M237 – AVEC LE CONTENTEMENT …

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  « Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines, et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain. C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ; car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira… » I Tim 6:3-8.

  La piété est une disposition qui aspire, non pas aux choses terrestres, mais à celles célestes, ainsi que l’exhorte l’apôtre Paul à Timothée, en disant : « Exerce-toi à la piété ; car l’exercice corporel est utile à peu de chose, tandis que la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir… » I Tim 4:8. De la piété découle le « contentement » spirituel de l’âme qui a reçu l’Amour du Père, manifesté en Son Fils qui livra Sa Vie pour nous. Cette aspiration à recevoir la Révélation de Dieu même s’exprima déjà par la demande de Philippe à Jésus, disant : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père : comment dis-tu : Montre-nous le Père ?… » Jean 14:8-9.

  Le contentement qui découle de la piété n’est pas à confondre avec la satisfaction personnelle. L’autosatisfaction est le mobile de beaucoup d’actions, si possible publiques plutôt que cachées, alors que le contentement, qui accompagne la piété est la joie d’accomplir la Volonté de Dieu dans notre vie, comme aussi d’en être l’instrument pour ceux en qui Dieu veut susciter cette même aspiration. La force spirituelle de ce zèle intérieur ne vient pas de nos propres aspirations, mais de Dieu, de qui, dit l’Écriture : « La divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu… » II Pier 1:3. Cette « divine Puissance » est la force de notre piété. Voilà la source de notre « contentement » selon Dieu, c’est là ce qui « nous suffit », car avec la Plénitude de Sa Présence en nous, nous n’avons pas besoin d’autre chose pour être comblés. Jésus est la Vérité, et « ajouter » quoi que ce soit à Jésus retranche toujours quelque chose de la Vérité, et donc de Sa Présence même en nous.

  Ainsi, le racheté, qui vit la piété avec le contentement, exprime par-là que la Volonté de Dieu le comble, et que, quand bien même il aurait la tentation de faire sa propre volonté, son obéissance même à Dieu l’en garderait. En effet, il n’est pas de paix plus profonde que celle de recevoir le témoignage intérieur de l’Approbation de Dieu et, d’autant plus, s’il nous a été nécessaire de subir Sa désapprobation, ainsi que le dit l’Écriture : « Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice… » Héb 12:11. « Un fruit paisible… ». Ce qui, en effet, est agréable à Dieu, même si cela n’est pas ressenti comme tel à notre « chair », produit ce « contentement » de la paix dans le cœur du racheté soumis au Père. Ce contentement est le seul sentiment « constant » qui atteste la foi authentique, ce dont déjà témoigna le prophète Ésaïe, en disant : « A celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en Toi… » Ésaïe 26:3.

  Qu’en est-il du contentement de la piété dans l’épreuve ? Ces deux situations sont-elles contraires ? L’une n’est-elle présente qu’en l’absence de l’autre ? La piété avec le contentement et l’épreuve ne se vivent pas alternativement, comme si les deux situations étaient incompatibles, puisque, précisément, dit l’Écriture : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés… » II Tim 3:12. Ainsi, la piété et l’épreuve sont inséparables, car le contentement spirituel est l’acceptation de la Volonté de Dieu, même si cette Volonté nous semble parfois rigoureuse ; non qu’elle le soit en elle-même, mais parce qu’elle nous soustrait au « prince de ce monde », lequel, ne pouvant plus nous séduire pour nous y retenir, nous fait alors souffrir parce que nous lui échappons : « Souvenez-vous de ces premiers jours, dit l’Écriture, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenus un grand combat au milieu des souffrances, d’une part exposés comme en spectacle aux opprobres et aux tribulations, et de l’autre, vous associant à ceux dont la position était la même… » Héb 10:32-33. Exhortation semblable que l’apôtre Paul adresse aux croyants de Thessalonique : « Et vous-mêmes, écrit-il, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la Parole au milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie du Saint-Esprit, en sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l’Achaïe… » I Thess 1:6-7. Ces paroles nous apprennent que, d’une part, la joie du Saint-Esprit n’empêche pas que nous connassions des tribulations, à cause desquelles, précisément, cette joie est donnée, et que, d’autre part, ces mêmes tribulations n’éteignent pas la force consolatrice de cette joie qui, malgré les larmes parfois, nous aide à tenir dans l’épreuve, par laquelle nous sommes mûris et façonnés à comprendre les « Profondeurs de Dieu ».

