M230 – JE SUIS ROI …

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  « Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Moi, suis-je Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi : Qu’as-tu fait ? Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas. Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité… ? » Jean 18:33-38.

  Déclarer : « Je suis roi… » devant le représentant de César et du plus grand empire du monde d’alors, qui occupait Israël, il fallait être, soit fou, soit chef d’une armée terrestre aussi forte que celle de Rome. Or, Jésus n’était ni l’un ni l’autre. Cependant, en face de Jésus, Pilate fut grandement « étonné… » Matt 27:14. Pareillement, les mages, arrivant à Jérusalem après la naissance de Jésus, dirent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. Le roi Hérode, ayant appris cela fut troublé, et tout Jérusalem avec lui… » Matt 2:1-3. Bien que méconnaissant les choses divines, le trouble et l’étonnement de ce monarque révèlent qu’il avait comme un pressentiment de la Nature divine et éternelle de ce Roi et de Son Royaume ! Ceci, en effet, nous rappelle la parole de l’ange Gabriel adressée à Marie au sujet de Jésus, disant : « Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son Père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin… » Luc 1:32-33. Ainsi, face à ce Roi, Pilate perçut-il, inconsciemment, la nature instable et passagère de lui-même et des institutions civiles qu’il représentait ? Or, que ce fût la force, ou la faiblesse, ou encore le petit nombre de ceux qui appartenaient à ce Royaume céleste à venir, celui-ci ne représentait alors aucune menace en face de l’empire de Rome et de ses légions.  

  À la question de Pilate : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? ». En répondant, à son tour, par une question, Jésus fit en sorte que Pilate lui-même répondît à sa propre question. Or, Pilate éluda la question de Jésus, et Dieu seul connut quelle était sa pensée à ce moment-là. Si Pilate avait de lui-même demandé à Jésus s’il était Roi, aurait-il craint alors que l’on pensât qu’il pût envisager cette éventualité ? En effet, alors que Pilate cherchait à relâcher Jésus, dit l’Écriture, les Juifs lui dirent : « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César… » Jean 19:12. Et Pilate donc le leur livra ! Quant à nous, à quelle personne craindrions-nous de déplaire, ou que risquerions-nous de perdre en reconnaissant Jésus comme notre Roi dans notre vie ? D’autre part, si Pilate avait posé cette question suite aux accusations des Juifs contre Jésus, n’aurait-il pas montré la faiblesse de se laisser influencer par ceux-là mêmes que ses cohortes, placées sous son autorité, devaient surveiller ? En effet, en apprenant de la part des Juifs qui accusaient Jésus de s’être fait Fils de Dieu, sa « frayeur augmenta… » Jean 19:8, et il dit à Jésus : « D’où es-tu ? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Alors Pilate lui dit : Est-ce à moi que tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher ? Jésus répondit : Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi, celui qui me livre à toi commet un plus grand péché… » Jean 19:9-11. Rappelant son titre de gouverneur par des paroles d’autorité, Pilate surmonta sa frayeur qui aurait pu parler à sa conscience. Nous-mêmes, quelle raison ou quelle excuse nous donnerions-nous pour nous soustraire à la Volonté de Dieu ?

  Être roi d’un petit royaume est peu de chose aux yeux des grands, mais l’être d’un royaume qui ne se voit pas, et que l’on ne peut situer est une folie pour les chefs de ce monde. En effet, répondant donc à Pilate qui l’interrogeait, Jésus dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n’est point d’ici-bas… ». En effet, à Pierre qui avait frappé et emporté l’oreille du serviteur du souverain sacrificateur venu pour arrêter Jésus, Jésus dit, après qu’il eut guéri l’oreille du serviteur : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ? Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi… ? » Matt 26:51-54. Ainsi, de même que les moyens de ce monde ne furent pas utilisés pour la défense du Roi et de Son Royaume, de même les méthodes humaines ne le sont-elles pas non plus en ce qui concerne la Parole de Dieu et la Prédication de la croix.

