M234 – POUR FAIRE TA VOLONTÉ …

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  « C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté. Après avoir dit d’abord : Tu n’as voulu et tu n’as agréé ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché (ce qu’on offre selon la loi), il dit ensuite : Voici je viens pour faire ta volonté. Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes… » Héb 10:5-10.

  Il était impossible, dit l’Écriture, que le sang des taureaux, des agneaux et des boucs puisse ôter les péchés une fois pour toutes : Héb 10:4, aussi Dieu envoya-t-Il Son propre Fils en Sacrifice unique et suffisant pour nous racheter. Jésus-Christ, qui était sans convoitise ni péché, n’eut pas besoin de présenter un sacrifice, puisqu’il était Lui-même le Sacrifice, c’est-à-dire, « l’Agneau de Dieu », selon qu’il est écrit : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps… » Et ensuite : « Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté… ». Dieu n’a donc pas demandé à Jésus une offrande à lui offrir, mais Il lui a donné un Corps pour le lui livrer. Ce Corps, dans lequel Jésus, par Sa mort, porta nos péchés sur la Croix et nous réconcilia avec Dieu. Ce Corps remplit pleinement son rôle à ce à quoi Dieu l’avait formé et destiné. Car le Saint Fils de Dieu, par le Corps de Sa chair, réunit à Son Père l’ « homme » que nous sommes, qui, à cause de notre propre chair, en était séparé.

  Le racheté fait la Volonté de Dieu en vue de croître à Sa ressemblance. Or Christ, parce qu’il était déjà « existant en forme de Dieu… » Phil 2:6, fit la Volonté de Dieu « en devenant semblable aux hommes ; et en ayant paru comme un simple homme… » Phil 2:7. Concernant l’homme, c’est lorsqu’il s’écarta de la Volonté divine, qu’il fut séparé de Dieu, concernant Jésus, à l’inverse, c’est en ayant paru comme « un simple homme », hormis le péché, qu’Il accomplit pleinement la Volonté divine. L’ultime acte de la Volonté de Dieu, que Jésus accomplit dans Sa Vie, le fut par Sa mort. De la profondeur de cette Acceptation de Jésus nous vient la force de vaincre en nous tout ce qui fait obstacle à la Volonté de Dieu dans notre vie.

  Quand l’homme dit : « Je veux … », c’est toujours pour satisfaire un désir personnel, un besoin ou un sentiment, qu’il soit bon ou mauvais. L’Écriture nous rapporte que Jésus, aussi, a dit : « Je veux… », mais il est à remarquer que tous les « Je veux » de Jésus n’ont jamais eu Lui-même comme but, et qu’ils ont toujours été en rapport avec autrui. Ainsi, à un lépreux, lui disant : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur… » Matt 8:2-3. Après avoir loué le Père céleste de ce qu’Il a caché les choses spirituelles aux sages et aux intelligents, et les a révélées aux enfants, Jésus dit : « Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler… » Matt 11:25-27. Dans la parabole des ouvriers de la dernière heure qui reçurent un denier, comme ceux de la première heure qui murmurèrent à cause de cela, Jésus, sous les traits du maître, dit à l’un d’eux : « Mon ami, je ne te fais pas tort ; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon… ? » Matt 20:13-15. Dans Sa prière à Son Père pour Ses disciples, Jésus dit encore : « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde… » Jean 17:24. Enfin, après avoir reçu à nouveau l’appel à suivre Jésus, et voyant Jean venir après eux, Pierre dit à Jésus : « Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi… » Jean 21:21-22.

