M200 – VIVRE PIEUSEMENT …

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  « Pour toi, tu as suivi de près mon enseignement, ma conduite, mes résolutions, ma foi, ma douceur, ma charité, ma constance, mes persécutions, mes souffrances. A quelles souffrances n’ai-je pas été exposé à Antioche, à Icône, à Lystre ? Quelles persécutions n’ai-je pas supportées ? Et le Seigneur m’a délivré de toutes. Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes… »  II Tim 3:10-13.

  Chaque croyant a une relation plus ou moins profonde avec le Seigneur. Les uns vivent « pieusement » en Jésus-Christ, d’autres vivent « traditionnellement » en Lui. En quoi distingue-t-on spirituellement une vie pieuse d’une vie ordinaire ? Seul Dieu, qui sonde les reins et les cœurs, le sait. Quant à nous cependant, nous savons que le fait de « vivre pieusement » est le propre du racheté aspirant à vivre, par l’Esprit, ce qu’il croit et ce qu’il a reçu de Dieu. Il est à remarquer que le fait de vivre pieusement découle d’une décision qu’a fait naître l’Amour de Dieu en nous pour Lui. L’Écriture parle, en effet, de tous ceux qui « veulent » vivre pieusement, ce qui suppose que certains croyants ne le veulent pas. Cependant, une vie pieuse est le résultat, non pas d’un choix personnel, mais de l’aspiration spirituelle d’une volonté régénérée par l’Esprit de Dieu, dont Lui-même est la Source. Nous comprenons alors la nécessité des épreuves salutaires dont le but est de briser les résistances du « moi » qui s’apitoie sur lui-même, et de nous amener à cette vie épanouie, à laquelle la piété donne accès en nous.

  S’adressant à Timothée, l’apôtre Paul écrit : « Exerce-toi à la piété ; car l’exercice corporel est utile à peu de chose, tandis que la piété est utile à tout : elle a la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir… » I Tim 4:7-8. Les persécutions, dont ceux qui vivent pieusement sont l’objet, consistent, selon les temps et les lieux, autant en épreuves et en tribulations qu’en tentations, d’où la nécessité de « s’exercer à la piété ». Mais, comment s’exerce-t-on à la piété ? Il n’y a là ni méthode spirituelle ni exercice mental. La piété nous anime de ce qui l’habite. Or, que renferme la piété ? La piété, ainsi qu’il est donc écrit « a » la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. Ainsi, en ce qui concerne cette vie présente, nous nous exerçons à la piété en ce que « nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme… » Héb 10:39. Et, en ce qui concerne la vie à venir, en « travaillant, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera… » Jean 6:27. « Travail » intérieur dont l’un des aspects se traduit par cette exhortation de Paul à Timothée, disant : « Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur. Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins… » I Tim 6:11-12. « Fuir », « rechercher », « combattre », « saisir », autant d’actes intérieurs forts que nous inspire la piété, et que nous n’aurions jamais soupçonnés. Cette piété, dont on entend si peu parler, apparaît, tout à coup, à nos cœurs comme étant d’une importance capitale, d’une dimension infinie.

