M226 – LES TRIBULATIONS PRÉSENTES …

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  « C’est pourquoi, impatients que nous étions, et nous décidant à rester seuls à Athènes, nous envoyâmes Timothée, notre frère, ministre de Dieu dans l’Évangile de Christ, pour vous affermir et vous exhorter au sujet de votre foi, afin que personne ne fût ébranlé au milieu des tribulations présentes ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela… » I Thess 3:1-3.

  Par ces paroles, l’apôtre Paul laissa entrevoir le fardeau spirituel qui l’habitait à l’égard des croyants de Thessalonique qu’il portait dans ses prières, afin qu’ils demeurassent affermis en Christ, ainsi qu’il leur écrit : « Car vous, frères, vous êtes devenus les imitateurs des Églises de Dieu qui sont en Jésus-Christ dans la Judée, parce que vous aussi, vous avez souffert de la part de vos propres compatriotes les mêmes maux qu’elles ont soufferts de la part des Juifs… » I Thess 2:14. Les temps difficiles que vivaient les Thessaloniciens n’étaient pas exceptionnels, les « tribulations présentes » étant la vie « normale » des églises d’alors. Aux croyants de Corinthe, en effet, l’apôtre écrit également : « Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut ; si nous sommes consolés, c’est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter les mêmes souffrances que nous endurons… » II Cor 1:6.

  Ces paroles nous révèlent que le sens spirituel de la Consolation de Dieu diffère du sens que l’homme lui donne. En effet, la Consolation divine, dans ce passage, consiste, non pas en la délivrance de nos souffrances, mais dans le fait de savoir que d’autres croyants endurent les mêmes souffrances, ce qui nous aide à supporter les nôtres. C’est ici un trait de la Sagesse de Dieu envers Ses enfants, que nous révèle l’apôtre Paul écrivant aux Philippiens : « Je veux que vous sachiez, frères, que ce qui m’est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l’Évangile. En effet, dans tout le prétoire et partout ailleurs, nul n’ignore que c’est pour Christ que je suis dans les liens, et la plupart des frères dans le Seigneur, encouragés par mes liens, ont plus d’assurance pour annoncer sans crainte la Parole… » Phil 1:12-14. Ainsi, les liens de l’apôtre, contrairement à l’effet souhaité par l’adversaire, ont, non pas découragé, mais plus encore encouragé les frères à s’attacher au Seigneur et à annoncer l’Évangile libérateur. Il est telle bénédiction qui attire la persécution, laquelle persécution produit en retour une bénédiction plus grande, qui consiste en une Révélation nouvelle de Jésus.

  Les tribulations ne sont donc pas un malheur ou une anomalie, mais une réalité du pèlerinage des croyants nés de nouveau dans tous les temps, selon que l’écrit Paul : « Vous savez que nous sommes destinés à cela… ». Ce que nous rappelle également l’apôtre Pierre, s’adressant à ceux qui étaient « étrangers et dispersés » dans le monde d’alors : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. Si vous êtes outragés pour le Nom de Christ, vous êtes heureux parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous… » I Pierre 4:12-14. Loin d’être une « chose étrange », les tribulations sont une des conséquences de notre fidélité dans la foi. Ceci signifie que nous sommes appelés, non pas à souffrir dans le seul but de… souffrir, mais, bien au contraire, à nous réjouir, à être heureux de la part que nous avons aux souffrances de Christ. L’Écriture associe toujours l’épreuve à la joie, à l’allégresse et à la gloire qui sont les résultats célestes de notre persévérance et de notre ressemblance à Jésus.

  Jésus, s’adressant à Ses disciples, dit : « Vous, vous êtes ceux qui ont persévéré avec moi dans mes épreuves ; c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d’Israël… » Luc 22:28-30. Depuis lors, les apôtres nous ont quitté pour la patrie céleste, et, après eux, des multitudes de rachetés jusqu’à nous. Or Christ, crucifié, ressuscité, enlevé au ciel et assis à la droite de Dieu, nous a, selon Sa Promesse, envoyé un Autre Lui-même de la part du Père, « l’Esprit-Saint », « l’Esprit de Vérité », qu’Il appela le « Consolateur ». Et pourquoi le « Consolateur » ? Parce que les rachetés continuent de persévérer dans les épreuves de Jésus qui, en même temps, est le Consolateur dans leurs épreuves mêmes. Aussi est-ce l’Esprit du Consolateur, envoyé de la part du Père en nous, qui nous console dans nos épreuves destinées à tester notre fidélité envers Son Fils, Jésus, qui a « souffert pour nous, nous laissant un exemple, afin que nous suivions ses traces… » I Pier 2:21.