  La Gloire de Dieu est donc l’accomplissement de Sa Volonté, et la Volonté de Dieu consiste à vouloir ce qui est spirituellement bon et juste pour l’homme, c’est-à-dire, pas n’importe quel bien ni de n’importe quelle manière, mais un bien qui glorifie, non pas celui qui en est l’objet, mais Dieu à qui seul la Gloire est due. Jésus, en effet, dit aux Juifs : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon (propre) chef. Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui… » Jean 7:16-18. Il n’y a aucun décalage, aucune contradiction entre la Volonté de Dieu et l’Enseignement de Christ que la Volonté divine inspire. Car, dit Jésus : « Je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. Et je sais que son commandement est la vie éternelle. C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites… » Jean 12:49-50. Il ressort de ceci que, non seulement Jésus dit « ce que » Dieu dit, mais Il le dit « comme » Dieu l’a dit, c’est-à-dire, le Message de Dieu avec les Mots mêmes de la Pensée de Dieu ! Alors s’éclairent ces Paroles de Jésus Lui-même, disant : « Ainsi, quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi… » Jean 6:45. D’où cette vérité profonde : Celui qui « cherche » Dieu trouve Jésus, tandis que celui qui « se cherche » se retrouve toujours avec lui-même, et surtout avec son problème à cause duquel il cherche encore !

  Lors de Son agonie en Gethsémané, la prière de Jésus à Dieu fut en rapport, non pas avec l’Amour, ou la Force, ou la Sagesse de Dieu, mais uniquement avec la Volonté de Dieu. Jésus pria, en effet : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… » Matt 26:39. Puis, après être revenu auprès de Ses disciples « endormis de tristesse… » Luc 22:45, Jésus pria de nouveau, disant : « Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite… » Matt 26:42. La Volonté de Jésus apparaît, à première vue, en décalage par rapport à la Volonté de Dieu. Cependant, il ne s’agit pas d’une opposition de la Volonté de Jésus à la Volonté de Son Père, car la Fidélité, l’Obéissance du Fils demeura entière envers Son Père. Mais ceci traduit le combat intérieur de « la frayeur et des angoisses » de Jésus : Marc 14:33, car le Père avait déjà commencé à abandonner Son Fils. Ainsi, au sein de l’épreuve, cette prière de Jésus révéla, non pas de sa part un éloignement de Dieu, mais l’éloignement de Dieu jusqu’à l’abandon de Son Fils unique. Cet abandon dans lequel Jésus connut notre condition d’homme pécheur et perdu, afin de nous en sauver, en nous réconciliant, par Lui, avec Dieu, Son Père, notre Père.

  L’obéissance de Jésus à la Volonté de Dieu laisse voir également les biens éternels qui en découlent pour nous. Par Jésus, accomplissant la Volonté divine, l’Écriture dit, en effet, que Dieu « nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures… » Jac 1:18 ; que nous avons été « prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté… » Eph 1:5 ; et que c’est donc « en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes… » Héb 10:10. Ainsi « prédestinés », « engendrés », « adoptés », « sanctifiés » ! Autant de grâces que Jésus, par Son obéissance au Père, nous révéla et opéra dans nos vies. En livrant Son Corps à la Croix, Jésus manifesta Son ultime soumission à la Volonté de Dieu. De même, quant à nous, nous nous livrons à Dieu afin d’être rachetés par Lui, suivant les paroles mêmes de Paul qui, s’adressant aux croyants de Rome, leur écrit : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable… » Rom 12:1. Ce « culte raisonnable », c’est ce renoncement à notre propre volonté qui consiste, en même temps, dans le « dépouillement du vieil homme » et le « revêtement de l’homme nouveau créé selon Dieu… » Eph 4:22-24.

  En vérité, de notre « nouvelle naissance » découle notre « identification » avec Dieu, et cette identification est notre soumission réelle à Sa Volonté, car, par l’Esprit-Saint reçu en nous, l’Esprit de Dieu et notre esprit ne font qu’un ! I Cor 6:17. Ainsi, la Volonté de Dieu n’est pas « ressentie » comme dominant sur nous, mais elle est vécue à l’intérieur de nous, d’où nous puisons alors, quels que soient les Desseins de Dieu à notre égard, la Force de notre confiance en Lui.