M219 – SI QUELQU’UN ME SERT …

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    « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive : et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera… » Jean 12:24-26.

  Ceci se comprend, ô combien ! Qu’une âme, ayant reçu Jésus-Christ comme son Sauveur, ait la joie et le zèle de Le faire connaître et de témoigner du bonheur d’avoir reçu le pardon de ses péchés et la vie éternelle. Or, le fruit du témoignage que le Seigneur demande de Ses enfants sera différent suivant les dons ou le ministère particulier, que le croyant aura reçu de Lui. Que ce soit par l’annonce de l’Évangile, par l’enseignement ou par les diverses manifestations de l’Esprit ; qu’il y ait une moisson d’âmes ou quelques « épis », l’important n’est pas le nombre, qu’il soit grand ou petit, mais notre fidélité à l’appel reçu ; car l’Esprit de fidélité est totalement étranger à l’esprit de statistique et de « dénombrement » en quelque domaine que ce soit… L’ Approbation intérieure de la part du Seigneur suffit.

  En quoi consiste le service dans le Seigneur ? Dans quel esprit ce service s’accomplit-il ? Ésaïe, prophétisant au sujet du « Serviteur juste » à venir, dit : « Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours ; et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards… » Ésaïe 53:10-11. Avant d’être un service, le « travail de l’âme » de Jésus fut une souffrance, qui consista pour Lui à « goûter la mort » ici-bas, ainsi qu’il le dit Lui-même à Ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit… » Jean 12:24. Jésus a porté beaucoup de fruit, parce qu’il a suivi la Volonté de Son Père jusqu’à la mort sur la Croix, d’où a jailli la Vie. Depuis lors, l’Esprit de Jésus manifeste en nous le Fruit de Sa Mort par Sa Vie de résurrection. En étant nous-mêmes « tombés en terre », la Semence de Dieu en nous communique Son fruit par nous  à autrui. En effet, en restant « seul », nous vivons notre propre vie qui, elle-même, fait obstacle en nous à la Vie de Dieu ; tandis qu’en mourant, en renonçant à nous-mêmes, c’est la vie de nos propres forces qui disparaît, offrant cette ouverture intérieure, par laquelle l’Esprit de Dieu agit en nous.

  A des Juifs qui lui demandaient : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé… » Jean 6:28-29. Jésus leur répondit, non pas au sujet des « œuvres », mais de « l’Œuvre » de Dieu, qui est de croire ; et croire en Dieu inclut le fait, non pas de servir Dieu pour Le suivre, mais d’abord de Le suivre pour le servir. Où et comment donc est conduite l’âme qui sert Dieu ? Elle l’est dans la même Direction et avec les mêmes Dispositions dans lesquelles Jésus, en tant que Fils, a suivi Dieu Son Père. Quant à nous, en tant que rachetés, Jésus dit : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive… » Luc 9:23. Ainsi, l’une des conditions d’un service fructueux se résume dans ces Paroles de Jésus, disant : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive… ». Mais, bien souvent, nous inversons l’ordre des Paroles de Jésus. Cependant, Jésus n’a pas dit : si quelqu’un me « suit », qu’il me « serve », mais : si quelqu’un me « sert », qu’il me « suive ». Car ce n’est qu’en suivant Christ, que nous perdrons nos propres forces et que nous recevons les Siennes, qui alors nous rendent capables de Le servir.

  A des Juifs qui s’étonnaient, disant : « Comment connaît-il les Écritures, lui qui n’a point étudié ? Jésus leur répondit : Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui… » Jean 7:15-18. Tout croyant qui ne parle que de ce qu’il fait, a fait, et fera, révèle par là qu’il suit plus son service pour Dieu que Dieu Lui-même, comportement qui s’attire aussi ces paroles de l’Écriture, disant : « Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au Chef (Christ), dont tout le corps (l’Église), assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne… » Col 2:18-19. Aussi, quand nous nous soumettons avec joie à Christ, notre Chef, quand nous recevons la Parole de Dieu et non pas des doctrines humaines, qui suscitent une relation idolâtre avec l’homme qui les apporte, nous sommes alors gardés de toute erreur. Car un service inspiré de l’Esprit de Dieu révèle aussi notre position spirituelle dans le Corps de Christ, dans lequel nous sommes, en même temps, « ouvrage » de Dieu : Eph 2:10 et « ouvriers »  avec Dieu : I Cor 3:9.