  Jésus nous enseigne le Royaume, et le Royaume nous enseigne sur Jésus. Ceci éclaire la parole que Jésus adressa à Pilate, à laquelle celui-ci répondit : « Tu es donc roi ? », et à qui Jésus répondit à son tour : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né, et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix… » Et Pilate lui dit donc : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Il y a dans ce face à face entre Jésus et Pilate quelque chose de solennel et de mystérieux. Jésus, en Personne, se tenait devant Pilate, mais Jésus était « avant » lui, Il était avant César, avant les rois et leurs royaumes, avant les empereurs et leurs empires, avant l’humanité, avant Adam, c’est-à-dire, en Dieu, car ayant été « prédestiné avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps… » I Pier 1:20. C’est en cela que le Royaume de Dieu nous enseigne sur Jésus, car « la Justice, la Paix et la Joie par le Saint-Esprit » de ce Royaume éternel décrit le Caractère même du Fils de Dieu. Jésus est né, et est devenu « Homme », car Il ne pouvait transmettre Ses traits célestes qu’en souffrant sur la Croix pour ceux qui croiraient en Lui. Ces réalités célestes constituent donc le caractère de Jésus, qui est celui de la Vérité au sujet de laquelle Pilate l’interrogea et dont Jésus Lui-même est la Réponse. Car la Vérité, à l’Image de la Personne de Jésus, Roi, est la Parole de Dieu, à la fois, éminente et « pleine de douceur ».

  Quel fut donc l’état d’Esprit de Jésus au moment où, en tant que Roi, Il fut rejeté par Son peuple, et surtout, en tant que Fils, Il fut abandonné de Dieu ? Alors qu’Il était cloué sur la Croix, les principaux sacrificateurs et les anciens des Juifs, se moquant de Lui, disaient : « Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même ! S’il est roi d’Israël, qu’il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s’est confié en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit : Je suis Fils de Dieu… » Matt 27:42-43. Or, c’est précisément à la Croix que Jésus a manifesté Sa Qualité de Roi mis à l’épreuve. En effet, « Jésus a souffert la croix», mais c’est également par la Croix que Jésus « a méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu… » Héb 12:2. C’est aussi sur la Croix qu’il a triomphé de la tentation de faire « un coup d’éclat » en « descendant de la croix », car, en répondant à la demande de ceux qui le raillaient Jésus aurait obéi au diable… Jésus, jusque dans Sa mort, est resté Maître de la situation. L’Écriture ne dit-elle pas que c’est précisément par Sa mort que Jésus « a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix… » ? Col 2:15. N’est-ce pas encore par Sa mort qu’il « a anéanti celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire, le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude… » ? Héb 2:14-15. Ces paroles nous apprennent que, de tous temps, Jésus est le seul Roi dont la mort fut plus qu’une solennité, un triomphe, ce fut la victoire de la Vie sur la mort.

  Quelle leçon d’humilité recevons-nous de notre Roi ? En quoi consiste le Règne de Christ par le Saint-Esprit dans nos vies ? Il est écrit « qu’il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds… » I Cor 15:25. Or, en même temps que, d’En-Haut, Jésus soumet tous ses ennemis, Il nous révèle en quoi consiste nos ennemis « intérieurs », c’est-à-dire, nos faiblesses… et la force pour les combattre ne provient pas de nous, mais de Jésus, qui nous en convainc et nous en délivre. Le sage dit : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros, et celui qui est maître de lui-même vaut mieux que celui qui prend des villes… » Prov 16:32. Notre Roi est victorieux, et Sa Victoire sur nous, en tant que rachetés par Lui, consiste, non pas à ce que l’on règne « sur autrui », mais à être « maître de soi ». Et ne sommes-nous pas déjà vainqueurs sur nous-mêmes, en reconnaissant ce qui nous a vaincus… ?