M209 – VOUS N’AJOUTEREZ RIEN … VOUS N’EN RETRANCHEREZ RIEN …

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  « Maintenant, Israël, écoute les lois et les ordonnances que je vous enseigne. Mettez-les en pratique, afin que vous viviez, et que vous entriez en possession du pays que vous donne l’Éternel, le Dieu de vos pères. Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris… » Deut 4:1-2.

  Dieu, qui sonde les reins et les cœurs, connaissait d’avance de quelle manière les enfants d’Israël transgresseraient la Loi qu’Il leur avait donnée par Moïse. Ce fut là, à part quelques exceptions, le comportement des chefs religieux et de la grande majorité du peuple jusqu’au temps de Jésus, lequel, s’adressant à ceux de sa génération, dit : « Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes… » Marc 7:6-8. La tradition qui « ajoute » est une désobéissance qui « retranche », en effet, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Galates : « … Une disposition en bonne forme (contrat ou testament), bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute… » Gal 3:15, à combien plus forte raison en est-il de la Parole de Dieu en ce qui concerne Ses Ordonnances comme Ses promesses.

  Le penchant à « ajouter » et à « retrancher » de la Parole manifeste la nature rebelle du cœur de l’homme. Et celui qui l’y incite, c’est-à-dire, le diable, a lui-même agit de cette manière dès le commencement. Il y a donc lieu de découvrir en quoi et comment l’adversaire de nos âmes a commencé à ajouter et à retrancher de la Parole de Dieu, et cela en séduisant Adam et Ève dans le jardin en Éden, ainsi que tous les hommes depuis lors : « Le serpent, dit l’Écriture, était le plus rusé de tous animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin… ? » Gen 3:1. Sans nier ce que Dieu avait ordonné, le diable exagéra, il surenchérit la Défense de Dieu, et Ève estima utile de préciser que l’Ordre de Dieu ne concernait pas, il est vrai, « tous les arbres du jardin », mais seulement « l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Ce qui d’ailleurs n’était pas nécessaire, le diable le sachant parfaitement, car, en ne mangeant d’aucun fruit de tous les arbres, comment Adam et Ève auraient-ils vécu ? Gen 1:29-30. Ainsi, le diable, par sa question, « ajouta » à la Parole de Dieu, le « tous les arbres », alors qu’Ève ne parle que d’un seul arbre. Mais en répondant au serpent, Ève ajouta, à son tour, une parole, l’avait-elle entendue d’Adam ? Qu’importe, toujours est-il qu’elle répondit au serpent, en disant : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez… » Gen 3:2-3. Alors qu’il est écrit que Dieu avait seulement dit à Adam : « Tu ne mangeras pas de l’arbre… » Gen 2:17. Ève y ajouta, en disant : « Vous n’y toucherez point… », comme si Ève, déjà ébranlée au-dedans d’elle, eut besoin de forcer, à son tour, la Défense de Dieu pour s’assurer d’y obéir ! Ainsi, Ève pour avoir discuté avec Satan, fut prise au « piège du dialogue », qui l’entraîna à la transgression. Combien s’éclaire alors cette Parole de notre Seigneur Jésus, disant : « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin… ». Matt 5:37.

  L’apôtre Paul lui-même, qui reçut l’Évangile par une « Révélation de Jésus-Christ » mit en garde les croyants contre toute doctrine ajoutée à la Parole, qu’elle soit apportée par un esprit séducteur ou… par soi-même : « Mais, quand nous-mêmes, écrit-il, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème… ! » Gal 1:8-9. Ce qui est ajouté à la Parole, ainsi que Paul l’écrit aux Corinthiens, peut être soit un « autre Jésus », soit un « autre esprit », ou un « autre évangile » II Cor 11:4. Or, plus subtilement encore, ceci peut se faire, non pas en paroles, mais déjà en pensées, c’est-à-dire, en ajoutant un autre sens ou une interprétation personnelle à la Parole de Dieu, sans qu’il soit besoin d’y imposer d’autres commentaires ou, à l’inverse, d’en « arracher » quelques pages. Car l’erreur, avant d’être un faux enseignement, se présente comme un faux esprit se revêtant d’une apparence de Vérité, et donc plus difficilement discernable qu’une fausse doctrine. Cette emprise envahissante de la pensée humaine était déjà discernée par l’apôtre, écrivant à ces mêmes Corinthiens : « Quelques-uns se sont enflés d’orgueil, comme si je ne devais pas aller chez vous. Mais j’irai bientôt chez vous, si c’est la volonté du Seigneur, et je connaîtrai, non les paroles, mais la puissance de ceux qui se sont enflés. Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance… » I Cor 4:18-20. En fait, une fausse doctrine dénote toujours une fausse attitude chez celui qui la professe. En effet, un faux docteur, comme un faux prophète, se révèle tôt ou tard comme « allant au-delà de ce qui est écrit… » I Cor 4:6. Aussi seul est véridique, celui qui demeure, qui se tient dans la Parole, contrairement au diable, dont Jésus dit aux Juifs : « Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur, et père du mensonge… » Jean 8:44. D’où l’on apprend que le diable est l’instigateur du mélange et de la dislocation de la Parole, avec des répercussions dans les vies des croyants.

