M199 – ILS NE SE DOUTÈRENT DE RIEN …

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   « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vînt et les emportât tous : il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme… Ce qui arriva du temps de Lot arrivera pareillement. Les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient ; mais le jour où Lot sortit de Sodome, une pluie de feu et de soufre tomba du ciel, et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme paraîtra… » Matt 24:37-39, Luc 17:28-30.

  « Ils ne se doutèrent de rien… », cette constatation de Jésus révèle l’état d’esprit dans lequel vivait le monde du temps de Noé. Les hommes, enclins au mal, étaient trop attachés aux choses de la terre, pour penser qu’elle pût disparaître submergée par les eaux, et eux avec elle. Mais « le déluge vint et les emporta tous… » Certes, Jésus dit : « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul… » Matt 24:36. Notre Seigneur enseigna donc qu’il en sera du temps de Son Avènement comme il en a été du temps de Noé, et du temps de Lot. Or, si nous ne connaissons pas, effectivement, le moment précis où s’accomplira l’Avènement du Seigneur Jésus, fixé par le Père, nous sommes, cependant, instruits par l’Écriture à en discerner les signes précurseurs, extérieurs, mais surtout intérieurs. Nous réalisons alors que c’est par le même Esprit de discernement que nous avons à discerner les événements du Dessein et de la Volonté de Dieu dans nos vies spirituelles particulières.

  Jésus, s’adressant à Ses disciples, dit : « Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte… » Matt 24:32-33. Ces Paroles, concernant en premier lieu l’Avènement du Seigneur, nous enseignent également ce en quoi consiste la disposition spirituelle, dans laquelle sont discernés les Desseins de Dieu dans l’existence de chacun de nous, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Philippiens : « Ce que je demande dans mes prières, c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui est par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu… ! » Phil 1:9-11. A l’écoute d’une telle exhortation qui ouvre notre cœur à l’aspiration des choses que l’Esprit de Dieu inspire, comment pourrions-nous être les bénéficiaires de « ses œuvres préparées d’avance… » Eph 2:10, sans en être conscients ?

  Il est à remarquer qu’entre le temps de Noé et le temps de Lot, dont parle Jésus, il y eut une évolution des mœurs, ou plutôt, comme actuellement, une régression : régression morale chez les non-croyants, régression spirituelle chez les croyants. Il est dit, en effet, que, du temps de Noé « les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants », alors que, du temps de Lot, outre que « les hommes mangeaient et buvaient », il n’est plus fait mention de « mariages », certes, il y eut toujours des unions, mais chacun gardant sa liberté, marié ou non. Et la désagrégation de la famille alla de pair avec l’ambition « d’acheter et de vendre, de planter et de bâtir », comportement décrit aussi par l’apôtre au sujet de « ceux qui marchent en ennemis de la croix de Christ… », et disant : « Ils ont pour Dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre… » Phil 3:19. Un croyant préoccupé qui ne pense qu’aux choses terrestres, peut-il aspirer aux choses célestes ? Il ne saurait les rechercher, et encore moins s’y préparer, car il n’a plus cette sorte de « pressentiment spirituel » de ce que la Volonté de Dieu lui demande, ou lui réserve.

