M233 – VOTRE BON SENS …

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  « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là… » II Thess 2:1-2.

  L’homme selon la chair ne comprend pas les choses de Dieu, et il ne peut pas les connaître, parce que c’est par l’Esprit de Dieu qu’elles nous sont révélées. Ainsi, la Croix est un « scandale » pour l’homme, jusqu’au jour où la Révélation du Salut en Jésus-Christ lui est donnée par le Saint-Esprit. Or, c’est plus par leur manque de bon sens qu’en raison des Mystères de Dieu, que des croyants peuvent être dans l’erreur en ce qui concerne les Vérités de la Parole. C’est là ce que nous apprend l’apôtre Paul au sujet des croyants de Thessalonique qu’il exhorte à « ne pas se laisser ébranler dans leur bon sens ». Il en est de même des Galates au sujet desquels il écrit : « Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de Celui qui vous a appelés par la Grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ… » Gal 1:6-7. Or, en ce qui concerne les Enseignements et les Œuvres de Jésus dans l’Évangile, puis dans la vie des apôtres, nous découvrons que les révélations de la Parole ainsi que les miracles sont empreints du bon sens inspiré de l’Esprit-Saint, qui équilibre et affermit en Dieu notre cœur et notre esprit.

  Ainsi que nous l’apprend donc l’Écriture, certaines inspirations, comme certaines paroles et lettres erronées circulaient déjà parmi les croyants des premiers temps, jusqu’à ébranler le bon sens de plusieurs. Or, la manière dont nous comprenons les Manifestations de Dieu découle de la manière dont nous comprenons Sa Parole. Ainsi, Jésus, dans la maison de Jaïrus dont la fille venait de mourir, la saisissant par la main, dit d’une voix forte : « Enfant, lève-toi, et son esprit revint en elle, et à l’instant elle se leva… » Cependant, avant de se retirer, Jésus « … ordonna qu’on lui donnât à manger… » Luc 8:55-56. En redonnant la vie à la jeune fille, Jésus n’aurait-il pas été également capable de faire qu’elle n’eût pas besoin de nourriture ? Assurément ! Ainsi Jésus, en ressuscitant l’enfant, fit ce que l’homme n’a pas le pouvoir de faire ; et, en cette circonstance, ce dont l’homme était capable, c’est-à-dire, de lui donner à manger, Jésus donc ordonna aux parents eux-mêmes de le faire. Cet événement miraculeux nous apprend que le discernement spirituel distingue entre l’impossible qui est du domaine de la foi et le possible qui est du domaine du bon sens ! Ce discernement nous garde de demander à Dieu ce que nous pouvons faire nous-mêmes, et, à l’inverse, de vouloir faire nous-mêmes ce dont Dieu seul a le pouvoir.

  Alors que les disciples disaient à Jésus de renvoyer la foule, venue pour l’écouter, dans les campagnes et les villages environnants, afin de s’acheter des vivres, Jésus leur dit : « … Donnez-leur vous-mêmes à manger… ». Toutefois, avant d’opérer la multiplication des pains, Jésus leur demanda : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir… » Marc 6:37-38. Jésus les interrogea, non par rapport à Lui-même, mais afin que les disciples réalisent, par contraste à la petitesse de leurs moyens, la grandeur du miracle qui allait s’opérer sous leurs yeux. Ensuite, Jésus multiplia les cinq pains et les deux poissons, et les fit distribuer par Ses disciples aux cinq mille hommes réunis. Il est à remarquer que Jésus fit cette multiplication, non pas à partir de rien, mais de quelque chose d’insignifiant. Et le miracle n’en éclata que davantage, en ce que la faiblesse y participa en en étant la condition. C’est en cela que nous-mêmes, alors que notre obéissance est encore imparfaite, nous avons reçu, par la seule Grâce de Jésus, de porter des fruits spirituels pour le Royaume de Dieu.

  À Capernaüm, ceux qui percevaient l’impôt dirent à Pierre : « Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes ? Oui, dit-il… ». Et, quand il fut entré dans la maison, Jésus dit à Pierre à ce sujet : « … Pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l’hameçon, et tire le premier poisson qui viendra ; ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi… ! » Matt 17-27. Le statère, qui valait quatre drachmes, suffit donc à ce que demandaient les percepteurs. En ceci, il est à relever que Dieu « multiplia » miraculeusement la farine et l’huile : I Rois 17:16, les pains et les poissons, mais jamais… de l’argent ou de l’or.

