M211 – TU NE SAIS D’OÙ IL VIENT, NI OÙ IL VA …

Format PDF

   « Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit… » Jean 3:3-8.

  « Tu ne sais d’où il vient, ni où il va… ». S’agissant du vent, nous le comprenons fort bien, d’ailleurs, même la connaissance de la route des vents, plus précise aujourd’hui qu’autrefois, n’a pas encore révélé tous ses secrets à ceux qui les observent. Mais que ce soit là le comportement de tout homme né de l’Esprit peut nous paraitre étrange, tant il est dit, dans les Écritures, que « tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont Fils de Dieu… » Rom 8:14, et donc « savent, où ils vont… ». Cependant, si une des manifestations de l’Esprit consiste à nous communiquer la Vérité, ce même Esprit, dans des cas particuliers, se révèle aussi en l’absence d’une connaissance. En effet, alors que l’Esprit « nous rappelle tout ce que Jésus a dit… » Jean 14:26, « nous conduit dans toute la Vérité… », et « nous annonce les choses à venir… » Jean 16:13, ce même Esprit, parfois, se tait en ce qui concerne des événements futurs. Il ne s’agit pas d’un manque de connaissance, car la Grâce ne saurait être incomplète, mais d’une partie de la connaissance que Dieu tient en réserve dans le but de nous apprendre à lui faire entièrement confiance dans ce qui surviendra.

  « Celui qui observe le vent ne sèmera point, dit le sage, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera point. Comme tu ne sais pas quel est le chemin du vent, ni comment se forment les os dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l’œuvre de Dieu qui fait tout… » Ecc 11:4-5. « L’œuvre de Dieu fait tout… », même là où, parfois, il nous semble ne pas voir l’Action de Son Esprit dans les vies ou dans ce monde enténébré. En vérité, Dieu n’agit jamais de la même manière dans les âmes qu’Il appelle à Lui, comme en celles qui déjà lui appartiennent. Alors que Pierre avait reçu de Jésus l’indication de sa mort, par laquelle il glorifierait Dieu, l’apôtre, s’étant retourné, et voyant Jean, dit à Jésus : « Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ?… », ce à quoi Jésus répondit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe, toi suis-moi… » Jean 21:21-22. Dieu, dans Sa Sagesse, révèle à l’un sa destinée, et non à un autre. Tout dépend de l’appel adressé par Lui à chacun de Ses enfants et de Ses Serviteurs. Beaucoup de rachetés disent n’avoir jamais reçu de réponses à certaines de leurs prières, ou encore n’avoir jamais compris le pourquoi d’une certaine situation, datant d’avant, ou même depuis leur conversion. Il en est de cela comme si nous ne savions pas « où nous allons… », jusqu’au jour où, cessant de nous débattre et de nous épuiser, nous apprenions, enfin, que nous n’avons plus à chercher à comprendre… et c’est cela, justement, que Dieu voulait que nous comprenions ! Nous découvrons alors que notre insistance dans nos demandes était, non pas de la persévérance, mais de l’obstination, et donc de l’insoumission au Seigneur même, auquel nous adressons nos prières.

  L’Écriture nous rapporte que « c’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait. C’est par la foi qu’il vint s’établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse… » Héb 11:8-9. Dieu se révéla à Abraham en Mésopotamie. Il lui fit la promesse de lui accorder le pays de Canaan, mais sans lui faire connaître le nom de ce pays. Il ressort de cet appel d’Abraham, le « père de la foi », un Principe divin, que l’on retrouve, depuis lors, en ce qui concerne les appels reçus de la part du Seigneur : Principe divin selon lequel les Directions et les Promesses de Dieu auraient besoin, pensons-nous, d’une précision ou d’un supplément d’information, qui nous garantiraient de tout doute. Or, Dieu le veut ainsi, parce que, dans le cas contraire, une connaissance accessible à notre intelligence naturelle ne serait plus qu’une information, et une information n’a pas besoin de foi. Tandis que la partie cachée d’une Parole divine, bien que parfaitement claire selon l’Esprit de Dieu, sollicite la foi qu’elle fait naître, cette foi qui nous rend participants de la Vie du Dessein même de Dieu. Car la foi dans les Mystères et les Silences de la Parole ouvre nos yeux spirituels, qui perçoivent le but éternel des événements terrestres dans nos vies. Cette perspective de l’Éternité suscite en nous une aspiration aux choses célestes, semblable, à celle d’Abraham, qui, déjà, au-delà de ce qui est visible « attendait la cité qui a de solides fondements, et dont Dieu est l’architecte et le constructeur… » Héb 11:10.

