M203 – MOI ET LE PÈRE NOUS SOMMES UN …

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  « On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent : Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le-nous franchement. Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un. Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider… »  Jean 10:22-31.

  Les vérités de l’Écriture sont enseignées avec des mots que l’Esprit inspire, mais le sujet enseigné demeurera toujours plus grand que l’enseignement qui l’expose. Et ceci d’autant plus quand il s’agit de l’Unité du Père et du Fils par le Saint-Esprit, qui ne peut être reçue que par la Révélation de l’Esprit de Dieu. Car l’Unité divine est une Réalité éternelle et insondable qui, sans l’Esprit de révélation, peut être obscurcie par les paroles mêmes qui l’enseignent. Ceci requiert donc une humilité profonde qu’inspire la Grandeur du Mystère de Dieu, sinon la tentation de « savoir » attirerait les mêmes conséquences que celle de « voir » Dieu, Lequel dit au prophète Moïse : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre… » Ex 33:20. A Philippe qui demanda à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ? Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi, croyez du moins à cause de ces œuvres… » Jean 14:8-11. Les Paroles de Jésus ouvrent nos yeux spirituels sur ce qui, en Lui, révèle la Présence du Père, et, dans le Père, la Présence du Fils. Ainsi, dans cette Parole de Jésus : « Moi et le Père nous sommes un… » Le « Nous » établit la distinction des Personnes (ici-bas, en tant que « Fils de l’homme ») et « l’Un » établit la même Nature divine. La réponse de Jésus à Philippe nous révèle que les Personnes du Père et du Fils ne sont ni confondues ni séparées, c’est-à-dire que le Père « n’est » pas Fils, et que le Fils « n’est » pas Père, mais que, dans l’incarnation, le Père est « dans » le Fils, et que le Fils est « dans » le Père.

  Ainsi que nous l’avons lu, Jésus dit, parlant de Ses brebis : « Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père… ». Et c’est après avoir exprimé ces paroles que Jésus dit, pour identifier la similitude interne et éternelle du Père et du Fils, et de leurs « mains », elles aussi, l’une en l’autre nous tenant : « Moi et le Père nous sommes un… » De même, en disant : « Mon Père, qui me les a données est plus grand que tous… », dans ce « tous » qui renferme tous les êtres et les choses créés par Dieu, Jésus n’y est pas inclus, car, étant le « dernier Adam » I Cor 15:45, Jésus est le  seul être à avoir été, non pas créé par Dieu comme le « premier Adam », mais « engendré » de Dieu : I Jean 5:1, parce que déjà « existant, et donc préexistant, en forme de Dieu… » Phil 2:6. C’est en cela « qu’en lui, dit l’Écriture, habite corporellement toute la plénitude de la divinité… » Col 2:9. « Corporellement », c’est-à-dire dans un corps semblable au nôtre, hormis le péché ; et cette Plénitude ici-bas consista, entre autres manifestations, à ce que Dieu « ne lui donna pas l’Esprit avec mesure… » Jean 3:34.

  Ayant connu Jésus dans un corps semblable aux leurs, les disciples pensaient avoir compris Jésus : Matt 13:51. En effet, l’orgueil nous donne à penser que nous n’avons rien à apprendre de plus de ce qui, apparemment, nous ressemble. Or, dans cette pensée, combien de croyants, sans en être conscients, considèrent Jésus, certes, comme étant « Divin », mais non pas comme Dieu, en Esprit, venu « filialement » en chair, car « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en imputant point aux hommes leurs offenses… II Cor 5:19, et l’apôtre Jean écrit : « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles… » I Jean 5:21. Après cette présentation aussi éclatante que concise de la Divinité de Jésus-Christ, il peut nous paraître étrange que l’Écriture conclue par cette mise en garde contre les idoles. Ces paroles nous révèlent que celui qui croit en Jésus, sans la Révélation de Sa Divinité dans Son Incarnation, en vient dans son esprit, à « séparer » Jésus d’avec le Père, et à faire de Jésus un « deuxième » Dieu, un autre Dieu ! Attestant par-là les paroles de l’apôtre Paul adressées aux Corinthiens, disant : « Si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien… » II Cor 11:4. Et cela, au même titre que l’idolâtre adorant plusieurs dieux. De là l’exhortation éclairante de l’apôtre Jean : « Petits enfants, gardez-vous des idoles… » 

  Dans l’Unité divine, Le Père et le Fils sont distincts, mais non pas différents. Distincts, par les Manifestations propres au Père, et au Fils « seul médiateur entre Dieu et les hommes… » I Tim 2:5, et non différents, parce qu’étant de la même Origine conformément à la figure prophétique de Melchisédech, sacrificateur du Dieu Très-Haut, dont il est écrit qu’il était « sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu ; ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité… » Héb 7:3. Et le Fils de Dieu, Jésus, qui paraîtra quelque dix-neuf siècles plus tard, précédait déjà ce Melchisédek. Jésus n’a-t-il pas dit aux Juifs de son temps au sujet d’Abraham, qui, jadis, fut rencontré par Melchisédek : Gen 14:17 : « en vérité, en vérité, avant qu’Abraham fût, je suis… » Jean 8:58. Et à Ses disciples, au sujet de Lui-même : « Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût… » Jean 17:5.

  En quoi, pensera-t-on, la vérité de cette Réalité éternelle peut-elle répondre aux préoccupations de la vie, ici-bas, souvent éprouvée pour celui qui veut vivre pieusement en Jésus-Christ ? Il se révèle que la connaissance reçue en nous par le Saint-Esprit de l’Unité du Père et du Fils est le fondement de toutes révélations saines de la Parole de Dieu. Dans le cas contraire, une connaissance humaine de la Divinité « sépare » le Père et le Fils, « désunit » l’Unité divine, et, par voie de conséquence, « disloque » notre intelligence et fausse la compréhension. Cette dislocation de la pensée voile l’entendement, ôte le discernement, ouvre la porte à l’esprit d’erreur et suscite de fausses doctrines. Une fausse compréhension de l’Unité du Père et du Fils est génératrice de toute déviation doctrinale et de toutes les erreurs, c’est ce que démontre l’apôtre Jean qui, parlant de l’enseignement des séducteurs « qui ne confessent point Jésus-Christ venu en chair… », déclare : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils… » II Jean 1:9. Et, dit-il encore : « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’Antéchrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père ; quiconque confesse le Fils a aussi le Père… »  I Jean 2:22-23.

  La force de persévérer en Christ nous vient aussi de cette vérité reçue selon Dieu. L’apôtre Jean, parlant de Jésus, la « Parole de vie », écrit : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite… » I Jean 1:3-4. La compréhension des vérités de la Parole, comme notre communion dans la Lumière avec le Seigneur découlent également de la Révélation vivante de l’Unité divine reçue intérieurement par l’Esprit. Nous sommes d’autant plus fortifiés dans notre persévérance, que nous sommes l’objet de la prière même de Jésus à Son Père, pour Ses disciples présents et ceux à venir : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, – moi en eux, et toi en moi, – afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé… » Jean 17:22-23. Est-il encouragement plus grand ? Y a-t-il destination plus glorieuse ? Est-il promesse plus précieuse pour ceux qui ont été purifiés par le Sang de Jésus, que celle d’être spirituellement, déjà ici-bas, participants du Mystère de l’Unité du Père et du Fils, par le Saint-Esprit, en attendant de l’être dans le Royaume des cieux pour l’Eternité… ?