M195 – MES ADVERSAIRES …

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  « Car je reconnais mon iniquité, je suis dans la crainte à cause de mon péché. Et mes ennemis sont pleins de vie, pleins de force ; ceux qui me haïssent sans cause sont nombreux. Ils me rendent le mal pour le bien ; ils sont mes adversaires, parce que je recherche le bien… » Ps 38:20-21.

  Ces paroles de la bouche de David nous révèlent ce qui incitait ses adversaires à le haïr. Le fait même de tendre à ce qui est parfait irritait ses adversaires, dont les tendances allaient plutôt dans le sens inverse ; et le comportement de David en accentuait d’autant plus le contraste entre eux et lui. Ce contraste, leur conscience ne pouvait pas ne pas s’en apercevoir, quand bien même ils auraient voulu l’ignorer. Il aurait donc suffi à David de ne plus être animé de la « recherche du bien », en laissant éteindre en lui l’aspiration spirituelle aux choses qui plaisent à Dieu, pour ne plus être persécuté par eux. Mais alors, il n’eût plus été cet homme « selon le cœur de Dieu… » Act 13:22.

  Dans le domaine spirituel, l’hostilité du croyant de nom contre le croyant authentique est appelée : inimitié ! L’attitude de Saül à l’encontre de David est éclairante à cet égard. Lorsque Samuel, le prophète, dit l’Écriture « oignit David au milieu de ses frères, l’Esprit de l’Éternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite… »  Et c’est, précisément, à partir de ce moment-là que « l’Esprit de l’Éternel se retira de Saül, qui fut agité par un mauvais esprit venant de l’Éternel… » I Sam 16:13-14. En fait, dès que l’Esprit vint sur David, l’Esprit de Dieu quitta Saül qui, dès lors, reçut à sa place un mauvais esprit, par lequel, dans la suite, il persécuta David qui avait reçu l’Onction de l’Esprit. Car tout ce qui est oint est combattu.

  Ainsi que l’a donc exprimé David, la disposition intérieure de la recherche du bien, sans même l’exprimer en paroles, suffit déjà à susciter des ennemis. Quant à nous, rachetés du Seigneur, cette recherche du bien se résume par cette exhortation de l’Écriture, disant : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre… » Col 3:1-2. Tout ceci s’opère dans le cœur, mais est perçu par le « prince de ce monde des ténèbres », qui cherche à éteindre ou à détourner les rachetés de cette aspiration spirituelle. Car en recherchant et en nous affectionnant aux choses d’en haut, nous représentons la Puissance du Royaume des cieux sur la terre, et cela en recevant la Force du Ressuscité qui nous rend capables de triompher de l’esprit de ce monde. Aussi le Malin tente-t-il, soit de retenir les âmes qui lui échappent, soit, lorsqu’elles lui ont échappé, de les séduire ou de les persécuter. Ceci éclaire notre compréhension des Paroles du Seigneur, disant : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait… » Jean 15:18-19. Chaque croyant « né de nouveau » est une « enclave » du Royaume des cieux sur la terre, et cela d’autant plus efficacement qu’il vit une authentique communion spirituelle avec Dieu et avec ses frères et sœurs en la foi. Aussi le racheté est-il regardé comme étant un « corps étranger » dans ce monde, de là les attaques des plus cruelles aux plus subtiles de la part du « prince de ce monde », et de ceux qu’il anime contre ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ.

  Que le croyant spirituel soit l’objet de l’animosité du croyant charnel ou légaliste, l’apôtre Paul, s’adressant aux Galates, nous le révèle : « Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi ? Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave (Agar), et un de la femme libre (Sara). Mais celui de l’esclave (Ismaël) naquit selon la chair, et celui de la femme libre (Israël) naquit en vertu de la promesse… » Gal 4:21-23. Et l’apôtre, de conclure : « Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse ; et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’esprit, ainsi en est-il encore maintenant… » Gal 4:28-29. En effet, les deux fils furent engendrés par le même père, Abraham, mais ils naquirent de deux mères différentes. Les deux fils ont donc en commun le même Dieu qu’Abraham, leur père, mais chacun a un « esprit » différent. D’où l’on apprend que l’on peut connaître le même Dieu, mais non par le même Esprit… ! Ceci explique l’attitude hostile d’Ismaël à l’encontre d’Isaac. Car, de par leur nature, ce sont ceux qui sont « nés selon la chair » qui persécutent ceux qui sont « nés selon l’Esprit », et non le contraire. En quoi consiste donc cette hostilité ? Il est écrit que, lorsqu’Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré « Sara vit rire le fils qu’Agar, l’Égyptienne, avait enfanté à Abraham ; et elle dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n’héritera pas avec mon fils, avec Isaac… » Gen 21:8-10. Ismaël rit d’Isaac ! Le rire est le premier degré dans l’échelle de la persécution, puis viennent la moquerie, la haine et la mort. Il n’y a qu’un pas du rire au martyre de celui qui en est l’objet.

