:30-32. Ainsi, celui qui cherche, en s’étant déjà fixé ce qu’il veut recevoir, met en avant ses propres pensées qui ne correspondent pas, ni ne se soumettent aux Pensées de Dieu. Au lieu de se laisser éclairer par la Vérité, il persiste dans ses propres lumières, au point de se comporter selon les paroles du sage, disant : « Quand l’insensé marche dans un chemin, le sens lui manque, et il dit de chacun : Voilà un fou… » Ecc 10:3, sans réaliser que ce « fou », c’est lui-même.

  Il est des vérités fondamentales que l’on apprend dès le début de la vie chrétienne, telles que la régénération, la justification, la sanctification et d’autres encore. Ces vérités, une fois connues, certaines personnes ont le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’y revenir sans cesse. Or, une vérité comprise n’est pas nécessairement une vérité acquise. Il n’y a jamais rien de « conclu » dans la compréhension spirituelle de la Vérité, car la « conclusion », par définition, est en quelque sorte une « clôture », une fermeture à l’Inspiration et à la Vie de l’Esprit, par lequel, justement, nous sommes « renouvelés dans l’esprit de notre intelligence… » Eph 4:23. C’est pourquoi, l’Écriture dit : « Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est juste, mais ceux qui cherchent l’Éternel comprennent tout… » Prov 28:5. La Parole précise que ce sont ceux, en tant que justes, qui « cherchent » et qui donc « comprennent » tout, et non pas ceux qui croient savoir, et qui, pensant avoir compris, cessent de chercher, et donc de croître spirituellement, sachant que le fait même déjà de rechercher Dieu a pour résultat de nous faire grandir en Lui.

  Ainsi, comprendre « tout » signifie posséder, non pas toute la connaissance qui constitue la Vérité, mais d’abord une Personne, Jésus-Christ, qui Lui-même est la Vérité. Ainsi, se savoir être connus de Celui qui sait tout, et de nous-mêmes et de la part de Dieu pour nous, n’est-ce point-là, déjà, comprendre l’Essentiel… ?