  Parfois, le fait d’ajouter et celui de retrancher cessent d’être deux actions distinctes. En effet, ce que l’on ajoute à la Parole prend la place de ce qui en est retranché, et ce que l’on en retranche cède la place à ce qui y est ajouté. Un faux sens appliqué à une vérité prend la place du vrai sens de celle-ci, comme si le sens qui n’est pas celui de la Parole retranchait de la Parole son propre sens. Ceci se passe également en ce qui concerne le « Corps de Christ » local. Le fait d’ériger certaines vérités en doctrines ou en convictions personnelles pour se distinguer des autres conduit, dans le cœur déjà, à retrancher de la communion fraternelle ceux qui lui appartiennent, et parfois, à y ajouter d’autres qui n’y appartiennent pas. De même qu’il y a des sens vrais au sujet de la Parole, il y a de vrais croyants dans la communauté, de même qu’il y a des sens faux il y a des faux frères, il y a une relation de cause à effet entre eux. Seul l’Esprit-Saint, selon que Dieu l’accorde par Sa Grâce et par le brisement en nous, peut en donner le discernement dans la Vérité et dans l’Amour.

  Approfondissant cette vérité, il se révèle que l’homme lui-même peut « s’ajouter » ou « se retrancher », soit en ajoutant à lui-même des révélations ou des directions qui ne viennent pas de Dieu, soit en retranchant hors de lui, par désobéissance ou par négligence, des choses reçues de la part de Dieu. Comment cela se peut-il ? L’apôtre écrit : « Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine ; loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la Grâce de Dieu qui est avec moi… » I Cor 15:10. Paul sait ce que Dieu a fait en lui et par lui, et il ne saurait y ajouter de lui-même, ni en retrancher quoi que ce soit. Il le sait si bien qu’il écrit aux Corinthiens : « Si je voulais me glorifier, je ne serai pas un insensé, car je dirai la vérité ; mais je m’en abstiens, afin que personne n’ait à mon sujet une opinion supérieure à ce qu’il voit en moi ou à ce qu’il entend de moi… » II Cor 12:6. Ainsi, Paul, qui ne se surestimait pas, ne voulait pas non plus être surestimé par les autres, de même qu’il ne se sous-estimait pas et ne voulait pas non plus être sous-estimé, non par rapport à sa personne, mais en considération de la Grâce dont il était l’objet de la part de Dieu. D’où nous comprenons, quant à nous, qu’il est possible d’ajouter, ou de laisser ajouter des appréciations personnelles de la part d’autrui à ce que nous sommes, soit par présomption ou par propre assurance ; comme aussi de se retrancher, soit par fausse humilité, soit par ignorance volontaire, afin de préserver notre vie personnelle des exigences de la Parole.

  L’Amour de Dieu nous attira au Fils qui a tout accompli pour nous, afin que nous soyons accomplis en Lui par la fidélité et la sanctification. Or, Jésus a dit : « Si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés… » Jean 8:24. Jésus-Christ est le Saint, le Juste, le Sauveur unique, parce qu’Il n’ajouta pas à la Volonté de Dieu en l’outrepassant, ni n’en retrancha en s’y dérobant. Et ceci ne peut que nous rappeler Ses Paroles vivifiantes : « Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux… » Matt 5:19.