M216 – IL LEUR OUVRIT L’ESPRIT …

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  « Puis il leur dit : C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses… » Luc 24:44-48.

  Avant d’être enlevé au ciel du milieu de Ses disciples, Jésus leur accorda une grâce particulière : « Il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures… » A partir de ce moment-là, les disciples commencèrent à comprendre les Écritures, c’est-à-dire, les écrits de Moïse, les Prophètes et les Psaumes, ainsi que les Paroles de Jésus qui les confirmaient. Or, le jour même de Sa Résurrection, alors que deux disciples se rendaient au village d’Emmaüs, Jésus Lui-même, ressuscité, s’approcha d’eux et fit route avec eux, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Pendant le repas du soir, au moment où Jésus rompit le pain : « Alors leurs yeux s’ouvrirent, dit l’Écriture, et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures… ? » Luc 24:31-32. Jésus expliqua, littéralement « ouvrit » la Parole aux disciples, de la même manière qu’Il ouvrit les yeux de leur esprit.

  Il en est de l’ouverture des Écritures à nos cœurs, comme du vase d’albâtre renfermant le parfum de nard pur que cette femme répandit sur la tête de Jésus, dans la maison : Marc 14:3. Elle répandit le parfum en rompant le col du vase. Jusqu’alors, 1’on voyait le vase qui contenait le parfum, depuis son brisement, l’on connut alors le parfum que répandit le vase, c’est-à-dire, non seulement le parfum de nard, mais aussi la réalité que désignait ce nom. Il en est de même de l’Écriture, elle aussi « ouverte », révélée par l’Esprit, et ne le fut qu’en Jésus-Christ Lui-même « blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités… » Es 53:5. Jusqu’alors la Parole était connue « selon la lettre », depuis lors, elle l’est « selon l’Esprit », et cela au travers de la Mort et de la Résurrection de Jésus, qui firent jaillir la Lumière et la Vie, contenues dans la Parole, et reçues dans nos cœurs.

  La compréhension des Écritures se reçoit donc par une ouverture spirituelle opérée, non pas en mettant de côté notre intelligence, mais par la transformation et le renouvellement de celle-ci par le Saint-Esprit ; car l’absence de réflexion n’a jamais été un signe de spiritualité. Ainsi, il s’agit de cette intelligence qui était ce que nous étions nous-mêmes « étrangers et ennemis de Dieu par nos pensées et par nos mauvaises œuvres… » Col 1:21, et qui, elle aussi, a besoin d’être « rendue à la vie avec Christ… » Eph 2:5. Car dans le domaine spirituel, contrairement au monde naturel, ce n’est pas la lumière qui donne la vie, mais la vie qui donne la lumière : Jean 1:4. Comme l’Esprit de Vie reçu en nous est de la Nature de la Parole, la Parole alors s’éclaire en nous par le même Esprit.

  Saisi par l’Esprit de Dieu, David exprima des paroles se rapportant prophétiquement à Jésus, en disant : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté… » Héb 10:5-7. Etant sans péché, Jésus n’eut pas besoin de présenter un sacrifice, Il était Lui-même le Sacrifice ; Il n’eut pas besoin d’apporter une offrande, Il était Lui-même l’Offrande de bonne odeur à Dieu, car Il a dit : « Tu m’as formé un corps… », Ce corps dans lequel Jésus se livra pour expier nos péchés. Ces paroles, tirées du Psaume de David, disent textuellement : « Tu m’as ouvert les oreilles… »  Ps 40:7, au lieu de : « Tu m’as formé un corps… ». Cette variante approfondit et enrichit le Texte divin, en ce sens que « l’oreille creusée » indique une oreille toujours en éveil et à l’écoute de la Parole de Dieu, démontrant par-là, la parfaite obéissance du Fils de Dieu à la Volonté de Son Père. Ainsi, quant à nous, le « corps » qui porte l’oreille et « l’oreille » qui dirige le corps ne font qu’un dans cette obéissance qui, précisément, nous conduit, selon l’exhortation de l’apôtre Paul à « offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de notre part un culte raisonnable… » Rom 12:1.