  Les Paroles de Jésus, convainquant d’orgueil et de propre justice, ainsi que Ses miracles et Ses prodiges, suscitèrent la jalousie et donc l’hostilité des gens religieux à son encontre. Il est révélateur de relever que leur décision de faire mourir Jésus, outre la lapidation à laquelle Il échappa deux fois, fut prise lorsqu’Il fit connaître Son Origine divine, ainsi que le rapporte l’Écriture. En effet, après avoir guéri le paralytique de Béthesda, Jésus dit aux Juifs : « Mon Père agit jusqu’à présent ; moi aussi, j’agis. A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu… » Jean 5:17-18. Quelques temps après, Jésus dit aux Juifs qui disputaient avec lui : « Abraham, votre Père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour : il l’a vu, et il s’est réjoui. Les Juifs lui dirent : Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui ; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple… » Jean 8:56-59. Plus tard encore, Jésus dit au sujet des brebis qui lui appartiennent : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un. Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider… » Jean 10:29-31. Ainsi, à partir du moment où la Divinité du Seigneur Jésus, et donc de Sa Sainteté, fut manifestée, son arrêt de mort fut prononcé. Et pourquoi cela ? Parce qu’aucune autre Puissance ne peut convaincre de folie les dénominations religieuses, faites par les hommes, si ce n’est la Manifestation de la Divinité du Christ, car elle atteste et annonce, en Sa Personne, le seul Roi et le seul Royaume céleste qui mettront fin aux systèmes et aux royaumes terrestres, auxquels Christ et le Royaume de Dieu survivront éternellement. Ceci éclaire pourquoi la Divinité de Jésus a toujours été attaquée, amoindrie ou niée, non seulement par le monde, mais aussi à l’intérieur de certains courants de la chrétienté.

  Jésus dit à Ses disciples : « Le monde ne peut vous haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises… » Jean 7:7. Et, dit-Il encore : « Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu… » Jean 3:20-21. La cause pour laquelle Jésus fut haï ne se trouvait évidemment pas en Lui, mais en ceux qui le haïssaient, par réaction à l’écoute de Sa Parole. Leur aveuglement spirituel était la cause de leur refus de la Lumière de la Vérité. Car Jésus est la Vérité, et le rejet de la Vérité a abouti donc à la Crucifixion de Celui qui est la Vérité ; ce qui annonçait, dès lors, la persécution des témoins qui l’ont reçue, vécue et proclamée.

  Le racheté, par l’Esprit de Jésus en lui et par son témoignage, produit, toute proportion gardée, le même effet envers autrui que la Présence de Jésus : soit il attire, soit il est rejeté, ainsi que l’écrit l’apôtre : « Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent : aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie… » II Cor 2:15-16. De la part de Dieu, le racheté émet la vie spirituelle qui est cette « bonne odeur de Christ », avec les mêmes conséquences. Ainsi, à son contact, les uns sont attirés par lui à Jésus, tandis que d’autres le fuient ; les uns l’accueillent, tandis que d’autres le rejettent. Cette même « odeur de vie » suscite, soit la confiance, soit la méfiance, l’hostilité même, ainsi qu’il est écrit : « C’est à cause de toi (Éternel) qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie… » Rom 8:36. Il s’agit ici, spirituellement, d’une mise à mort « à longueur de journée », découlant de cette pression constante de l’adversité, de cette oppression que subit le croyant pieux dans sa marche à contre-courant de l’esprit du monde, suivant en cela les traces du Seigneur Jésus, dont il est dit : « Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée… » Héb 12:3. Qui, dans certaines situations difficiles, n’a pas déjà précisément senti « Quelqu’un » qui l’avait précédé et soutenu ?