M229 – A CAUSE DE TA BEAUTÉ …

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  « Ainsi tu fus parée d’or et d’argent, et tu fus vêtue de lin, de soie et d’étoffes brodées. La fleur de farine, le miel et l’huile, furent ta nourriture. Tu étais d’une beauté accomplie, digne de la royauté. Et ta renommée se répandit parmi les nations, à cause de ta beauté ; car elle était parfaite, grâce à l’éclat dont je t’avais ornée, dit le Seigneur, l’Éternel… » Ezé 16:13-14.

  C’est sous les traits d’une femme rendue belle par les soins de l’Éternel que l’Écriture nous présente la ville de Jérusalem, Jérusalem qui, selon les paroles mêmes de l’Éternel, devint « d’une beauté accomplie ». Jérusalem était belle. Or, la beauté paraît refléter l’image de la perfection, tant il est vrai qu’une créature belle semble ne renfermer en elle aucun élément qui puisse l’altérer. Cependant, Jérusalem ne le resta pas toujours aux yeux de Dieu, et c’est sa beauté même qui fut l’une des causes de son infidélité. En effet, l’Éternel nous révéla le rôle que joua la beauté de Jérusalem dans sa dégradation : « Tu t’es confiée dans ta beauté, et tu t’es prostituée, à la faveur de ton nom ; tu as prodigué tes prostitutions à tous les passants, tu t’es livrée à eux… » Ezé 16:15. Et cela, en rendant un culte aux dieux étrangers, et non à l’Éternel, le seul Dieu vivant et vrai. Certes, être beau n’est pas un péché, pas plus qu’il ne l’est d’être riche, intelligent ou fort, mais l’important est de savoir si la richesse, l’intelligence, la puissance ou la beauté occupent dans notre cœur la place qui revient au Seigneur…

  Bien que toutes les beautés soient différentes, la personne qui se sait belle n’éprouve pas le besoin de chercher à ressembler à quelqu’un d’autre, sa beauté lui suffit, c’est son bien, c’est sa gloire. Il en fut ainsi de la ville de Jérusalem : bénie, enrichie, parée des bienfaits de la part de l’Éternel, néanmoins, elle oublia Celui à qui elle devait toutes ces choses. Elle eut d’abord confiance en l’Éternel qui l’avait embellie, puis elle eut confiance dans l’embellissement dont elle était l’objet, ensuite elle eut confiance en sa beauté, pour, finalement, se confier en elle-même et non plus en l’Éternel. Les Bienfaits de Dieu la détachèrent de Dieu, parce que le sentiment de sa propre importance lui fit considérer les Dons de Dieu comme étant un don de la nature, et non plus comme une Grâce. C’est ainsi que, la source pure de sa beauté qui découlait de Dieu, se tarissant, sa beauté se flétrit, ainsi que le lui déclara l’Éternel : « A l’entrée de chaque chemin tu as construit tes hauts lieux, tu as déshonoré ta beauté, tu t’es livrée à tous les passants, tu as multiplié tes prostitutions… » Ezé 16:25, ce qui faisait sa valeur, elle en fit sa laideur.

  Par quelle transformation maligne, la confiance en la beauté elle-même en vint à altérer celle-ci ? Ce « mystère de l’iniquité » est éclairé par la révélation au sujet de Satan décrit sous les traits de la personne du roi de Tyr : « Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi… » Ezé 28:14-15. Comment l’iniquité put-elle donc succéder à l’intégrité ? L’Écriture déclare que « nous connaissons en partie et que nous prophétisons en partie… » I Cor 13:9. En effet, ce qu’il nous suffit de savoir au sujet de la Sagesse et des Mystères de Dieu à cet égard est contenu dans les Vérités de l’Écriture, ainsi qu’il en est du Salut par la foi en Jésus-Christ et de la Vie éternelle. Il nous est donc révélé que le changement du chérubin en l’adversaire de Dieu est en rapport avec sa beauté, ce qui, par voie de conséquence, éclaire le « pourquoi » et le « comment » de la beauté perdue de Jérusalem.

