M208 – JÉSUS-CHRIST HOMME …

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  « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps, et pour lequel j’ai été établi prédicateur et apôtre, – je dis la vérité, je ne mens pas, –  chargé d’instruire les païens dans la foi et dans la vérité… » I Tim 2:5-7.

  Jésus-Christ « Homme », seul Médiateur entre Dieu et les hommes, a été rendu semblable aux hommes, hormis le péché, afin de conduire les hommes à Dieu, Son Père. Ce Médiateur, écrit l’apôtre Paul, était, en même temps, Sacrificateur en tant que Fils de Dieu, et Sacrifice en tant que Fils de l’homme, pour nous racheter. Aussi est-ce au travers de ce Mystère du « Christ venu en chair » I Jean 4:2, que nous est révélé ce qui, du Fils de l’homme, est semblable à nous, afin que nous devenions semblables à Lui. Nous découvrons alors les Traits de la Personne qu’est Jésus : Ses sentiments, Ses nobles émotions et comment les hommes, les temps et les événements étaient perçus par Celui, dont l’Écriture dit : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix… » Phil 2:5-8.

  En accomplissant le grand Dessein de Dieu, Jésus prévu, et pourvu à la fragilité des hommes. Lors de la multiplication des pains pour les quatre mille hommes, outre les femmes et les enfants, qui étaient venus l’écouter, Jésus dit à Ses disciples : « je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu’ils sont près de moi, et ils n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces leur manqueront en chemin ; car quelques-uns d’entre eux sont venus de loin… » Marc 8:2-3. D’où l’on découvre en cette circonstance, comme en d’autres, la Sollicitude de Jésus, parce que, pour Lui, en tant que « Fils de l’homme », la « fatigue » : Jean 4:6, la « faim » : Marc 11:12, et la « soif » : Jean 4:7, ne lui étaient pas non plus inconnues.

  A Jésus, qui se dirigeait vers la maison du centenier dont le serviteur était malade, celui-ci dit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l’un : Va ! Et il va ; à l’autre : Viens ! Et il vient ; et à mon serviteur : fais cela ! Et il le fait. Après l’avoir entendu, Jésus fut dans l’étonnement, et il dit à ceux qui le suivaient : Je vous le dis, en vérité, même en Israël, je n’ai pas trouvé une aussi grande foi… » Matt 8:8-10. Jésus exprima son étonnement, même son « admiration » : Luc 7:9, en face d’une telle foi ; comme Il s’étonna aussi, mais pour une raison inverse, de l’absence de foi des habitants de Nazareth, où, dit l’Écriture « il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité… » Marc 6:5-6. Un jour de sabbat, alors que les prêtres observaient Jésus, pour voir s’Il guérirait un homme qui avait la main sèche, Jésus dit à l’homme : « Lève-toi, là au milieu. Puis il leur dit : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? Mais ils gardèrent le silence. Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme : Etends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie… » Marc 3:3-5. Sentiments contrastés douloureusement ressentis par Jésus, qui, indigné de l’attitude des Pharisiens à l’égard de ceux qui souffrent, était en même temps affligé dans son cœur pour eux.

  En une toute autre circonstance, ce fut au tour des disciples d’être indignés, mais à tort. Et cela, lorsque la femme, tenant un vase d’albâtre, le rompit et en répandit le parfum sur la tête de Jésus, qui leur dit : « Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine ? Elle a fait une bonne action à mon égard ; car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez, mais vous ne m’avez pas toujours. Elle a fait ce qu’elle a pu ; elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture… » Marc 14:6-8. Là encore, Jésus éprouva en Lui-même ce que ressentait cette âme, blessée de l’incompréhension des disciples, qui ne saisissaient pas la portée prophétique de son geste. Jésus fit Sienne sa peine.

  Jésus connut les émotions les plus intenses et les plus diverses. Aux disciples, qui revenaient avec joie de leur mission, Jésus dit : « Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits (les démons) vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écris dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit, et il dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi… » Luc 10:20-21. Cette Révélation du Père, Jésus, évidemment plus que les disciples qui l’avaient reçue, pouvait en mesurer la Profondeur, d’où ce tressaillement de joie par le Saint-Esprit dans Son Esprit.

  Après avoir appris la mort de Lazare, son ami, par Marthe, puis par Marie qui lui avait dit, comme un « doux reproche » : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort ! Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit : Où l’avez-vous mis ? Seigneur lui répondirent-ils, viens et vois. Jésus pleura. Sur quoi, les Juifs dirent : Voyez comme il l’aimait. Et quelques-uns d’entre eux dirent : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ? Jésus, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre… » Jean 11:32-38. Jésus, voyant Marie pleurer, « frémit » à son tour, fut « tout ému » et « pleura ». Certes, Jésus avait dit à Ses disciples quatre jours auparavant : « Cette maladie n’est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle… » Jean 11:4. Cependant Jésus, tout en sachant qu’il allait ressusciter Lazare, pleura, véritablement, et non par condescendance ou pour accentuer le contraste entre le moment de la mort de Lazare et celui de sa résurrection. L’usage des artifices est le propre de l’homme, et non celui du Fils de l’homme ! En pleurant la mort de Son ami, Jésus démontra Son Humanité, mais, en même temps, Il pleurait la réalité inéluctable de la mort, mais dont Il triomphera par Sa propre Mort et par la Puissance de Sa Résurrection.

  Jésus éprouva des sentiments poignants, non seulement par rapport à autrui, mais en Lui-même, à l’approche de Sa crucifixion. « Maintenant, dit-il, mon âme est troublée. Et que dirai-je ? … Père, délivre-moi de cette heure ? … Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore… » Jean 12:27-28. Jésus dit, comme se parlant à Lui-même : « Mon âme est troublée. Et que dirai-je… ? » Puis, interrompant son discours, comme en suspens, Jésus reprit, et dit : « … Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure… ! ». Et enfin, comme s’il se reprenait dans un sursaut, Il s’écria : « Père, glorifie ton nom… »

  Entre le départ de Judas qui le trahit, et l’arrivée de la foule pour l’arrêter ; entre le moment où les disciples mangeaient la Pâque sans se douter du combat intérieur que Jésus livrait, et le moment de son agonie dans le Jardin de Gethsémané, l’Écriture rapporte « qu’après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des Oliviers… » Marc 14:26. Jésus chanta… Il put chanter ! Alors que l’agonie allait bientôt commencer ! Puis, arrivé à Gethsémané « où il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses, Jésus dit à Pierre, à Jacques et à Jean qu’Il avait pris avec lui : « Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez… » Marc 14:33-34.

  Jésus, souffrant la séparation d’avec Son Père, du haut de la Croix, toucha le fond de l’abîme de l’abandon ; sous Ses Meurtrissures, Il était seul dans l’univers ! Car c’est ici Celui « qui, dans les jours de sa chair, dit l’Écriture, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédech… » Héb 5:7-10. Qui peut donc marcher sur les Traces de Celui qui a été élevé à la Perfection, Somme de la Sainteté de tous Ses Sentiments ? Seul Jésus put le rendre possible ! Mais pour devenir semblables à Lui, en tant que Fils de Dieu, il y a lieu déjà de Le suivre, en tant que Fils de l’homme, dans le chemin qu’il a tracé dans nos cœurs. Car, c’est en marchant dans les Empreintes intérieures du Fils, qui est dans le Père,  que le Père nous transforme à « l’Image » de Son Fils.