M218 – SEMBLABLES A L’IMAGE DE SON FILS …

Format PDF

  « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés… » Rom 8:28-30.

  Avant de sonder le mystère de la prédestination, qui relève de la seule résolution du Conseil de la Volonté divine, l’Écriture nous fait d’abord connaître le but de celle-ci pour notre vie, à savoir, « être semblables à l’image du Fils de Dieu… ». Et ce but est si élevé et glorieux, que Dieu résolut de nous rendre progressivement semblables à Jésus ici-bas, déjà, en attendant de l’être parfaitement, face à face avec Lui dans Sa Gloire. Dieu rend l’homme qu’il a racheté semblable à Lui, parce que Lui-même se rendit semblable à l’Homme en la Personne de Son Fils. Jésus, en effet, n’a jamais demandé ni ordonné une chose à quiconque, sans l’avoir d’abord vécue Lui-même, afin de nous en donner, et l’exemple et la force par Sa Vie demeurant en nous, ainsi qu’il le dit Lui-même : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour… » Jean 15:10. Ainsi, en étant « l’Image du Dieu invisible… » Col 1:15, Jésus dut connaître, en tant que « Fils de l’homme », l’application en Lui-même de « l’image du terrestre ».

  L’Écriture rapporte que « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme… » Gen 1:27. Cependant, à cause de la transgression d’Adam, l’homme a perdu sa ressemblance avec Dieu, son péché a fait de lui une « image perdue », et c’est cette image que nous avons à retrouver. Or, pour ressembler de nouveau à l’Image de Dieu, il est besoin de recevoir la Révélation spirituelle de ce qu’elle représente. En effet, Jésus, répondant à Philippe qui lui demandait de leur montrer le Père, dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi… ? » Jean 14:9-10. Cependant, pour que l’Image visible de Jésus laisse apparaître l’Image invisible du Père, le « voile », c’est-à-dire, la « chair » de Jésus doit être percée par Sa crucifixion ; et Sa chair déchirée, à son tour, déchire le « voile » intérieur de notre cœur qui reçoit la Révélation de l’Origine divine du Fils, Auteur de notre Salut éternel. Jésus n’a-t-il pas dit aux Juifs : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon que le Père m’a enseigné… » Jean 8:28.

  Ainsi, l’Image de Dieu, défigurée en l’homme par le péché depuis la désobéissance du « premier Adam », a été restituée par l’obéissance de Celui qui nous a rachetés, Jésus « le Dernier Adam » I Cor 15:45. Et ce travail de l’Esprit, en vue de notre ressemblance avec Dieu, consiste en ce revêtement intérieur de « l’homme nouveau » au sujet duquel l’apôtre Paul écrit : « Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé… » Col 3:9-10. Dieu est Lui-même le Modèle de l’Image qu’Il imprime en nous, et qui est cet « homme nouveau », créé en nous et uni à Lui par la Mort et la Résurrection de Jésus, Son Fils.

  Il est tant de choses après lesquelles soupirent les croyants, les unes sont légitimes, tandis que d’autres sont la poursuite de buts personnels, terrestres en opposition à ce qui est spirituel. Combien avons-nous donc besoin de veiller et de prier, sachant que la seule aspiration, la seule attente à laquelle l’Écriture nous exhorte est la recherche des choses spirituelles, ainsi que le dit l’Écriture : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en-haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en-haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire… » Col 3:1-4. Cette aspiration, cette recherche est toujours inspirée d’une vision intérieure des Choses divines, l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit… » II Cor 3:18. Il résulte de ces paroles que ce que nous contemplons se reflète en nous et nous transforme, parce que les Choses divines, vues par l’Esprit, agissent en celui qui les « voit ». Ainsi, la contemplation, par l’Esprit, de la Gloire de Dieu applique Son Image en nous, en imprimant le « Caractère » du Fils de Dieu dans notre « homme intérieur ».

  L’Écriture dit : « Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre ; le second homme est du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste… » I Cor 15:47-49. Dans notre vie spirituelle, ici-bas, toute notre marche consiste à passer de l’image terrestre à cette image céleste que nous porterons pour l’éternité. Entre ces deux « images », nous sommes appelés à vivre des temps de renouvellements par l’Esprit, durant lesquels, autant que nos victoires, nos faiblesses mêmes qui nous tiennent dans l’humilité, nous aident à y parvenir.

  La vie spirituelle, loin d’être toujours une ligne droite, est, parfois sinueuse ou brisée, que Dieu, dans Sa Patience et dans Sa Miséricorde, doit bien souvent redresser. De là, l’impossibilité pour un homme, qui n’est pas « né de nouveau », de chercher à ressembler à l’Image de Christ. Car, sans  régénération, cette aspiration aboutit à une imitation, et non pas à une identification avec Christ, alors que le croyant régénéré, malgré ses faiblesses, s’écrie comme le Psalmiste : « J’ai constamment l’Éternel sous mes yeux ; quand il est à ma droite, je ne chancelle pas … » Ps 16:8. Et cela, parce qu’il est devenu « une même plante » avec Christ : Rom 6:5. Cette constance à contempler l’image invisible du Seigneur et cette aspiration à y ressembler reçoivent leur force de cette espérance vivante qu’expriment ces paroles de Jean, disant : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté, mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur… » I Jean 3:2-3.

  L’Image à laquelle nous avons à ressembler est un Visage, et ce Visage n’est autre que l’Exemple de notre Maître bien-aimé ; car Jésus Lui-même dit : « le disciple n’est pas plus que le maître ; mais tout disciple accompli sera comme son maître… » Luc 6:40. Que nous soyons moins que le Maître, nous en sommes bien conscients, mais comment serait-ce possible d’être « plus » que Lui ? Et, pourtant, nous croyons l’être, sans nous en rendre compte, comment cela ? En ne voulant pas abandonner ce à quoi nous tenons le plus, alors que Jésus, dit l’Écriture « … pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis… » II Cor 8:9 ; ou en ne voulant pas souffrir à cause de Son Nom, alors que Jésus, Lui « … a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes… » Héb 5:8 ; ou encore en ne voulant pas renoncer à nous-mêmes, alors que notre Seigneur « … existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes… » Phil 2:6-7.

  Tout ceci nous apprend qu’il n’est pas possible de conserver notre « moi », c’est-à-dire, cette « bonne image de soi », tout en aspirant à être semblables à l’Image du Fils de Dieu. Car le fait d’être connus d’avance et prédestinés à la ressemblance de Jésus révèle, ô combien, est grande cette aspiration qui remplit le cœur des rachetés dont la propre image s’efface devant l’Image de Celui « qui nous a aimés le premier… » I Jean 4:19, et a purifié nos cœurs. Et c’est là ce que nous sommes devenus, nous a qui il été donné de voir briller « la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu… » II Cor 4:4, « Splendeur de l’Évangile », « Espérance de la gloire », voilà ce qu’est, en nos cœurs, Christ ressuscité. Car, de Jésus, le « Message » et l’« Image » ne font qu’un.