  Il en est de l’Esprit de Révélation sur un cœur non régénéré, comme du contact de l’huile sainte, dans la loi, sur toute personne ou sur tout objet profane avec les graves conséquences que ceci encourt. De cette huile sainte, en effet, réservée exclusivement pour l’onction des souverains sacrificateurs, du tabernacle, de l’autel, de l’arche et des ustensiles consacrés, l’Éternel dit à Moïse : « Tu parleras aux enfants d’Israël, et tu diras : Ce sera pour moi l’huile de l’onction sainte, parmi vos descendants. On n’en répandra point sur le corps d’un homme, et vous n’en ferez point de semblable, dans les mêmes proportions ; elle est sainte, et vous la regarderez comme sainte. Quiconque en composera de semblable, ou en mettra sur un étranger, sera retranché de son peuple… » Ex 30:31-33. De même, le contact entre l’Esprit et la chair est incompatible, et ne peut que produire une altération de la Parole, et donc de la Vérité, excepté lorsque l’Esprit de la Grâce, ouvrant le cœur du pécheur repentant, l’appelle au salut. Alors que Lydie, la marchande de pourpre, écoutait la Parole de Dieu : « le Seigneur, dit l’Écriture, lui ouvrit le cœur pour qu’elle fût attentive à ce que disait Paul… » Act 16:14. L’Esprit-Saint, qui d’abord convainc de péché, n’enseigne les choses spirituelles à l’homme qu’après l’avoir régénéré. En effet, la Révélation de l’Esprit ne saurait être reçue et comprise que par le cœur purifié par le Sang rédempteur. Car le cœur non régénéré ne peut recevoir la Parole que selon la « lettre », et non selon « l’Esprit » appliquant, par voie de conséquence à la Vérité, un sens différent de celui de la Pensée de Dieu, d’où la source de tant d’erreurs.

  L’homme qui ne comprend pas les Choses de l’Esprit n’est pas celui qui n’aurait pas d’intelligence, mais qui, dit l’Écriture, est « méchant ». Certes, le « mauvais » peut être aussi intelligent, mais ses ténèbres intérieures obscurcissent son esprit et lui voilent les choses spirituelles. Inversement, l’homme qui comprend les choses de l’Esprit, les comprend, non parce qu’il serait plus intelligent que les « méchants », mais parce que son cœur est « pur » à cause de la Parole que Jésus a annoncée : Jean 15:3. Pur, de cette pureté spirituelle qui éclaire notre esprit à comprendre les choses d’En-Haut. Cette vérité est attestée par l’ange s’adressant à Daniel, concernant les temps de la fin, et disant : « Plusieurs seront purifiés, blanchis et épurés ; les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l’intelligence comprendront… » Dan 12:10. De même, le sage dit : « Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est juste, mais ceux qui cherchent l’Éternel comprennent tout… » Prov 28:5. Ces paroles indiquent que ces « intelligents » sont ceux qui, précisément, seront « purifiés, blanchis et épurés ». Ainsi l’intelligence spirituelle découle plus de la pureté du cœur que d’une certaine faculté extraordinaire de comprendre, et quand l’Écriture dit que « ceux qui cherchent comprennent tout… », ceci signifie que ces personnes cherchent, non par elles-mêmes, mais par l’Esprit de Dieu qui les a sanctifiées. Car, de même que l’onction par l’huile sainte était destinée aux choses consacrées ou celles destinées à l’être, de même, l’Esprit de Révélation est reçu par l’âme purifiée, en réponse à ses aspirations de même nature que l’Esprit Lui-même.

  L’œuvre initiale de l’Esprit est donc toujours une ouverture, mais cette ouverture spirituelle ne s’opère jamais sans enlèvement de quelque chose en nous. Ceci nous conduit à considérer la circoncision de la chair prescrite par l’Éternel au peuple hébreu par Moïse, laquelle, déjà, annonçait la circoncision spirituelle, en disant : « L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives… » Deut 30:6. Ensuite, la Grâce étant venue par Jésus-Christ, l’apôtre Paul écrit : « Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ;  et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’Esprit, et non selon la lettre… » Rom 2:28-29. Est-il retranchement plus intime que la circoncision dans la chair ? Or, plus intime encore, en vue de l’éternité, est la circoncision selon l’Esprit de Dieu, qui consiste en l’enlèvement du voile intérieur de notre esprit, ouvrant, par là même, notre cœur à la « Pensée de Christ… » I Cor 2:16. Or, il n’est possible d’être « ouvert » par l’Esprit de Dieu, qu’en acceptant de perdre ce à quoi nous tenons le plus au fond de notre cœur… mais en nous en délivrant, le Seigneur nous affranchit de nous-mêmes, c’est en ceci la véritable liberté.