  L’homme pieux, la femme pieuse sont agréables à l’Éternel ; et, dans les situations difficiles, Dieu les appelle à agir, au même titre que les intercesseurs. D’ailleurs, la piété et l’appel à l’intercession sont apparentés, ces deux dispositions se retrouvent dans le même racheté. Une union d’esprit particulière unit de telles âmes les unes aux autres. C’est là, déjà, ce qu’exprimait David, homme pieux s’il en fut, disant : « Garde-moi, ô Dieu ! Car je cherche en toi mon refuge. Je dis à l’Éternel : Tu es mon Seigneur, tu es mon souverain bien. Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux sont l’objet de toute mon affection… » Ps 16:1-3. Mais cette affection selon l’Esprit qui unit ceux qui aspirent aux choses spirituelles, n’est pas comprise par les incroyants, ni par les croyants charnels, ainsi que le constatait également David en son temps préfigurant le nôtre, en disant : « Sauve, Éternel, car les hommes pieux s’en vont, les fidèles disparaissent parmi les fils de l’homme. On se dit des faussetés les uns aux autres, on a sur les lèvres des choses flatteuses, on parle avec un cœur double… » Ps 12:2-3. Longtemps après, le prophète Ésaïe, faisant écho aux paroles du Psalmiste, dit : « Le juste périt, et nul n’y prend garde ; les gens de bien sont enlevés, et nul ne fait attention que c’est par suite de la malice que le juste est enlevé… » Es 57:1. Ainsi, l’homme pieux est appelé à être persécuté, parce qu’il est, de par sa nature spirituelle et malgré ses faiblesses, un miroir spirituel dans lequel les hommes faux ne supportent pas de se voir. Car l’homme pieux a pour vocation de perpétuer en sa personne le témoignage de Jésus, et donc d’attirer l’incompréhension et le rejet.

Une des souffrances de l’homme pieux est parfois la difficulté de partager avec ses frères et sœurs la vision intérieure des choses reçues de Dieu. Pourquoi cela ? Parce qu’il n’est pas de compréhension spirituelle sans la vie spirituelle. Par sa conversion, le croyant a reçu la Vie de Jésus, mais qu’en est-il de sa propre vie ? Sa vie personnelle et celle spirituelle « cohabitent-elles » ? Ou laquelle des deux prévaut-elle l’une sur l’autre ? Jésus a apporté Lui-même la réponse, en disant : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera… » Luc 9:24. Nous en arrivons donc à cette vérité paradoxale, que c’est par Sa mort que Jésus, crucifié, nous a donné Sa Vie, et que c’est par Sa résurrection que Jésus, ressuscité, nous a communiqué cette Vie à l’intérieur de nous.

  Qui donc prendre pour Exemple de piété, sinon Jésus, car « C’est Lui qui, dans les jours de sa chair, dit l’Écriture, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel… » Héb 5:7-9. En quoi Jésus fut-il exaucé ? A cause de Sa piété, dit l’Écriture, parce que Jésus vint pour accomplir la Volonté du Père, en se rendant obéissant jusqu’à la mort sur la croix pour notre salut. Jésus, en effet, dit de Lui-même : « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père… » Jean 10:17-18. Non seulement, Jésus avait le Pouvoir de donner Sa Vie, mais encore, Il avait le Pouvoir de la reprendre, tout en n’utilisant pas ce Pouvoir… pour Lui-même, contre ceux qui l’ont fait mourir. Tel était ce qui faisait la force de Sa piété dans Son obéissance au Père. Dès lors, Jésus a été exaucé, comme Il l’est toujours, et le sera jusqu’au dernier Jour, dans le fait que chaque fois qu’un pécheur repentant reçoit la Grâce et vient au Père, chaque fois Jésus, dans cette personne sauvée, « reprend » de Sa Vie donnée.

  L’Écriture déclare que, dans les derniers jours, les hommes seront, entre autres « traitres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force… » II Tim 3:4-5. L’on n’imite que ce qui a de la valeur ; or, la piété est la valeur spirituelle du racheté, c’est donc elle que l’on essaie d’imiter, et ceci d’autant plus lorsque la vie spirituelle serait en danger de s’éteindre, n’en laissant que l’aspect extérieur. Il ne faut pas moins d’un miracle d’en haut pour qu’une âme soit convaincue que sa piété n’est plus qu’apparence et que sa connaissance biblique et théorique n’est plus que principes morts. Mais la révélation de cette faiblesse est salutaire lorsque le croyant, se tournant vers Dieu, et criant à Lui, découvre tout à nouveau que « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété… » II Pier 1:3. Ainsi, l’homme pieux a toujours recours à la Puissance de Dieu, de laquelle il reçoit le zèle et la force pour y obéir, et ceci dans la souffrance comme dans la bénédiction.