  Approfondissant cette réalité spirituelle, Jésus dit : « Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle… » Jean 12:25. Ces Paroles de Jésus s’appliquent à la vie spirituelle de chacun de nous, et elles concernent aussi notre service pour Lui. Car c’est précisément dans notre manière de servir Dieu, et donc de Le suivre, que se révèle notre « amour » ou notre « haine » envers notre propre vie. En effet, le serviteur qui aime encore sa propre vie se révèle en ce qu’il s’approprie l’œuvre que la Grâce a opéré au travers de lui, tandis que celui qui hait sa propre vie, qui a renoncé à lui-même, celui-ci a compris que ce que Dieu a accompli appartient, non à lui-même, mais à Dieu. Le croyant qui porte véritablement les âmes dans la prière est celui qui sait qu’elles ne lui appartiennent pas, car en Christ le zèle le plus pur se trouve toujours en l’homme désintéressé. Le moissonneur reçoit son salaire, mais non pas la moisson qui appartient au Maître.

  Lorsque Jésus choisit Ses disciples, Son Appel se résuma en ces termes : « Toi, suis-moi… » Matt 9 : 9. Ce que Jésus nous demande, avant même de Le servir, c’est donc de Le suivre ; et suivre Jésus, c’est lui obéir, seule attitude de soumission propre à recevoir le discernement des œuvres à accomplir. En effet, le fait même de suivre spirituellement consiste, non pas à quitter un lieu pour un autre, mais à quitter un état d’esprit pour un autre Esprit, à laisser notre vie pour une autre Vie, à perdre quelque chose de soi-même pour recevoir pleinement Celui auquel nous sommes appelés à ressembler, notre Seigneur Jésus-Christ. Car, avant toute activité pour Dieu, le fait même de Le suivre, c’est déjà Le servir. Dans le livre de l’Apocalypse, la première description du Christ à l’ange de l’Église d’Éphèse, la première des sept Églises, Jésus est révélé comme « Celui qui marche au milieu des sept chandeliers… » Apo 2:1. En suivant donc Celui qui « marche » au milieu des Églises, nous entrons dans les Desseins de Dieu révélés en Son Fils. Le Plan de Dieu défile devant nos yeux spirituels, révélé par les Vérités de la Parole et par les Pensées de Son Esprit, de même que par les attentes et les silences qui font aussi partie de la « Sagesse infiniment variée de Dieu… » Eph 3:10. Voilà en quoi consiste le service spirituel résultant de notre marche intérieure en Jésus. Car toute activité dans l’Œuvre de Dieu découle toujours d’un service « en Esprit » qui précède l’action, l’inspire et la conduit.

  Il est frappant de relever qu’au moment où Jésus parla aux disciples de Le suivre, Son âme était déjà « troublée… » Jean 12:27, devant l’imminence de Son jugement et de Sa crucifixion. Jésus, Don de l’Amour de Dieu, fut le Sacrifice expiatoire pour nos péchés. Or, ce sacrifice fut Son ultime Service, à la fois ignominieux et triomphant, parce que Jésus suivit la Volonté du Père jusqu’à son terme, jusqu’à la mort sur la Croix ; de cette croix d’où, ensuite, le Père L’éleva dans la Gloire, pour y introduire, à sa suite, ceux qui croiront en Lui. Ce sont là les traces que notre Sauveur nous a laissées, traces qui, seules, façonnent celui qui les suit, et qui font que « le disciple n’est pas plus que le maître ;  mais que tout disciple accompli sera comme son maître… » Luc 6:40.