M197 – ET L’ON VOUS DONNERA …

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  « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe… » Matt 7:7-8.

  « Demandez, et l’on vous donnera… ». Est-il enseignement plus clair indiquant la manière de prier ? Les grandes vérités sont souvent exprimées en termes simples, et cette simplicité renferme une grande profondeur, mais dans la vie de prière cette simplicité ne se révèle pas toujours aussi évidente. En effet, ce que nous demandons, est-ce précisément la chose que Dieu a réservé de nous donner ? L’important est donc d’exprimer les prières que Dieu inspire, c’est-à-dire celles auxquelles Il répond, ainsi que le dit l’Écriture : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée… » I Jean 5:14-15. Cette assurance de « savoir » que nous sommes entendus de Dieu découle, non pas d’un sentiment ou d’une connaissance venant de notre propre pensée, mais de la profondeur de notre communion avec Christ, ainsi qu’il le dit lui-même : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé… » Jean 15:7. Dans une telle communion spirituelle, le fait de demander « ce que nous voulons » ne peut qu’exprimer le Vouloir de Dieu, et non le nôtre, car cette intime union avec Christ, par l’Esprit, ne peut que former notre esprit à discerner la Pensée de Dieu. La vie, avec ses vicissitudes, suffit à révéler si un enseignement reçu est une parole théorique, ou une parole vivifiante qui affranchit et affermit la foi. Seule la révélation de la Parole suscite ce besoin intérieur d’entrer dans la Présence de Dieu, d’abord pour l’écouter, puis pour lui parler.

  Il est des besoins légitimes dans la vie : un choix à faire, une décision, une direction à prendre, une délivrance, une guérison, un besoin matériel. Autant de sujets de prières, pour lesquels l’on s’attend à des exaucements précis. Mais, parfois, il en est autrement, car les réponses de Dieu ne consistent pas en des interventions qui changeraient « magiquement » des situations fâcheuses ou douloureuses. Jésus dit : « Demandez, et l’on vous donnera… car quiconque demande reçoit… ». C’est ici la première démarche, le premier « degré » de la prière, qui est de « recevoir » des exaucements visibles et tangibles dans notre existence. Puis, Jésus dit : « Cherchez, et vous trouverez … car celui qui cherche trouve… » et : « Frappez, et l’on vous ouvrira… car l’on ouvre à celui qui frappe… ». Ce ne sont pas là simplement des images décrivant les diverses manières de prier, mais bien des réalités spirituelles indiquant les diverses formes d’exaucements de Dieu dans nos vies. Or, en même temps que les interventions ponctuelles et concrètes de la part de Dieu, nous recevons aussi des exaucements qui changent, non pas les situations difficiles dans lesquelles nous nous trouvons, mais nous-mêmes… au milieu de ces difficultés.

  La Main de Dieu agit donc, et sur les choses qui nous entourent et à l’intérieur de nous-mêmes. Ainsi, en même temps qu’une manifestation quelle qu’elle soit de la part de Dieu, l’exaucement consiste déjà à recevoir la Force de Sa Grâce pour exercer la maîtrise de soi, la patience à toute épreuve, le combat dans la prière et la persévérance jusqu’à la fin, et cela à l’exemple des témoins, qui, dit l’Écriture « par la foi… vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection… », tandis que « … d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection… » Héb 11:33-36. Et cela « par la même foi ». Ainsi, contrairement aux premiers cités, ces croyants ne cherchèrent pas d’abord à obtenir, mais à tenir ferme, à croître dans la foi et dans la piété. Ce sont là les rachetés qui possèdent les Richesses spirituelles d’en haut comme étant, écrit l’apôtre, ce « bon dépôt, que nous gardons par le Saint-Esprit qui habite en nous… » II Tim 1:14. Ce sont des rachetés prêts à perdre ce qui est temporel pour s’affermir dans ce qui est éternel.