  L’Éternel, s’adressant à Ézéchiel, dit : « Fils de l’homme, prononce une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Tu mettais le sceau à la perfection, tu étais plein de sagesse, parfait en beauté. Tu étais en Éden, le jardin de Dieu… » Ezé 28:12-13. « Parfait en beauté » dit l’Écriture. Or, ainsi qu’il l’a été dit, la beauté du chérubin était l’image de la perfection. Mais la beauté peut aussi ne refléter que l’image, et non la réalité de la perfection elle-même, qui est d’une autre dimension spirituelle, et ceci se révéla lors de la révolte de celui qui allait devenir l’ennemi de Dieu. En effet, l’Éternel dit au chérubin : « Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; je te jette par terre, je te livre en spectacle aux rois… » Ezé 28:17. Ainsi, l’« éclat » même de sa beauté altéra sa sagesse. Comment cette chose paradoxale peut-elle se comprendre ? Il ressort de cela que la lumière, par son éclat, peut produire deux effets opposés, soit elle éclaire, soit elle éblouit ! Or, être ébloui équivaut à être aveuglé. C’est ainsi que celui qui est devenu Satan, en s’étant approprié la sagesse reçue de Dieu, « se déguisa en ange de lumière… » II Cor 11:14. De là proviennent les effets de nos « propres lumières » qui voilent notre conscience, car l’éblouissement et l’obscurcissement produisent  même résultat.

  L’une des activités célestes des anges est de « se tenir devant Dieu » Luc 1:19, et de « voir continuellement sa face » Matt 18:10. Le chérubin, de par son rang, l’exerçait au plus haut degré. Or, l’Eternel déclara au sujet de lui : « Te voilà tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore ! Tu es abattu à terre, toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut… » Es 14:12-14. L’un des mystères révélés de la révolte du chérubin contre Dieu est que le Dieu Très-Haut et le chef suprême des anges étaient si proches, que ce dernier porta ses regards sur sa beauté, et non plus sur la Majesté de Dieu qui l’éclairait. Le chérubin était beau, mais dès qu’il se « regarda », il prit l’éclat qu’il était pour la Lumière qu’il n’était pas. Or, de cette découverte de lui-même résulta un changement d’intention dans la direction de son regard. Jusqu’alors, le chérubin contemplait Dieu, puis le chérubin se contempla lui-même, et, portant ses regards sur sa beauté, il découvrit son importance, son influence, son pouvoir, ses dons… qu’il utilisa, dès lors, à ses propres fins.

  La manière dont le chérubin se rebella contre Dieu pour devenir Satan est une connaissance capitale pour le discernement de la foi dans notre vie spirituelle. Car ce que le diable est et fait, est précisément ce à quoi il ne cesse de nous tenter. Nous comprenons alors pourquoi Ève, après avoir écouté le serpent, vit d’un autre regard « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » dont elle découvrit, d’une façon toute particulière, que son fruit était « bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence… » Gen 3:6, avec, pour conséquence, la chute qui s’ensuivit. Nous comprenons aussi pourquoi les anges déchus, entraînés dans la chute de « l’astre brillant » et détournant les regards des choses célestes, « virent que les filles des hommes étaient belles, et en prirent pour femmes », lesquelles leur donnèrent des enfants qui furent « les géants sur la terre… » Gen 6:2-5 ; ce qui fut, avec la méchanceté des hommes, la cause du déluge. Quant à nous, usant de la faiblesse de notre chair, le diable tente de nous détourner des choses célestes vers les choses terrestres, c’est-à-dire, sur nous-mêmes, et non plus sur le Seigneur. Nous comprenons alors combien David, par ses paroles, exprime une exhortation adressée à chacun de nous : « Je voyais constamment le Seigneur devant moi, parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé… » Act 2:25.

  Cette vision intérieure de notre foi repose sur le fait que Jésus, « le plus beau des fils de l’homme », Ps 45:3, a accepté de n’avoir « ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et dont l’aspect n’avait rien pour nous plaire », et cela parce qu’il était « blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités… » Ésaïe 53:2, 5. Ainsi, avec le Don de Sa Vie, le Seigneur nous a aussi donné Sa Beauté, la Beauté intérieure et pure, la Beauté de Sa Perfection à laquelle tend notre foi, qui se reflète par l’humilité de celui qui la possède, et qui ne trompe point ceux qui la voient.

  Ici-bas, la beauté suscite maintes appréciations, dans lesquelles le bon sens, bien souvent, fait défaut, mais la Beauté qui vient de Dieu est la beauté intérieure de la vie spirituelle du croyant. Déjà le sage en fait l’éloge, en disant : « Ce qui fait le charme d’un homme, c’est sa bonté… » Prov 19:22. Tout charme, toute beauté sans contenu spirituel n’est beauté que pour le monde, tandis que la Beauté selon Dieu contient Sa Bonté même. Bonté reconnue entre les rachetés eux-mêmes, en union spirituelle avec « la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu… » I Pier 3:4. La Bonté du Seigneur à travers nous, voilà notre beauté.