M220 – ATTENDRE DES CIEUX SON FILS …

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  « Non seulement, en effet, la parole du Seigneur a retenti de chez vous dans la Macédoine et dans l’Achaïe, mais votre foi en Dieu s’est fait connaître en tout lieu, de telle manière que nous n’avons pas besoin d’en parler. Car on raconte, à notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils, qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir… »   I Thess 1:8-10.

  L’apôtre Paul écrit aux croyants de Thessalonique combien leurs conversions à Dieu, et les fruits qui en ont découlé, étaient connus des autres églises. Leur attente du Fils de Dieu était l’une des profondes aspirations que fit naître en eux l’Esprit-Saint. Dans l’Église primitive, ainsi que dans les réveils spirituels successifs, l’attente du Retour de Jésus était, et est toujours, une Réalité fondamentale et vivifiante. D’ailleurs, cette aspiration à l’Avènement du Seigneur, qui consiste à s’y préparer en se sanctifiant, est la preuve même d’un réveil authentique. Toute manifestation ou expérience, dans lesquelles cette attente, ainsi que la repentance seraient absentes, sont à discerner comme n’étant pas une Visitation venant de l’Esprit de Dieu.

  Qu’il s’agisse de la seconde Venue de Jésus, comme ce le fut lors de la première, l’attente spirituelle est l’aspiration profonde du croyant. En effet, Simon, dans le temple, qui reçut dans ses bras l’Enfant Jésus « attendait la consolation d’Israël… » Luc 2:25. Anne, la prophétesse, qui survint à ce moment-là, parlait déjà de Jésus à tous ceux qui « attendaient la délivrance de Jérusalem… » Luc 2:38. Joseph d’Arimathée, qui descendit le Corps de Jésus de la croix « attendait aussi le Royaume de Dieu… » Marc 15:43. Tous ceux-ci attendaient le Messie promis. Quant à nous, dit l’Écriture « Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut… » Héb 9:28. Ceci est plus qu’une nuance, car cette attente, ou l’absence de celle-ci, nous rend participants, ou non, de « la Gloire qui doit être manifestée… » I Pier 5:1. L’Écriture ne dit-elle pas qu’il faut que celui qui s’approche de Dieu « croie » que Dieu existe, et, non seulement que Dieu existe, mais qu’Il est le « Rémunérateur de ceux qui le cherchent… ? » Héb 11:6. Certes la foi suffit, non seulement pour connaître la Grâce de Dieu, mais encore pour recevoir le « contenus » de cette Grâce.

  De même qu’il y a diverses attentes et aspirations, de même il y a diverses sortes d’espérances : espérances spirituelles, et aussi charnelles ; espérances célestes, et aussi terrestres. En effet, notre espérance est de la nature de ce que nous espérons, c’est-à-dire de la chose espérée, soit divine soit humaine. Or, l’espérance dans l’attente du Retour du Seigneur ne peut être que de nature spirituelle, puisque, comme le dit l’Écriture, « cette espérance nous est réservée dans les cieux… » Col 1:5, et non pas en ce monde, ni en les biens de ce monde. Ainsi, la foi prend patience en puisant l’espérance, non pas en nous, ni en elle-même, mais « dans les cieux », c’est-à-dire, « en Christ » qui inspire nos prières et épure nos aspirations, ce qu’atteste cette parole de l’apôtre Jean, disant : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur… » I Jean 3:2-3. Le fait même d’espérer en Jésus nous purifie, en ce que cela opère au-dedans de nous cette ouverture intérieure, par laquelle nous recevons déjà la Vie et la Sainteté de Celui que nous attendons.