  A des pharisiens qui s’opposaient à Jésus, lui disant : « Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n’est pas vrai. Jésus leur répondit : Quoique je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu et où je vais ; mais vous, vous ne savez d’où je viens ni où je vais… » Jean 8: 13-14. Conséquemment à cela, parlant de la « Maison de Son Père » où Il nous préparera une place, Jésus dit à Ses disciples : « Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin… », ce à quoi Thomas répondit : « Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin… ? » Jean 14:4-5. En fait, Jésus nous fait comprendre que nous ne connaissons pas quelles seront les diverses étapes de notre vie ici-bas. Et à Thomas, disant qu’il « ne connaissait pas le : chemin », Jésus lui fit comprendre qu’Il était Lui-même le Chemin, suivant Ses propres Paroles, disant « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi… ». Jean 14:6. Ainsi, être en Jésus, c’est être déjà sur le Chemin, et en chemin. Et le fait de demeurer en Christ nous suffit pour marcher sur ce Chemin avec Sa Force pour affronter ce que nous y rencontrerons, et recevoir Sa Lumière pour discerner ce qui a été préparé pour nous de la part de Dieu.

  Ne pas savoir où l’on va, peut se comprendre, mais ne pas savoir d’où l’on vient, peut paraître incompréhensible. En effet, qui pourrait oublier ses moments de joie et de peines, de bonheur et de douleur ? Comment ne pas se souvenir de ses victoires et de ses défaites, des bénédictions reçues comme des erreurs commises ? Et pourtant, il est possible de ne pas savoir d’où l’on vient. Comment cela ? Quand nous n’avons pas su tirer la leçon d’un échec ou que nous n’avons pas compris la cause d’une faiblesse, c’est alors que nous ne savons pas d’où nous venons. Quand nous n’avons rien appris de la souffrance ou que nous ne nous sommes pas remis en question au sujet d’une faute, c’est en cela que nous ne savons pas d’où nous venons, car ceci suffit à démontrer que nous n’avons rien appris sur nous-mêmes. Aussi, le but pour lequel le Seigneur ne nous dit pas ce qui surviendra, consiste à nous apprendre à tirer la sagesse découlant des expériences de notre vie passée, sagesse dont nous aurons besoin pour celle que nous avons encore à vivre.

  Nous ne connaissons les choses spirituelles que par l’Esprit, et par l’Esprit, également, nous apprenons qu’il est des choses que nous n’avons pas à connaître, ou qu’il n’est pas temps de connaître. Seul Jésus, sur la terre, savait d’où Il venait et où Il allait : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde, dit-Il à Ses disciples ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père… » Jean 16:28. Or, en tant que « Fils de l’homme », Jésus accepta les limites humaines et tout ce que cela impliqua dans Sa Vie. C’est ainsi qu’au sujet de Sa seconde Venue, Jésus dit : « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul… » Matt 24:36. Jésus sait où Il va, mais Il ne sait pas, à ce moment-là, quand Il reviendra. Car Jésus, en tant que « Fils de Dieu », sait toutes choses et, en tant que « Fils de l’homme », Il ne sait, ici-bas, que ce que Son Père céleste veut bien qu’il sache ! Et c’est, d’ailleurs, en tant que « Fils de l’homme » que notre Sauveur « a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes… » Héb 5:8.

  Notre connaissance limitée résulte, et de nos limitations humaines et d’une partie de la connaissance que Dieu tient cachée dans le but de nous préserver de l’orgueil, d’où la nécessité de l’obéissance. Car l’obéissance de la foi « compense » la connaissance « partielle » des choses de Dieu : I Cor 13:9, seule notre obéissance à la Volonté de Dieu est appelée à être « complète » II Cor 10:6. À la lumière de cette Vérité, l’obéissance n’est que joie et empressement à se soumettre à Dieu. Car elle nous rend participants de Sa Parole comme aussi de Sa Pensée, et cela en transformant cette connaissance de la Parole, aussi bien entendue que silencieuse, en la Présence vivante en nous de Jésus étant Lui-même  la Parole.