M227 – DIEU EST AMOUR …

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  « Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui… »  I Jean 4:14-16.

  « Dieu est amour », c’est là la Nature de Dieu. Et Dieu a manifesté Son Amour par un Don, par le Don de Lui-même en Son Fils, Jésus, venu en chair parmi nous. L’Écriture, montrant la différence entre l’Amour divin et l’amour humain, même le plus admirable, dit : « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous… » Rom 5:6-8. Ainsi, Dieu est amour, et Il l’a prouvé en ce qu’il aime ce qui ne le mérite pas, ce qui n’est pas aimable, ce qui même est haïssable, mais cet Amour est reçu par l’âme transformée qui s’est repentie, et ceci a pour nom : la Grâce.

  L’Amour de Dieu, répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit, exerce son action intérieure entre les rachetés. Jésus dit : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres… » Jean 13:34-35. L’Amour incommensurable de Jésus est à la mesure de Son indicible Souffrance à la Croix pour notre salut, et l’un et l’autre sont insondables. Ainsi, Jésus nous demande de nous aimer les uns les autres « comme je vous ai aimés… » dit-Il. Il ne nous est pas naturel d’aimer « comme » Jésus nous aime, car l’Amour de Dieu est immuable, parce qu’éternel, tandis que nous, nous sommes instables, parce que passagers. L’apôtre Paul écrit, en effet : « Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi… » Col 3:12-13. « Supportez-vous les uns les autres… » L’amour fraternel consiste à faire l’effort de se supporter les uns les autres. Cet amour n’est pas aisé et doit être entretenu ; il réclame ce prix pour conserver les relations entre frères et sœurs en la foi. Car, de même qu’un feu ne réchauffe et n’éclaire qu’en consumant de la matière, de même il ne saurait y avoir une manifestation d’amour sans renoncement à soi-même. Tout croyant est appelé à demander à Dieu de lui révéler en quoi sa propre nature est susceptible de troubler la communion fraternelle, et il découvrira encore quelle nouvelle « crucifixion » l’Amour de Dieu lui demandera à cet égard.

  Il est des convictions à ce point opposées qu’elles finissent par se ressembler dans une même étroitesse d’esprit. En effet, alors que l’homme non croyant et humaniste préconise un amour sans Dieu, le croyant légaliste, qui ne prend de la Parole de Dieu que les commandements, présente Dieu, mais sans amour : ce qui aboutit au même résultat. Certes, Dieu est annoncé, mais d’une manière qui écarte les âmes de Dieu. D’autre part, alors que l’Écriture dit que « l’amour est de Dieu » I Jean 4:7, le diable, qui cherche toujours à diviser ce que Dieu a uni, insinue que l’amour lui-même est « Dieu », mais cela « indépendamment » de Dieu, comme si l’on pouvait séparer l’eau de la source qui l’alimente. Or si, en effet, l’amour « est » de Dieu, l’amour seul « n’est pas » Dieu, en ce sens qu’il y a toute sorte « d’amour » ici-bas, aussi bien « l’amour du monde, qui est inimitié contre Dieu… » Jac 4:4. L’Amour de Dieu, mais sans l’Esprit de Dieu, n’est donc plus qu’un amour humain.

  De l’Amour de Dieu découle notre amour de Sa Parole, qui est la Vérité. Or, séparer l’amour d’avec la vérité démontre que l’on n’a pas reçu « l’amour de la vérité… » II Thess 2:10. Car, précisément, l’amour selon Dieu, dit l’Écriture, « ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité… » I Cor 13:6. Ainsi, toute vérité détachée de Dieu, de qui elle reçoit la vie, n’a donc aucune puissance pour affranchir ceux qui l’entendent. La vérité est juste, mais morte, et toute vérité morte donne vie à l’erreur, laquelle erreur, à son tour, produit la mort spirituelle…

