M231 – PARCE QUE TU ES TIÈDE …

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« Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu : Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies… » Apo 3:14-18.

  La Révélation de Jésus-Christ à l’ange de l’Église de Laodicée vint sous la forme d’un blâme en ce qui concerne la tiédeur des croyants. Qui donc, en découvrant l’aspect si riche de cette Église qui préfigure celle de notre temps, aurait pu penser qu’elle était « tiède » aux yeux de Dieu ? Il y a, en effet, ce que Dieu sait et que nous ne voyons pas, et ce que Lui seul voit et que nous ne savons pas. De même que le passage du bouillant au tiède, puis au froid, se fait insensiblement en un certain temps, de même nous discernons davantage ce qui nous rapproche de Dieu que ce qui nous éloigne de Lui. Souvent des mêmes messages, des exhortations répétitives, l’esprit d’habitude provenant d’une perte de la vie spirituelle sont autant de facteurs qui suscitent la tiédeur, ou d’indices qui la révèlent.

  L’en-tête de chaque lettre écrite aux Églises d’Asie présente les attributs spirituels de notre Seigneur en rapport avec les exhortations, les blâmes et les promesses adressées à chaque Église. En ce qui concerne Laodicée, Jésus-Christ est présenté comme étant « l’Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Commencement de la Création de Dieu… ». A l’Exemple de Jésus, notre fidélité consiste à marcher dès le commencement de l’Appel de Dieu dans nos vies, jusqu’à « l’Amen » final, c’est-à-dire, jusqu’à « l’accomplissement » de tout ce que Dieu nous a annoncé, et nous a demandé. La tiédeur est donc le fait que, après avoir connu et vécu avec Dieu, l’âme s’est arrêtée et, n’étant plus en communion avec Lui, elle n’est plus à même de discerner les « œuvres préparées d’avance » par Dieu pour elle. D’où l’importance vitale de cette exhortation de l’Écriture, disant : « C’est pourquoi nous devons d’autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d’elles… » Héb 2:1.

  Cette déperdition de la vie spirituelle du croyant provient de ce qu’il a la connaissance de la Parole de Dieu, mais sans la Puissance de Vie, par laquelle la Parole opère l’Œuvre de Dieu. Aussi la Parole de Jésus, disant : « … Parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche… », s’éclaire-t-elle par cette Parole adressée à l’Église d’Éphèse : « Mais ce que j’ai contre toi, dit-Il, c’est que tu as abandonné ton premier amour. Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes… » Apo 2:4-5. Que l’Esprit-Saint soit ôté ou que l’on s’en écarte, le résultat est le même. Ce n’est qu’une fois éclairés à cet égard que nous comprenons combien grande est la Patience de Dieu, et cela en réalisant que, bien souvent, nous avons usé de Sa Patience jusqu’à ses extrêmes limites sans que nous nous en soyons aperçus.

  Presque toute chose à son contraire : le contraire du blanc est le noir, et celui du noir est le blanc ; le contraire du haut est le bas, et celui du bas est le haut ; le contraire du beau est le laid, et celui du laid est le beau. De même le contraire du chaud est le froid, et celui du froid est le chaud, mais le contraire de la tiédeur, quel est-il… ? En fait, la tiédeur n’a pas son « contraire », car elle-même est la réunion de deux contraires qui sont le chaud et le froid ! Ainsi, à cause de ce mélange même, la tiédeur n’a pas de caractère défini, elle n’a pas d’identité propre, elle est, non pas le « oui, oui » ou le « non, non » dont a parlé Jésus : Matt 5:37, mais le oui et le non en même temps… ? ! Aussi est-ce là, la raison pour laquelle il est plus difficile à celui qui est tiède de se reconnaître comme tel, qu’à celui qui est froid. L’on peut donc comprendre qu’une telle attitude soit vomie par Celui qui est la Vérité.

