M214 – PAR LA CONNAISSANCE …

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  «  C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients… » Col 1:9-11.

  « Par la connaissance », selon l’esprit qui l’exprime, nous pouvons être conduits dans la vérité ou dans l’erreur, dans la lumière ou dans les ténèbres, dans la vie ou dans la mort. Nous réalisons donc combien est grand le pouvoir de la connaissance, ainsi que la nécessité de discerner l’esprit qui l’apporte, car les rachetés sont appelés à « croître par la connaissance ». L’Écriture nous apprend que certains croyants, ayant la connaissance de la Vérité, mangeaient des viandes provenant des sacrifices offerts aux idoles et considéraient le fait d’en manger comme n’étant pas nuisible pour leur vie spirituelle, achoppant par-là les âmes encore faibles dans la foi, d’où cette parole de l’apôtre Paul : « La connaissance enfle, mais la charité édifie… » I Cor 8:1. Or, cette constatation vaut pour toutes les Vérités de la Parole, quand elles sont reçues, et appliquées à autrui sans l’Amour de Dieu. Il n’y a que la Grâce, ou le brisement, qui nous fait découvrir la Connaissance de Dieu au travers de notre vécu spirituel ici-bas.

  Il n’est pas possible de comprendre, et de croître dans la vie spirituelle, par une connaissance humaine des Vérités de Dieu, ni non plus par une connaissance de la Parole comprise « selon la lettre » et non « selon l’Esprit ». Il en est d’ailleurs de même de l’invocation du Nom de Jésus. Jésus dit, en effet, au sujet de ceux qui écoutent la Parole sans faire la Volonté du Père céleste : « Plusieurs me diront en ces jours-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton Nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton Nom ? N’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton Nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité… » Matt 7:22-23. En effet, les manifestations sont authentiques, si cela n’était pas, le Seigneur l’aurait relevé ; mais ce qui est révélateur dans les paroles mêmes de ces personnes, c’est qu’elles disent avoir prophétisé, chassé des démons et fait beaucoup de miracles, « par » Son Nom. L’Écriture utilise aussi en d’autres lieux les expressions « par » le Nom de Jésus, mais le Texte original dans ce passage montre que le « Nom de Jésus » est utilisé par ces personnes comme un « instrument emprunté », et non comme faisant partie de leur vie. Or, lorsque Jésus envoya les disciples prêcher, Il leur dit : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon Nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris… » Marc 16:17-18. L’ordre de Jésus, disant : « En » mon Nom, au lieu de « par » mon Nom, indique, non pas une simple « utilisation » du « Nom de Jésus », mais « l’appartenance » même du croyant à Celui qui porte ce Nom et qui opère ces manifestations. Là se tient toute la différence, qui révèle la Sainteté de Jésus dans la vie du racheté au travers duquel ces dons sont manifestés, selon que l’Esprit de Dieu « les distribue à chacun en particulier comme il veut… » I Cor 12:11.

  Il se trouve qu’une certaine connaissance, qui sert à la compréhension des choses peut être, elle-même, l’obstacle qui nous empêche de les comprendre. Quelques habitants de Jérusalem disaient de Jésus : « N’est-ce pas là celui qu’ils cherchent à faire mourir ? Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien ! Est-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu’il est le Christ ? Cependant, celui-ci, nous savons d’où il est, mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est… » Jean 7:25-27. Pour ces Juifs, le simple fait de savoir « d’où » était Jésus, c’est-à-dire, de Nazareth, était donc suffisant, croyaient-ils, pour le « connaître » véritablement. Or, c’était justement cette connaissance de son état de « fils du charpentier » Matt 13:55, qui les empêchait de reconnaître Jésus comme étant le « Fils de Dieu ». Une connaissance « terrestrement » vraie, mais spirituellement incomplète, retient l’âme à mi-chemin de la Vérité.