  Qui dit contentement dit consentement, c’est-à-dire, acceptation reconnaissante de ce que Dieu veut pour notre vie, sachant, dit l’Écriture, que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein… » Rom 8:28. Certes, si nous ne voulions pas souffrir pour le Nom de Jésus-Christ, nous n’avons tout simplement qu’à décider de ne plus « vivre pieusement » en Lui, mais alors, sans la piété, nous ne connaîtrions plus la richesse de ce contentement qui en découle. L’important est donc de discerner et de séparer, au-dedans de nous, la recherche des choses terrestres de celle des choses célestes, sachant, comme le dit notre Seigneur Jésus, que « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur… » Matt 6:21. En vérité, la piété est également une « source de gain », mais un gain spirituel, car le contentement que l’on en retire est toujours entretenu par une « perte » qui alimente ce « gain », c’est-à-dire, l’acceptation de perdre notre propre « moi », notre propre justice, appréciation prétentieuse et faussement modeste se soi.

  L’apôtre Paul, qui a écrit : « J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance… » Phil 4:11-12, a aussi écrit, parlant de la tribulation qui lui était survenue en Asie : « … nous avons été excessivement accablés, au-delà de nos forces, de telles sorte que nous désespérions même de conserver la vie. Et nous regardions comme certain notre arrêt de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu qui ressuscite les morts… » II Cor 1:8-9. Tout en ayant éprouvé dans son âme et dans sa chair la souffrance et la crainte provenant de cette tribulation, l’apôtre demeura à l’écoute de Dieu qui lui apprit encore, par elle, à placer sa confiance, non en lui-même, mais toujours en Dieu seul. Ainsi, en « nous exerçant à la piété », nous apprenons à ne pas regarder aux circonstances seulement en désespérant, mais en y discernant cette vérité du sage, disant que, paradoxalement « … avec un visage triste le cœur peut être content… » Ecc 7:3. Par là même nous comprenons la force spirituelle du « contentement », de la sérénité de Paul et de ses compagnons d’œuvre dans sa réponse aux adversaires, par lesquels ils étaient regardés, écrit-il « … comme imposteurs, quoique véridiques ; comme inconnus, quoique bien connus ; comme mourants, et voici nous vivons ; comme châtiés, quoique non mis à mort ; comme attristés, et nous sommes toujours joyeux ; comme pauvres, et nous en enrichissons plusieurs ; comme n’ayant rien, et nous possédons toutes choses… » II Cor 6:8-10.

  Aux soixante-dix disciples qui revinrent auprès de Jésus dans la joie de ce que les démons leur étaient soumis en Son Nom, Jésus répondit : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie dans son esprit, et il dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi… » Luc 10:20-21. S’il est un endroit dans l’Évangile où Jésus exprima le contentement suprême, ce fut bien à ce moment-là ! En effet, Jésus, le Saint de Dieu, qui connut toutes les émotions humaines : la compassion, l’indignation, la sollicitude, la sévérité, la douceur, l’angoisse, la joie, les pleurs, connut donc aussi le contentement, non pas pour Lui-même, mais pour ceux qu’il voulait introduire, à leur tour, dans la Joie de Son Père, Son Père dont Il nous révéla dès lors la Présence qui « suffit » ! Et ce contentement en la Présence divine se perpétue dans les Béatitudes de Jésus, par lesquelles Il nous convainc de ce qu’il nous manque, pour y aspirer encore et nous en donner la Plénitude.