M213 – IL ENTRERA ET IL SORTIRA …

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  « Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance… » Jean 10:7-10.

  Autres sont les choses terrestres, autres les choses célestes, et, par conséquent, autre est la compréhension des choses terrestres et la compréhension des choses célestes. A Nicodème, qui ne comprenait pas la nécessité de naître d’eau et d’Esprit pour entrer dans le Royaume de Dieu, Jésus dit, en effet : « Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes… ? » Jean 3:12. Ainsi, en disant aux Juifs : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé… », Jésus poursuit : « … il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages… ». Ici-bas, quand nous entrons dans un espace clos, nous venons de l’extérieur à l’intérieur de celui-ci. Or, spirituellement, il en est le contraire, quand nous « entrons » en Christ, nous « sortons… », nous sortons de l’esprit du monde, pour trouver à l’Intérieur même de Jésus les « pâturages » sans limites des Richesses de Sa Parole et de la Plénitude de Sa Vie. L’Intérieur est plus grand que l’extérieur, l’espace en Christ est plus grand que l’univers. Ainsi, alors que le diable tente de nous faire croire que la vie en Christ est une vie limitée, même entravée, l’Esprit de Dieu, au contraire, nous révèle que « la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur… » Eph 3:18, dans le Seigneur sont, au-delà de toute mesure, plus grandes que ne l’est le monde avec ce qu’il contient… comme ce qu’il promet ! Nous sommes d’autant plus « à l’étroit » en ce monde, que nous sommes « au large » en Christ. Nous le réalisons, d’ailleurs, chaque fois que nous avons cherché telle ou telle chose en dehors de Jésus, alors que Lui seul peut nous l’accorder.

  Une fois entrés en Christ, s’ouvrent à nous les pâturages illimités de la Parole de Dieu. Ces richesses, ces profondeurs promises constituent « … le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science… » Col 2:2-3. L’on peut, en effet, croire en Christ, aimer Christ, servir Christ sans pleinement Le connaître « intérieurement ». Il en est comme de celui qui, possédant un coffre et le gardant jalousement, ignorerait tout du trésor qu’il contient. Or, une chose connue seulement de « l’extérieur », et dont le contenu, qui en fait l’authenticité et la valeur, est méconnu, peut-elle véritablement nous appartenir ? L’on se trouve alors dans la même disposition de ces Juifs, auxquels Jésus dit : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie… » Jean 5:39-40. La démarche de ces Juifs était correcte et l’on se serait attendu à ce qu’elle aboutît, or, il n’en fut rien. En fait leur manière de chercher constituait l’obstacle même à recevoir ce qu’ils cherchaient. L’apôtre Paul, en effet, écrit au sujet de ceux de sa nation : « Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu ; car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient… » Rom 10:2-3. Aussi, bien que sondant la Parole et recherchant la Justice, l’esprit même qui animait leur recherche les éloignait de l’Esprit de la Parole, la réduisant à une justice « selon la lettre », révélant en cela leur propre justice. Plus l’on s’approche de la Parole avec sa propre justice, et plus l’on s’éloigne de la Justice de Dieu. Et cette attitude peut se rencontrer au sujet de toutes les Vérités de l’Écriture.

  Il n’y a aucune différence entre connaître Jésus et comprendre la Parole. En effet, Jésus est « la Parole faite chair » Jean 1:14, et, en elle, la Personne de Jésus et la Parole de Dieu ne font qu’Une. Nous sommes appelés par la Parole à connaître Jésus, comme Jésus, ici-bas, connut le Père et nous le révéla, ainsi qu’il le dit Lui-même : « Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis… » Jean 10:14-15. Cette connaissance que le Fils a du Père remonte au commencement où Christ « était avec Dieu », et, en tant que Parole, « était Dieu » Jean 1:1, là où le Fils était seul à « voir » le Père, ainsi que le dit l’Écriture : « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître… » Jean 1:18. « Personne n’a jamais vu Dieu… », excepté Jésus « qui est dans le sein du Père », et qui donc nous l’a fait connaître. Cette Parole nous révèle l’Existence et la Position, avant les temps éternels, du Fils en Dieu ; elle nous apprend que Jésus voyait la face du Père, non pas en étant à l’extérieur de Lui, mais « dans son sein… ». Ici-bas, nous voyons une maison lorsque nous sommes, non pas à l’intérieur d’elle, mais à l’extérieur, en face d’elle. Il n’en est pas de même dans le domaine spirituel, Jésus « voyait » le Père « à l’intérieur » de Lui, Il Le voyait « de l’intérieur ». Et, dès lors, de ce Principe divin découle la compréhension selon l’Esprit des Vérités de l’Écriture. Nous ne pouvons « voir », c’est-à-dire comprendre, les choses spirituelles qu’en étant, spirituellement, non pas à l’extérieur, mais à l’intérieur d’elles.