 C’est par le même Esprit du Seigneur que l’apôtre Paul s’adressa aux Corinthiens, au sujet de sa décision de ne pas retourner au milieu d’eux, à ce moment-là, à cause d’un bouleversement provoqué par la faute grave d’un croyant : « Est-ce que, en voulant cela, leur écrit-il, j’ai donc usé de légèreté ? Ou bien, mes résolutions sont-elles des résolutions selon la chair, de sorte qu’il y ait en moi le oui et le non ? Aussi vrai que Dieu est fidèle, la parole que nous vous avons adressée n’a pas été oui et non. Car le Fils de Dieu, Jésus-Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous, par moi, par Silvain, et par Timothée n’a pas été oui et non, mais c’est oui qui a été en Lui ; car pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en Lui qu’est le oui ; c’est pourquoi encore l’Amen par Lui est prononcé par nous à la Gloire de Dieu… » II Cor 1:17-20. Ainsi, en quelque domaine que ce soit, la Vérité a tracé une limite entre les ténèbres et la lumière, entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal. Et le fait de choisir le bien plutôt que le mal atteste notre appartenance à Dieu par l’Esprit duquel notre esprit discerne entre le bien et son contraire, le mal. Or ceci est une chose impossible en ce qui concerne la tiédeur spirituelle, car étant un « mélange » du chaud et du froid, la ligne indistincte de séparation en augmente la confusion ; de là, la Parole du Témoin fidèle et véritable à l’église de Laodicée : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche… » Apo 3:15-16.

  Chaque croyant, à cause des épreuves, des déceptions ou des difficultés de la vie est exposé au danger de s’attiédir, s’il ne veille pas sur lui-même. Et, souvent, la tiédeur découle du découragement causé par des relations fraternelles difficiles, d’où le relâchement et l’obscurité spirituelles qui en résultent. Or, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la tiédeur n’est pas l’inaction ou la paresse, au contraire, le prophète Aggée s’écria au sujet du temple de Jérusalem, qui n’était pas encore rebâti depuis le retour des Juifs de Babylone : « Est-ce le temps pour vous d’habiter vos demeures lambrissées, quand cette Maison est détruite… ? » Et, dit-il encore en conséquence de cela : « Vous comptiez sur beaucoup, et voici, vous avez peu ; vous l’avez rentré chez vous, mais j’ai soufflé dessus. Pourquoi ? dit l’Éternel des armées : A cause de ma maison, qui est détruite, tandis que vous vous empressez chacun pour sa maison… » Agg 1:4, 9. Ces Juifs faisaient tous leurs efforts, donnaient tout leur temps pour bâtir leurs propres maisons, tandis que le temple de l’Éternel demeurait en ruines. Ces croyants étaient d’autant plus tièdes pour Dieu, qu’ils étaient actifs pour leurs propres affaires.

  Ainsi, le tiède n’est pas nécessairement un « mou », un être sans initiative, il peut être actif et avoir de la suite dans les idées pour les choses qui le concernent. La Lettre adressée à l’Église de Laodicée nous rapporte, précisément en ce sens, les paroles du tiède, disant : « … Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien… ». Est-il donc quelqu’un de plus entreprenant ? Et, pourtant, c’est ici le portrait du tiède tel que l’Écriture nous le décrit. Cependant, et précisément à cause de cela, c’est aussi celui-ci auquel le Seigneur-dit : « Tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu … ». D’où l’on apprend que la tiédeur a son propre zèle : la « préoccupation de soi ».

  « Puisses-tu être froid ou bouillant ! … ». Celui qui est froid est spirituellement mort, et, pourtant, le Seigneur en vient à souhaiter que l’on soit plutôt froid que tiède, car il y a malgré tout plus d’espoir de réveiller spirituellement un « mort », qu’un tiède qui se croit éveillé ! Le remède spirituel à la tiédeur consiste, non pas en un « réchauffement » de celle-ci, mais à reconnaître dans la tiédeur une fausse humilité, c’est-à-dire, cette fausse excuse d’une quelconque incapacité, par laquelle l’on tente de se justifier. Or, si la tiédeur est, entres autres, la marque de celui qui s’aime lui-même, l’humilité révèle la force paisible de celui qui possède la vraie Richesse de la vie intérieure.