  Lorsque l’on prie au Nom de Jésus, ce que l’on reçoit ne peut que provenir de Lui. Cette parole est vraie, le Seigneur ne saurait tromper Ses enfants qui se confient en Lui. Jésus ne dit-Il pas, en effet : « Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc, méchants  (par nature) comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent… » Matt 7:9-11. Aussi imparfaits que nous soyons, nous ne saurions décevoir nos enfants en leur donnant autre chose que ce dont nous savons qu’ils ont besoin. Comment notre Père céleste, dont l’Amour envers nous est sans aucune comparaison avec l’amour humain, pourrait-Il donc nous donner une « pierre » au lieu de « pain », ou un « serpent » au lieu d’un « poisson » ? Or, s’il n’y a aucun doute au sujet de ce qui est reçu, il peut y en avoir un au sujet de la personne qui reçoit. Jésus dit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N’entreront pas tous dans le Royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la Volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton Nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton Nom ? N’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton Nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité… » Matt 7:21-23. Jésus parle ici de manifestations authentiques à travers des  personnes qui ne le sont pas ! Dans ces cas extrêmes, il nous est montré que Dieu dans Son Amour est à même, s’il le faut, de donner un « pain » ou un « poisson » par le moyen de croyants encore charnels, qui eux n’auraient été capables que de donner une « pierre » ou un « serpent » !

  L’apôtre Paul s’adressant aux Corinthiens, écrit : « Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent ; et si un autre qui est assis a une révélation, que le premier se taise… »  I Cor 14:29-30. Ce n’est évidemment pas le don de l’Esprit, ou Dieu Lui-même qui est « jugé », mais la manière dont la personne a reçu, et communique le don spirituel, au cas où la Pensée de Dieu n’aurait pas été exactement transmise. En effet, le don, après avoir commencé « spirituellement », peut être  prolongé « charnellement » par ce que l’homme pourrait y ajouter de lui-même. Ainsi en est-il d’un exaucement mal perçu par la personne qui l’utilise à ses propres fins, et qui permet par là au séducteur de l’empêcher de discerner qu’elle prend son imagination pour la Pensée de Dieu. Et ceci, par exemple, en prenant une coïncidence prévisible ou un événement inattendu pour la direction divine ! D’où la nécessité de nous en remettre à la Direction de l’Esprit qui conduit nos cœurs à discerner les « bonnes choses » que nous accorde notre « Père qui est dans les cieux ». Les cieux, pour lesquels, précisément, ces « bonnes choses » nous préparent. Il ressort de ceci, qu’il n’y a que l’homme spirituel qui accepte de reconnaitre que sa prière, parfois, puisse ne pas correspondre à la Volonté de Dieu.

  A nos interrogations sur tant de choses, ici-bas, qui nous dépassent et nous échappent, suscitant des « pourquoi » et des « jusques à quand », Dieu peut nous paraitre lointain et silencieux. Cependant, le « silence » de Dieu ne signifie pas « absence » de Dieu. L’absence de réponse, comme l’attente de celle-ci, n’est pas une absence d’exaucement, mais un exaucement sous une forme différente, même si cette forme est incompréhensible et se révèle être, dans le moment présent, un mystère pour nous. Or, le mystère ne s’oppose pas à la foi, il en fait même partie, il y est inclus. Le mystère n’est pas une brèche dans notre foi, mais il en est la « face cachée ». C’est ainsi que le fait de recevoir autre chose, ou même le contraire de ce à quoi nous nous attendions, correspond à la « face cachée » de l’exaucement, dont le but est connu de Dieu seul. Refuser tout mystère, nous priverait, en même temps, de la « face révélée » de la Parole et de la Pensée de Dieu même. Ceci éclaire la réponse de Job, adressée à sa femme lui disant : « Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs ! Mais Job lui répondit : Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! Nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! … En tout cela, Job ne pécha points par ses lèvres… » Job 2:9-10. C’est en cela que le mystère suscite, non pas la résignation ou la révolte, mais l’acceptation dans la foi et, dans cette même foi, la recherche fructueuse de ce qui nous est réservé dans le Dessein de Dieu pour le temps présent et pour l’éternité.