  Dans cette même réalité spirituelle, l’Écriture déclare : « Même la cigogne connaît dans les cieux sa saison ; la tourterelle, l’hirondelle et la grue observent le temps de leur arrivée ; mais mon peuple ne connaît pas la loi de l’Éternel… » Jér 8:7. Il ressort de ces paroles que les oiseaux pressentent davantage les signes des saisons que les croyants ne discernent les signes des temps annonçant les Accomplissements de Dieu. Or, sur le plan terrestre, déjà, Jésus dit : « Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison… » Luc 12:39. De là l’importance d’être « veillant », car la vigilance nous rend accessible au discernement. Ces paroles donc éclairent l’exhortation de Jésus, disant : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible… » Matt. 26:41. Il est à remarquer que Jésus dit d’abord : « Veillez », et « priez ». Certes, ces deux dispositions vont de pair, mais elles indiquent que l’on peut avoir la bouche, les mains, le cœur ouverts dans la prière, tout en ayant les yeux spirituellement fermés… ! L’âme qui veille est donc celle qui discerne, mais l’âme qui prie sans veiller, c’est-à-dire, sans discerner, soit s’épuise en « multipliant de vaines paroles comme font les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés… » Matt 6:7, soit s’expose à recevoir une réponse, ou un signe trompeur de la part de l’esprit du séducteur. Instruisons-nous donc à cet égard du comportement des animaux par temps d’orage, que nous rapporte l’Écriture, disant : « Il (l’Éternel) prend la lumière (l’éclair) dans sa main, il la dirige sur ses adversaires. Il s’annonce par un grondement (le tonnerre) ; les troupeaux pressentent son approche… » Job 36:32-33. En comparaison avec la nature des brebis sentant l’approche de la tempête, puissions-nous, en tant que rachetés, dans une communion selon la Nature et la Pensée de l’Esprit habitant en nous, pressentir de même les Desseins du Dieu vivant.

  Le fait de ne pas percevoir la Présence agissante de Dieu n’est pas seulement le propre de l’âme qui dort ou de celle que les choses du monde aveuglent, mais aussi du croyant qui, toujours agitée, cherche de la mauvaise manière ou dans la mauvaise direction. Ainsi, Esaïe, qui s’écrie au sujet des habitants de Juda et de Jérusalem : « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent champ à champ, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace, et qu’ils habitent seuls au milieu du pays… », dit aussi : « La harpe et le luth, le tambourin, la flûte et le vin animent leurs festins, mais ils ne prennent point garde à l’œuvre de l’Éternel, et ils ne voient point le travail de ses mains… » Ésaïe 5:8,12. Cette description prophétique préfigure l’état spirituel des croyants qui, sans discernement, reçoivent des doctrines de toutes sortes, recherchent des expériences dites spirituelles, courent après des faux réveils. D’où il ressort que les désirs du « moi » religieux, aussi bien que la préoccupation des choses terrestres, réduisent l’horizon spirituel, voilent les choses éternelles, éteignent la vie spirituelle… et ceci se produit sans que l’on s’en rende compte.

  Jésus dit à ses disciples : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père… » Jean 15:15. « Je ne vous appelle plus serviteurs », dit Jésus. Dans le premier temps, depuis leur appel, les disciples étaient en « service commandé ». « Mais je vous ai appelés amis », conclut-Il, car, à partir de ce moment-là, Jésus les exhorta à discerner, par l’Esprit, la Pensée de la Parole révélée de Dieu. Un serviteur a une relation d’obéissance avec son Maître, tandis qu’un ami a une relation d’esprit à Esprit avec Dieu. Un serviteur reste étranger aux Intentions de son Maître, alors qu’un ami a une relation d’amour, une communion intime avec Lui, parce qu’il a été rendu, par l’Esprit-Saint « participant même de la Nature divine… » II Pier 1:4. Ainsi, le croyant « serviteur » ne connaît la Pensée de son Maître qu’après que Celui-ci a prononcé la Parole ; tandis que pour le croyant « ami », la Pensée précède la Parole parce que celle-ci apporte les réponses, qui correspondent aux aspirations suscitées par « l’Esprit de Vérité » que Dieu a fait habiter en lui.

  Jésus, parlant de Son Avènement, s’écria : « Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous a l’improviste ; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la surface de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l’homme… » Luc 21:34-36. Cette force, cette vision spirituelle qui triomphe de l’esprit d’erreur, de la crainte et de l’assoupissement, n’est-elle pas déjà révélée par les paroles de la Sulhamite, qui décrivit à l’avance la communion et l’écoute du racheté dont le cœur est sensible à la voix de son Seigneur qui vient : « J’étais endormie, dit-elle, mais mon cœur veillait…  C’est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite… ! » Cant des cant 5:2. Un cœur qui se tient en éveil est toujours prêt à saisir ce qui lui est révélé, à recevoir ce que le Seigneur lui réserve et à goûter de Sa Présence autant qu’il soupire après Sa Venue.