  Lors de leur premier voyage missionnaire, Paul et Barnabas, dit l’Écriture, retournèrent à Lystre, à Icône et à Antioche, « fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu… » Act 14:22. Il est à remarquer que, à l’exemple de Jésus-Christ dans l’Évangile, les apôtres avertissaient les âmes, dès leur conversion, des tribulations dont elles seraient l’objet. En effet, une erreur souvent faite est celle de penser qu’il est nécessaire d’attendre avant de faire connaître aux nouveaux convertis les persécutions et les tribulations qui surviendront dans leur vie, de peur que leur foi ne défaille. Or, c’est précisément le contraire qui est vrai, c’est en les avertissant et en les préparant avec la Sagesse et l’Amour de Dieu aux persécutions et aux tribulations, d’où qu’elles viennent, que leur foi se fortifiera dans le combat spirituel en vue du But céleste et glorieux, qui est celui d’entrer dans la Présence du Maître.

  Dans sa lettre à Timothée, Paul écrit : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés… » II Tim 3:12. Une vie de piété se manifeste déjà dès la nouvelle naissance opérée par l’Esprit-Saint. Et, même en temps de paix et de liberté, le croyant authentiquement régénéré sera persécuté d’une manière ou d’une autre, car tout ce qui est oint de l’Esprit de Dieu est combattu par l’esprit du monde. Ce n’est pas à cause des tribulations que le racheté a besoin de piété, mais c’est, au contraire, parce qu’il exerce la piété qu’il rencontre des tribulations. En fait, dans la foi, la piété nous rend vainqueurs dans les tribulations mêmes qu’elle nous attire. Ceci explique pourquoi la « piété apparente et sans force » du croyant charnel : II Tim 3:5, lui permet d’éviter les tribulations inhérentes à la vie spirituelle. Or, un tel croyant ne dérange ni le diable ni le monde, et n’est dérangé lui-même par aucun des problèmes de ses frères et sœurs en la foi, puisqu’il ne les porte pas dans la prière ; sans s’apercevoir qu’il est lui-même un problème aux yeux de Dieu et pour tous ceux qui l’entourent.

  L’apôtre Paul, s’adressant aux Éphésiens, dit : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ… » Eph 1:3. Comment peut-on être, en même temps, destinés aux tribulations et bénis en Christ ? La compréhension humaine y voit une contradiction, alors que la compréhension spirituelle voit en cela les Éléments divins qui concourent, et au dépouillement du « vieil homme » et au revêtement de « l’homme nouveau » Col 3:9-10. D’en-haut, les bénédictions spirituelles nous soutiennent dans nos tribulations terrestres ; les bénédictions du Seigneur sont les manifestations de Sa Grâce, et la Grâce se manifeste de la façon la plus variée dans la vie du racheté. En effet, Paul exhortant les croyants de Philippes, leur écrit : « … Car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui, en soutenant le même combat que vous m’avez vu soutenir, et que vous apprenez maintenant que je soutiens… » Phil 1:29-30. D’où il ressort que toute tribulation contient une bénédiction que seul le croyant, qui se tient dans la Présence de Dieu, discerne, car toute âme soumise à l’Esprit est une âme éclairée.

  Ces paroles nous apprennent donc que croire en Christ et souffrir pour Lui, loin d’être contradictoires, sont une seule et même Grâce. Ainsi, regarder comme une Grâce le fait d’être éprouvé, au même titre que le fait de croire, est le propre d’une âme qui a renoncé à elle-même, et qui se sait aimée du Père céleste, auquel elle se soumet dans la joie. Et c’est là sa force, parce qu’elle vit de la Victoire de Jésus qui a dit : « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde… » Jean 16:33. Et cette vie de victoire n’est autre que Sa Victoire sur notre propre vie libérée.