M224 – LA FOI …

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  « Or, la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. Pour l’avoir possédée, les anciens ont obtenu un témoignage favorable… » Héb 11:1.

  L’Écriture nous apprend une multitude de manifestations de la foi : foi en ce qui concerne le salut : Marc 16:16, la purification : Act 15:9, l’obéissance : Rom 1:5, la sagesse : Jacq 1:5-6, les miracles et les guérisons : Marc 16:17-18, les promesses : Héb 6:12, les délivrances, comme aussi la non acceptation même des délivrances : Héb 11:33-35, et tout cela par la même foi. La foi est une réalité spirituelle des plus vastes, des plus simples et, en même temps, des plus complexes de la Parole. Elle reçoit les réponses de Dieu aux problèmes de notre vie, comme elle nous laisse parfois dans l’interrogation au sujet de certaines situations qui nous échappent, et cela à cause des limites de notre compréhension humaine ou de notre ignorance de la Volonté de Dieu ; ce sont là les mystères de la foi. L’apôtre Paul, s’adressant aux Éphésiens, écrit : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous… » Eph 4:4-6. « Une seule foi », la Parole nous apprend que la foi spirituelle et la foi naturelle sont deux choses différentes. Le fait de croire est propre à tout être humain, quelle que soit sa religion, tandis que la foi, dont parle l’Écriture, est la foi qui a été accordée tout au long des âges par le Dieu vivant et vrai, jusqu’au temps de la Grâce de Jésus-Christ, lorsque vint la foi dans l’Esprit, par laquelle se reçoit la certitude du Salut en Jésus-Christ.

  Dans l’Évangile, Jésus nous parle d’une « grande foi », celle du centenier : Matt 8:10, et du « peu de foi » des disciples, lors de la tempête sur la mer : Matt 8:26. Ainsi, chaque être manifeste sa foi d’une manière différente, parce qu’aucune âme ne ressemble à une autre âme et aucune situation ne ressemble exactement à une autre situation. La foi ne sera pas nécessairement plus forte dans une âme active que dans une âme contemplative. Les épreuves révèlent souvent qu’une personne fragile ou douce manifestera une foi plus persévérante qu’une personne apparemment forte. Certes, une personne combative lutte, mais sans se rendre compte que c’est souvent avec ses propres forces, et non avec la Force du Seigneur, tandis que la personne consciente de sa faiblesse réalise très tôt la nécessité de faire appel à la Toute-puissance de Dieu, qui soutient sa vie.

  L’Écriture déclare : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ… » Rom 10:17. La foi authentique a pour origine et pour but Jésus-Christ Lui-même. Or, de même que dans le domaine doctrinal et prophétique, la séduction et l’erreur se glissent également dans le domaine de la foi. En effet, l’esprit d’erreur inspire à dissocier les manifestations de l’Esprit de Dieu, en vue de rendre la foi « indépendante » de Dieu Lui-même. C’est ici la séduction, selon laquelle la foi est regardée comme un « pouvoir » personnel en vue de demander ce que l’on désire, en considérant Dieu comme étant « tenu » d’accomplir Ses Promesses et d’accorder Ses Bénédictions. Or, une foi, indépendante de Dieu, indique par conséquent une indépendance, et donc une séparation d’avec Sa Volonté. Un croyant animé de la sorte ne se soumet pas à la Volonté de Dieu, et en vient à demander, à imaginer même des promesses que Dieu n’a jamais faites ou des bénédictions qu’il n’a jamais annoncées. Le plus grave est que s’il y a exaucement, cela signifie qu’une autre sorte de foi a remplacé la véritable et qu’un « autre » esprit a pris la place de l’Esprit de Dieu, et que, finalement, c’est un « autre Jésus » qui répond : I Cor 11:4. Ce que l’on comprend fort bien, quand l’on sait « qu’antichrist » signifie « contre » Christ, c’est-à-dire, « qui a pris la place de Christ », tout en prenant soin de n’en laisser que le nom qui… n’est pas celui du véritable Jésus. La vraie foi, en effet, n’est pas un exercice mental, elle ne se travaille pas comme un muscle, elle ne puise pas sa force en elle-même, ni ne décide d’elle-même. Car alors l’homme en viendrait à croire en sa propre foi, pour ne pas dire, en lui-même, au point de penser que sa propre parole puisse être capable de créer ! D’ici à se croire comme Dieu, il n’y a qu’un pas. 