 Lors de leur marche dans le désert, le peuple d’Israël se souleva maintes fois contre l’Éternel, et contre Moïse à cause du manque de pain et d’eau. Alors l’Éternel envoya des serpents dans le camp qui mordirent les enfants d’Israël, et beaucoup moururent. Le peuple reconnut alors son péché, et Moïse pria l’Éternel, qui lui dit : « Fais-toi un serpent brûlant (d’airain), et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie… » Nomb 21:8. L’apôtre Jean, rappelant cet événement écrit : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle… » Jean 3:14-16. Ainsi, de même que Moïse fit dresser une perche, sur laquelle fut suspendu le serpent, par lequel ceux qui le regardaient conservaient la vie, de même, lorsque les temps furent accomplis, Dieu, par l’homme, fit dresser la Croix, sur laquelle fut cloué Jésus de qui, dès lors, tous ceux qui croient en Lui reçoivent la Vie. Ainsi, la Manifestation de l’Amour de Dieu passa du serpent inerte au Christ vivant. Car, en Jésus-Christ, l’Amour de Dieu alla jusqu’à l’accomplissement de ce que Sa Justice réclamait, c’est-à-dire, jusqu’à la mort de Jésus sur la Croix, là où, précisément, l’acte dont les ordonnances nous condamnait fut cloué au bois : Col 2:14. Ces paroles nous révèlent la Manifestation même de l’Amour divin, conformément aux paroles du prophète Ésaïe au sujet de Jésus, « l’homme de douleur », en disant : « Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… » Ésaïe 53:10. Il a plus au Père de briser même Son Fils ! Et cela à cause de Son grand Amour pour nous.

  Jésus, le Fils de l’homme, était sans péché, juste et saint. Il était Lui-même le Sacrifice expiatoire pour nos péchés. En quoi consistait donc l’Amour du Père envers Son Fils ici-bas ? Jésus dit : « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père… » Jean 10:17-18. « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie… ». En effet, chaque fois qu’une âme vient à Jésus et reçoit de Lui la Vie, c’est alors que Jésus « reprend », avec l’âme repentante, de Sa propre Vie donnée. Jésus a le pouvoir de « reprendre » parce qu’Il l’a donnée par Amour. Et c’est ce qui plut au Père, qui exprima au sujet de Son Fils, lors de Son baptême dans le Jourdain, puis lors de Sa transfiguration sur la montagne,  disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le… ! » Matt 17:5, et II Pier 1:17.

  Dieu aime sa créature, mais avant que l’homme ne fût créé, en quoi consistait l’Amour de Dieu ? Est-il possible d’être amour sans avoir quelqu’un à aimer ? L’amour n’existe-t-il qu’en fonction de celui que l’on aime ? Jacques écrit : « Si vous accomplissez la loi royale, selon les Écritures : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien… » Jac 2:8. Ces paroles montrent qu’aimer son prochain manifeste l’existence de l’amour, et que, en même temps, l’absence du prochain n’empêche pas l’amour d’exister, puisque, selon le sens même de ces paroles, le fait de « s’aimer soi-même » précède le fait d’aimer son prochain et en donne la capacité. Or, l’homme qui « s’aime lui-même » a été fait à « l’Image » de Dieu qui l’aime. Dieu aime-t-Il donc sa créature « comme Lui-même » ? Et qui Dieu aime-t-Il « en Lui-même » ? Sinon Jésus, qui alors était en Lui, le « Fils unique qui est dans le sein du Père… » dit l’Écriture Jean 1:18. C’est là ce que dit Jésus dans Sa Prière concernant Ses disciples : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde… » Jean 17:24. Dieu, en aimant le Fils en Lui-même, aimait déjà ceux qui allaient être sauvés par Lui, ainsi que le dit encore Jésus : « Père juste, le monde ne t’a point connu ; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux… » Jean 17:25-26.

  Jésus dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui… » Jean 14:23. C’est donc par Son Amour que Dieu Lui-même, qui est « plus grand que tous… » Jean 10:29, demeure en nous. Et le témoignage intérieur de cet Amour est l’Esprit-Saint qui nous révèle le Père, qui, par Son Fils demeurant en nous, nous aime.