M204 – CE QUE NOUS AVONS CONTEMPLÉ …

Format PDF

  « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, – et la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous vous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite… » I Jean 1:1-4.

  Les paroles de l’apôtre Jean : « Ce que nous avons entendu », concernant la Parole de vie, nous sont plus compréhensibles que celles, disant : « Ce que nous avons contemplé ». Il nous semble, en effet, plus logique « d’entendre » la parole que de la « voir ». Cependant, Jean avait connu et vu cette « Parole de vie » qui vint en la Personne du Seigneur Jésus en tant que « Parole faite chair », ainsi qu’il est écrit : « La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père… » Jean 1:14. Les Paroles et les œuvres glorieuses que Jésus prononça et qu’il manifesta, le furent, parce que Lui-même fut glorieux, et Sa Gloire consista en ce qu’il vint en tant que « Fils de Dieu » et « Fils de l’homme ». A Philippe qui lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi… ? » Jean 14:8-10. Contempler la Gloire de Jésus, ce n’est pas contempler la gloire de n’importe quel fils, mais la Gloire du Fils unique de Dieu. Et la contemplation de cette Gloire consiste à discerner l’Origine divine de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ qui, par l’Esprit éternel, a offert Son propre sang, par lequel nous avons obtenu une Rédemption elle aussi éternelle.

  Rapportant ce qu’il avait vu, avec Jacques et Jean, l’apôtre Pierre nous rappelle le moment glorieux de la transfiguration de Jésus, aux côtés duquel apparurent Moïse et Élie : « Ce n’est pas, en effet, écrit-il, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. Car il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, quand la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Et nous avons entendu cette voix venant du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne… » II Pier 1:16-18. Cette brève manifestation de la « Gloire de Jésus », que les apôtres ont contemplée, suscite la même aspiration dans nos cœurs ; mais Dieu ne se répète jamais de la même manière. De cette révélation accordée aux apôtres de la part de Dieu, Pierre fut inspiré à nous en communiquer 1’aspiration sous une autre forme, c’est-à-dire, une contemplation de la Parole révélée, ainsi qu’il poursuit : « Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs… » II Pier 1:19. La « Parole prophétique » entendue et reçue, objet de notre contemplation spirituelle : voilà donc cette « lampe qui brille », ce « jour qui paraît », cette « étoile qui se lève dans nos cœurs ». Autant d’aspirations qui gardent nos yeux ouverts, lesquels discernent, dans les ténèbres de ce monde, les accomplissements de la Parole prophétique révélant les Desseins de Dieu pour nos vies.

  L’apôtre Paul écrit : « Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ… » Rom 10:17. La foi en la Parole vient de la Parole elle-même. Et la foi est reçue en nous par la prédication inspirée de la Parole, à laquelle la foi contenue dans cette Parole même peut répondre. Or, entre la Parole entendue et la foi reçue intervient une opération intérieure de l’Esprit, dont nous ne sommes pas conscients et qui est révélée par Jésus, disant : « La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour… » Jean 6:40. L’on se serait attendu plutôt à entendre : quiconque croit, et voit le Fils… mais ici, spirituellement, le fait de « voir » précède celui de « croire ». Ceci est la manifestation particulière de cette « illumination » intérieure de l’Esprit-Saint d’où naît la foi éclairée, qui révèle à notre cœur ce qui doit être cru. Ceci jette une lumière profonde sur cette Parole de l’Écriture : « Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ… » II Cor 4:6, « la connaissance sur la face de Christ » que, par l’Esprit-Saint, seuls les yeux de notre esprit contemplent.

  Une profonde définition de la contemplation nous est donnée par le prophète Balaam, au temps où il était à l’écoute de la voix de Dieu, disant : « Parole de Balaam, fils de Beor, parole de l’homme qui a l’œil ouvert, parole de celui qui entend les paroles de Dieu, de celui qui voit la vision du Tout-Puissant, de celui qui se prosterne et dont les yeux s’ouvrent… » Nomb 24:3-4. Ces paroles nous conduisent dans un domaine spirituel qui est celui de la contemplation dans la prière. Nous savons que la prière consiste en demandes, supplications, intercessions, requêtes, et autres. Cependant, la prière, ce sont aussi des « soupirs inexprimables » par le Saint-Esprit : Rom 8:26, et même des silences. Ainsi, quand nous entrons dans le « sanctuaire de la prière », nous accomplissons pour nous-mêmes le souhait du Psalmiste, disant : « Je demande à l’Éternel une chose, que je désire ardemment : Je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Éternel, pour contempler la magnificence de l’Éternel et pour admirer son temple… » Ps 27:4. Ainsi, prosternés devant cette Sainte Présence qu’aucune parole ne saurait décrire, nous réalisons les paroles du prophète Zacharie, disant : « Que toute chair fasse silence devant l’Eternel ! Car il s’est réveillé de sa demeure sainte… » Zach 2:13. C’est ici, non pas l’absence de la prière, mais la prière silencieuse, celle où, non seulement les choses nous concernant sont présentées à Dieu, mais où nous-mêmes, avec nos prières, nous sommes présents devant Lui. Car quand notre bouche se ferme, parce que les paroles nous manquent, nos yeux s’ouvrent, découvrant alors que nous sommes « vus du Père qui nous voit dans le lieu secret… »  Matt 6:6.

  Outre la lutte suprême dans le Jardin de Gethsémané, avant de souffrir et de mourir sur le Calvaire, nous ne connaissons guère la vie de prière du Seigneur Jésus. Nous savons, par l’Évangile, qu’il se retirait seul, à l’écart, sur la montagne, dans les lieux déserts, tôt le matin, et durant les veilles de la nuit. Par exemple, il nous est rapporté que Jésus « passa toute la nuit à prier Dieu… » Luc 6:12-13, avant de choisir les douze disciples, auxquels Il donna le nom d’apôtres. Mais, en priant pendant les nuits, Jésus parlait-Il d’une façon ininterrompue la nuit entière ? Cela ne pouvait être la manière de prier du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles, ils seront exaucés… » Matt 6:7. Il ressort de ceci que la prière, le temps de prière, n’est pas seulement un temps de paroles, mais aussi de silence, d’attente et de contemplation conduisant à l’action, ainsi que le dit Jésus : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement… » Jean 5:19-20. Non seulement le Fils « parle » quand il prie, mais il « voit » ce que fait Son Père ; non seulement le Père « répond » quand Il exauce, mais Il lui « montre » ce qu’Il fait. Ceci est une révélation libératrice et encourageante dans notre vie de prière qui, bien souvent, s’épuise à vouloir tout exprimer en paroles, alors que nous avons à apprendre à nous taire et à demeurer silencieux devant la Face du Seigneur.

  « Or, à Celui qui peut faire, écrit l’apôtre Paul, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! … » Eph 3:20-21. Dieu peut agir, non seulement au-delà de ce que nous « demandons », mais encore de ce que nous « pensons ». Il ne s’agit pas de la force mentale de notre propre pensée, mais de la constance de nos aspirations spirituelles inspirées par l’Esprit-Saint. La pensée qui prie se nourrit de la contemplation des Paroles de Dieu révélées à notre esprit par Son Esprit. « Penser » est, spirituellement, « contempler » la Manifestation de la Parole vivante de Dieu. Cette aspiration aux choses d’En-Haut, n’est-elle pas contempler les choses promises en Celui-là même qui les a promises ? Et qui, en contemplant « l’Agneau immolé », ne se retrouverait-il pas prosterné devant le Fils, par lequel nous sommes appelés à être en communion avec Son Père, notre Père.