  Nous découvrons donc dans les Paroles et dans les Actes de Jésus le bon sens selon Dieu à l’œuvre. Bon sens spirituel par lequel le racheté discerne que le surnaturel est toujours relié au naturel et le spirituel à l’humain, sinon l’âme ne s’attache plus au Chef qui est Christ, mais « … elle s’abandonne alors à ses visions et se livre au culte des anges… » Col 2:18-19, sans savoir que ce sont, en réalité, des démons. Ce bon sens permet de distinguer entre les Miracles de Jésus et les miracles de Satan, et nous révèle que le « blasphème contre l’Esprit » consiste à prendre les Miracles de Jésus pour ceux du diable, et que la « séduction » consiste à prendre les miracles du diable pour ceux de Jésus.

  Ainsi, la différence entre les Manifestations divines et les pratiques occultes réside en ce que les actes magiques s’opèrent dans le « vide », alors que les Manifestations divines s’inscrivent dans le Dessein éternel de Dieu, et apportent la Plénitude de reconnaissance dans les cœurs de ceux qui croient aux Promesses de la Parole « qui demeure éternellement… » I Pier 1:25. Les pratiques occultes excitent une curiosité insatiable qui mène au néant, tandis que la Parole de Dieu dans Ses Manifestations intérieures répond pleinement aux aspirations spirituelles qu’elle suscite en nous.

  L’Écriture nous rapporte la délivrance hors de la prison vécut par l’apôtre Pierre, qui reconnut  la manifestation miraculeuse de Dieu. Alors que l’Église ne cessait d’adresser des prières à Dieu pour lui, « … un ange du Seigneur survint, dit l’Écriture, et une lumière brilla dans la prison. L’ange réveilla Pierre, en le frappant au côté, et en disant : Lève-toi promptement ! Les chaînes tombèrent de ses mains. Et l’ange lui dit : Mets ta ceinture et tes sandales. Et il fit ainsi. L’ange lui dit encore : Enveloppe-toi de ton manteau, et suis-moi. Pierre sortit, et le suivit, ne sachant pas que ce qui se faisait par l’ange fût réel, et s’imaginant avoir une vision. Lorsqu’ils eurent passé la première garde, puis la seconde, ils arrivèrent à la porte de fer qui mène à la ville, et qui s’ouvrit d’elle-même devant eux ; ils sortirent, et s’avancèrent dans une rue. Aussitôt l’ange quitta Pierre. Revenu à lui-même, Pierre dit : Je vois maintenant d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a délivré de la main d’Hérode et de tout ce que le peuple juif attendait. Après avoir réfléchi, il se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient… » Act 12:7-12.

  Pierre, conduit par l’ange, pensait que ce qui se passait n’était pas réel et s’imaginait avoir une vision. Mais, une fois seul et « revenu à lui-même », il réalisa qu’un miracle avait bien eu lieu, à partir duquel son bon sens allait prendre le relai, ainsi que le rapporta l’Écriture par ces mots : « … Après avoir réfléchi… » ! Pierre, ayant réfléchi et donc usé de son bon sens, se dirigea vers la maison de Marie, où les croyants priaient le Seigneur qui les exauça par la délivrance dont il fut l’objet, pour ensuite « sortir et aller dans un autre lieu… » Act 12:17. En effet, en voulant « prolonger » le miracle par manque de sagesse, c’eût été, de la part de Pierre, tenter Dieu ! Jésus ne se « cacha-t-Il » pas Lui-même deux fois, parce que Son Heure n’était pas encore venue… ? Jean 8:59 et 12:36.

  Ainsi, l’inspiration n’empêche pas la réflexion, et le fait de réfléchir ne fait pas obstacle à l’inspiration ; car le miracle ne s’oppose pas à ce qui est raisonnable ! C’est ici l’équilibre spirituel du croyant qui sait appliquer de ce que Dieu lui accorde, qui possède la saine compréhension de la Parole, et dont la propre faiblesse avouée révèle la sagesse. C’est en ceci que, dans le croyant, la Gloire de Dieu a pour piédestal l’humilité. D’où l’on apprend que ce qui est accordé par la Puissance, est conservé par la prudence.