  La Samaritaine dit à Jésus qui lui avait révélé sa vie de péché : « Seigneur, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité… » Jean 4:19-23. La foi de cette femme était voilée par la tradition et altérée par des emprunts faits à la religion de peuples étrangers dont beaucoup de Samaritains étaient issus, religion sans force qui, d’ailleurs, n’avait pu changer sa vie. Mais comment est-il possible d’adorer ce que l’on ne connaît pas ? Tout simplement parce que la tradition produit la superstition, et que la superstition a un rapport erroné avec la Vérité. Ainsi, la fausse connaissance est aussi ténébreuse que l’absence de connaissance, au point que ceux qui connaissent de manière fausse la Vérité en sont aussi éloignés que ceux qui l’ignorent. L’Écriture ne dit-elle pas : « Si quelqu’un croit savoir quelque chose, il n’a pas encore connu comme il faut connaître… » I Cor 8:2. Nous-mêmes, sommes-nous sûrs d’avoir compris selon la Pensée de Dieu, et non selon nos propres pensées ou notre « tradition » le Sens spirituel des Vérités de l’Écriture ? L’homme est toujours enclin ou tenté d’enfermer les Vérités divines dans les limites de son intelligence naturelle. Or, la connaissance humaine, non seulement en voile le sens, mais en réduit la Puissance de Vie, qui seule nous affranchit et nous vivifie. Car seule la foi vivifiée par l’Esprit reçoit, dans toute leur efficacité, l’intelligence des Profondeurs de Dieu.

  L’Écriture nous rapporte un sublime face à face entre Dieu et le prophète Moïse, dans lequel s’exprime l’inexprimable : « Moïse dit à l’Éternel : Voici, tu me dis : Fais monter mon peuple. Et tu ne me fais pas connaître qui tu enverras avec moi. Cependant, tu as dit : Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce à mes yeux. Maintenant, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux… » Exo 33:12-13. Moïse ne connaissait-il pas l’Éternel ? N’avait-il pas sur Son Ordre opéré les dix plaies en Égypte, ainsi que des signes, des prodiges et des miracles dans le désert de Cham ? L’ouverture de la Mer rouge devant le peuple d’Israël et les eaux refoulées sur l’armée des Égyptiens ? Qu’avait-il encore besoin de connaître l’Éternel ? Or, l’Éternel dit : « Je ferai ce que tu me demandes, car tu as trouvé grâce à mes yeux, et je te connais par ton nom. Moïse dit : Fais-moi voir ta gloire. L’Éternel répondit : Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde… » Exo 33:17-19. Au-delà même de tous les prodiges dont Moïse fut l’instrument, son cœur soupirait après la Plénitude de la Présence de Dieu et de la Profondeur de Ses Desseins. Il demanda à connaître la Révélation des Voies de l’Éternel, puis, il perçut qu’il pouvait demander la Vision, la Visitation de Sa Gloire, et, enfin, quand il entendit le Nom de l’Éternel, proclamé de la bouche même de l’Éternel, il sut alors que la Gloire, que la Bonté de l’Éternel passait devant lui ! Ainsi, d’entre toutes les Manifestations, par lesquelles Dieu se révéla à lui, Moïse connut que Sa Bonté, c’est-à-dire, Sa Grâce, était la plus grande et la plus glorieuse.

  Ayant été « dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et avoir revêtu l’homme nouveau, dit l’Écriture, celui-ci se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé… » Col 3:9-10. Nous « croissons donc par Sa connaissance… » Col 1:10, en étant « renouvelés dans cette connaissance même… ». Cette connaissance spirituelle consiste en la Vie de Dieu et de Ses Pensées communiquées par Son Esprit en nous, et qui constituent notre communion avec Lui. Et l’Esprit-Saint transforme au-dedans de nous la Connaissance divine en Aliment spirituel qui nous fait croître à la Ressemblance de Dieu. C’est là l’opération mystérieuse de l’Esprit de Vie, par lequel la Parole de Dieu rendue vivante et vivifiante « parle » en nos cœurs.