  Il est des exaucements de Dieu qui répondent à des besoins immédiats, mais la disposition spirituelle et permanente du racheté consiste en l’attente patiente de l’accomplissement des Desseins de Dieu. L’apôtre Paul, s’adressant aux Romains, écrit : « … Nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps… » Rom 8:22-23. Or, de même que pour recevoir, ici-bas, tout ce qui nous est réservé de la part du Seigneur, tout n’est que patience aussi en ce qui concerne l’attente du Jour de Son Retour. Jacques, parlant de « l’épreuve de la foi », écrit : « Il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien… » Jac 1:3-4. Ainsi, notre attente du Fils de Dieu se vit également par la patience, car la patience est formatrice en ce qu’elle façonne nos cœurs à ne plus se regimber contre les « aiguillons » du Seigneur.

  Il est donc à relever que, non seulement l’absence d’aspiration, mais aussi l’existence de certaines aspirations peuvent faire obstacle à l’attente spirituelle. En effet, combien d’ambitions personnelles, de désirs terrestres peuvent prendre la place, soit de l’aspiration à ressembler au Fils de Dieu, soit de l’attente de Son Avènement, d’où l’exhortation de l’Écriture, disant : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en-haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en-haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire… » Col 3:1-4. Nous sommes « ressuscités », nous sommes « morts » et nous sommes « cachés », dit l’Écriture, et cela en même temps ! Et c’est en de tels cœurs que se manifeste la recherche des choses d’En-Haut. En effet, la Mort et la Vie de Christ, agissant au-dedans de nous, sont paradoxalement des « éléments » spirituels suscitant en nous l’aspiration aux choses célestes. D’où il s’ensuit que l’aspiration de l’homme régénéré, sa soif spirituelle n’est pas qu’un simple aspect de sa vie spirituelle, car elle révèle également l’authenticité de sa nouvelle naissance.

  L’Écriture nous apprend que, non seulement le fait d’attendre est le propre du racheté, mais que notre Seigneur Jésus Lui-même aussi « attend… », mais, évidemment, pour des motifs différents. En effet, Jésus « … après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu, attendant désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied… » Héb 10:12-13. Jésus « attend », car, dit encore l’Écriture : « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun ne périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance… » II Pier 3:9. Jésus attend, enfin : « Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort… » I Cor 15:25-26. Et ces ennemis spirituels qui sont aussi les nôtres, Jésus, depuis lors, les combat par Sa Force Toute-puissante par Son Esprit en nous. Dans ce combat, la persévérance et la sanctification ont une efficacité, au point que notre vie spirituelle a une incidence sur le Jour du Seigneur, ainsi que le dit l’Écriture : « Puis donc que toutes ces choses doivent se dissoudre, quels ne devez-vous pas être par la sainteté de la conduite et par la piété, attendant et hâtant l’avènement du Jour de Dieu… ? » II Pier 3:11-12. Ainsi, non seulement nous « attendons », mais nous « hâtons » cet Avènement du Jour de Dieu. Notre attente est une attente active et non passive. En fait, nous « hâtons » l’Avènement, non pas en « avançant » le Jour que Dieu a fixé de Sa propre Autorité, mais en discernant, à l’avance, les signes avant-coureurs de cet Avènement vers lequel tout en nous tend.

  Le Livre de la Révélation déclare : « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui, qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l’eau de la vie, gratuitement… »   Apo 22:17. Notre attente des cieux, notre attente du Fils de Dieu consiste en cette soif constante des Profondeurs divines. Et cette soif spirituelle est à même d’éclairer ce qui, en nous, nous empêcherait de recevoir la Plénitude spirituelle. Plénitude de laquelle découlent la Joie et la Force suffisantes pour nous préparer à rencontrer l’Epoux divin. Qui ne crierait donc pour être délivré de ce qui le retient encore dans son attente, afin de pouvoir s’écrier avec l’apôtre Jean : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus… ! » Apo 22:20. Car, que nous mourrions sauvés dans la foi en Christ ou que nous vivions pour être enlevés avec Lui lorsqu’il reviendra, une chose est certaine, la même foi et la même soif de L’attendre nous habitent.