  Jésus confirme cette vérité comme étant le point de départ de toute compréhension spirituelle, en disant, lors de Son entretien avec Nicodème : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu… » Et encore : « Si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu… » Jean 3:3, 5. Ce n’est donc pas en devenant plus savant que ce docteur de la loi verra le Royaume de Dieu et y entrera, mais en vivant par l’Esprit de Dieu, le miracle de la « nouvelle naissance ». Comprendre Dieu et les choses spirituelles découle plus d’une transformation intérieure que d’une augmentation de connaissances. Car les vérités, reçues extérieurement par l’intelligence, apportent une information sans changement de cœur. Tandis que les vérités, intérieurement reçues par l’Esprit de Dieu, nous édifient et nous affranchissent de nous-mêmes, parce que les choses profondes de l’Esprit produisent la Sainteté de Dieu, qu’elles impriment en nous.

  De même que « personne n’a jamais vu Dieu », sinon le Fils unique, de même Jésus dit : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel… » Jean 3:13. Au moment où Il dit ces paroles, Jésus était sur la terre, tout en étant « monté au ciel… », « descendu du ciel… », et « dans le ciel… ». En effet, ici-bas, Jésus n’a cessé d’être « dans le Père » qui l’a envoyé. Aussi était-ce précisément cette Force divine qui rendit Jésus capable d’agir, de parler, de souffrir, de mourir et de ressusciter, de se savoir aimé du Père qui lui donna le « pouvoir de donner Sa Vie et le pouvoir de la reprendre… » Jean 10:18. Cette communion du Fils avec Son Père céleste était accompagnée d’une assistance angélique permanente, ainsi qu’il le déclara à Nathanaël, en disant : « Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois, tu verras de plus grandes choses que celles-ci. En vérité, en vérité, je vous le dis : Vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme… » Jean 1:51. Christ caché dans le sein du Père, et tous les trésors de la Sagesse et de la Science cachés en Christ, n’ont été et ne sont révélés que par l’Esprit de Dieu, qui ouvre nos yeux spirituels sur ce « ciel ouvert » de la Parole, qui s’éclaire… et nous éclaire.

  Aussi, ce « ciel ouvert », par lequel, spirituellement, nous nous voyons « environnés d’une si grande nuée de témoins », nous encourage-t-il « à rejeter tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement… » Héb 12:1. Il s’agit là, non pas de l’aide de la part de croyants défunts, mais de cet encouragement de se savoir environnés de témoignages de fidélité, ici-bas, reçus par ceux qui nous ont précédés au ciel, ceci s’accordant avec les paroles de Jude, nous exhortant « à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes… » Jude 1:3.

  « Il entrera et il sortira, et il trouvera… », chaque étape de notre vie spirituelle consiste toujours en une « entrée » et en une « sortie », avec de nouvelles découvertes. Cette nouvelle étape peut être inattendue ou souhaitée, mais, le plus souvent, elle nous est inconnue, sauf de Dieu seul. Aussi, en plaçant notre confiance en Lui, nous recevrons toujours, au terme de celle-ci et selon que Dieu l’a voulu, la compréhension de Ses Desseins à notre égard et, plus qu’une explication ici-bas, la Grâce d’en recevoir la Lumière et la Force d’En-Haut.