  Ainsi, la séduction dans le domaine de la foi fait en sorte que l’acte de croire soit perçu comme étant un acte créateur, pour ne pas dire « magique », en ce qui concerne l’application de la Parole. Or, en aucun cas la foi ne « crée », mais, en certains cas, peut reproduire, car l’Acte créateur n’appartient qu’à Dieu par Sa Parole. Cette fausse compréhension de la foi provient de la logique humaine simpliste qui conçoit matériellement les choses spirituelles. L’Écriture déclare que « la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas… ». La foi n’est pas la « création » des choses que l’on espère, ni de celles que l’on ne voit pas, elle en est la « démonstration ». La foi ne crée pas, elle démontre les choses espérées, parce qu’elles existent déjà, et leur donne accès en nous. Ainsi, en allant au-delà du domaine de la foi, l’âme s’ingérerait dans un domaine qui ne lui appartient pas, et qui aurait pour conséquence de conforter, non pas son assurance en Christ, mais plutôt sa propre assurance, qui lui voile la Pensée de Dieu.

  Après avoir dit à un figuier, auquel il ne trouva que des feuilles : « Que jamais fruit ne naisse de toi… ! » Jésus répondit aux disciples, étonnés de ce que le figuier avait séché en un instant : « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez… » Matt 21:19-22. Est-il parole plus simple et plus claire au sujet de la foi que celle-ci ? Et, cependant parfois, quel décalage entre cette vérité et la réalité dans nos vies de chaque jour. Mais quelle est notre compréhension de ces Paroles de Jésus ? Avons-nous déjà, à l’avance, fixé dans notre pensée les choses que nous voulons demander et recevoir de Lui ? Si c’est le cas, nous tomberons vite dans le découragement, pourquoi ? Parce que nous isolons ces Paroles de Jésus des autres vérités de l’Ecriture qui concernent la foi, comme d’ailleurs en ce qui concerne aussi beaucoup d’autres vérités, tirées hors du contexte de la Parole de Dieu. En effet, une personne qui dit être sauvée, sans tenir compte de l’obéissance et de la sanctification, a-t-elle vraiment saisi le salut ? Une personne qui recherche les Dons de l’Esprit, sans rechercher le Fruit de l’Esprit, manifeste-t-elle vraiment les dons, ou par quel esprit ? Une personne qui croit au Retour de Jésus, sans s’y préparer en veillant et en priant, sera-t-elle prête ce jour-là ? C’est donc par la connaissance de toutes les Paroles au sujet d’une vérité que nous comprenons et que nous vivons cette Vérité avec équilibre spirituel et un fruit éternel.

  Chacun de nous est différent, vit une situation différente, et a reçu une vocation de la part de Dieu qui lui est propre. Il s’ensuit que la même Parole, en ce qui concerne la foi, peut s’appliquer à chacun de nous différemment : vérité que l’homme spirituel, par sa maturité éclairée, reconnaît et accepte. Ainsi, par la foi, une âme recevra aussitôt la chose qu’elle a demandée ; une autre âme, par la même foi, devra l’attendre ; une autre encore, par la même foi, recevra une chose différente de celle demandée ; une autre, enfin, ne recevra pas, mais, après en avoir compris le « pourquoi », remerciera Dieu pour Sa grande Sagesse de ne pas lui avoir répondu… et cela aussi par la même foi.

  Plus que ses activités, ses connaissances et ses dons, ce qui subsistera du témoignage d’un croyant sera toujours sa foi, c’est-à-dire, sa fidélité et sa persévérance en Dieu. C’est là la trace de la foi dont il est dit que « pour l’avoir possédée, les anciens ont obtenu un témoignage favorable… » Héb 11:2. Et c’est de cette même foi que nous vivons, ainsi que l’écrit Jude : « Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire, afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes… » Jude 1:3. La « foi transmise » a traversé les temps depuis Abel « qui par elle, dit l’Écriture, parle encore, quoique mort… » Héb 11:4. La foi est le « soubassement » spirituel du croyant, soubassement reposant lui-même sur le Fondement de la Parole de Dieu. L’on comprend que la foi soit la cible d’attaques de l’adversaire par le doute, la crainte, l’impatience, la déception, le découragement. En fait, outre les temps où le Seigneur nous visite par Son Esprit pour nous fortifier, c’est lorsque nous ne la « sentons » pas que la foi est d’autant plus présente en nous, c’est même lorsqu’elle nous semble insuffisante qu’elle est la plus forte ! Car, quand l’épreuve survient ou quand nous touchons le fond de l’abîme, c’est alors que nous découvrons que lorsque nous touchons le fond… nous touchons à Jésus.