M193 – MAIS L’ ÉPÉE …

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  « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison… » Matt 10:34-36.

  Il est des Paroles de l’Écriture, dont le croyant fait, en particulier, ses convictions ou le sujet de ses prédications. Cependant, chaque parole, chaque vérité est à recevoir comme constituant la « sagesse infiniment variée de Dieu… » Eph 3:10, qui éclaire les yeux de notre cœur et nous fait croître en Lui. Ainsi, ce même Jésus qui a dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point… »  Jean 14:27, a dit aussi : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée… ». Que signifie donc ces paroles surprenantes de la part de Jésus, lorsqu’il dit : « Je vous donne la paix… ma paix… » Jésus parle ici de la Paix qui résulte du pardon des péchés, et que tout racheté a reçu en abondance. Mais lorsqu’il dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée… », Jésus fait allusion à la persécution contre celui qui croit, mais aussi à cette paix, telle que la conçoivent les hommes, mais sans Dieu, et donc sans être transformés par Lui. Il s’agit là de cette sorte de paix « sur la terre » comme le dit précisément Jésus, alors que la « paix avec Dieu », reçue d’en-haut, est la paix véritable qui habite le cœur.

  Lors de la présentation de Jésus, Siméon, poussé dans le temple par l’Esprit, dit : « Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même (en s’adressant à Marie) une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées… » Luc 2:34-35. Ce qui fut pour Marie un sujet de joie et d’allégresse devint, dans la suite, la douleur d’un cœur transpercé. En effet à Marie qui dit à Jésus, lors des noces de Cana : « Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira… » Jean 2:3-5. Un premier coup d’épée ! À quelqu’un disant à Jésus : « Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. Mais Il répondit : Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et qui la mettent en pratique… » Luc 8:20-21. Un autre coup d’épée ! À une femme, élevant la voix du milieu de la foule, et disant : « Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! Il répondit :  Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et qui la gardent… » Luc 11:27-28. Encore un coup d’épée ! Jésus a toujours dit à Marie : « femme », et jamais : « mère ». La seule fois qu’il l’appela : mère, ce fut du haut de la croix, et ceci en rapport, non pas à Lui-même, mais à Jean, l’apôtre. En effet : « Jésus voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui… » Jean 19:26-27. Ce fut donc là le dernier coup d’épée qui transperça l’âme de Marie. Ceci accomplissant ces paroles prophétiques de Siméon, disant à Marie : « Voici, cet enfant est destiné… à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme… afin que les pensées de beaucoup de cœur soient dévoilées… » Luc 2:34-35.

  « L’épée » dont parle Jésus a donc un sens particulier qui émeut notre cœur naturel, en ce qu’elle touche aussi ceux qui nous sont chers. Nous nous souvenons de Corneille, le centenier romain, qui, « ayant réuni ses parents et ses amis intimes… », écoutèrent la prédication de Pierre, reçurent l’Esprit-Saint, parlèrent en langues et glorifièrent Dieu : Act 10:24 et 44-46 ; de Lydie, la marchande de pourpre, à qui le Seigneur « ouvrit le cœur pour qu’elle fût attentive à ce que disait Paul… », et qui se fit baptiser avec sa famille : Act 16:14-15 ; du geôlier de Philippes, auquel Paul et Silas annoncèrent la Parole de Dieu, ainsi « qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison… », qui « fut baptisé, lui, et tous les siens », et qui « se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu… » Act 16:31-34. Il est à relever qu’en ces temps-là la coutume voulait que tous les membres d’une famille acceptassent les convictions ou la foi du père de famille, étant le chef de la maison. Dieu seul sait quelle fut l’expérience de la foi du plus petit au plus grand, et quand celle-ci deviendrait effective dans la vie de chacun d’eux.

Précédant ces événements, les Paroles de Jésus avaient donc déjà retenti, disant : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère… ». Plus tard, l’apôtre Paul, répondant à des questions posées par les croyants de Corinthe au sujet du rapport entre le conjoint converti et le conjoint inconverti, écrira : « Car que sais-tu femme, si tu sauveras ton mari ? Que sais-tu homme, si tu sauveras ta femme… ? » I Cor 7:16. Nous sommes loin ici de « l’idéal » de la vie de famille harmonieuse dans laquelle, chaque membre, ayant perdu sa personnalité propre, joue le rôle imposé par le père de famille dominateur et légaliste ; ceci amenant ces âmes à adopter une vie faite de principes, mais qui masquent la nécessité d’une véritable conversion.

  Ainsi, tels croyants affirment que tous les membres d’une famille seront sauvés tôt ou tard, alors que l’histoire entière, et nous-mêmes, nous savons que le salut ne se reçoit pas « par voie héréditaire. D’où vient donc que des âmes d’un même milieu croient, tandis que d’autres, ayant entendu la même Parole, ne croient point ou croient différemment ? Une lumière nous est apportée en ce qui concerne les juifs et les païens, l’apôtre écrit, en effet : « Si tu te glorifies, sache que ce n’est pas toi (le croyant d’entre les païens) qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte. Tu diras donc : Les branches (Les Juifs) ont été retranchées, afin que moi je fusse enté. Cela est vrai ; elles ont été retranchées pour cause d’incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles (les Juifs), il ne t’épargnera pas non plus… » Rom 11:18-21. Ainsi, il s’avère que cette distinction aussi a lieu à l’intérieur de la race d’Israël, comme elle l’est aussi à l’intérieur de la communauté des croyants, selon que le dit l’Écriture : « Car tous ceux qui descendent d’Israël, ne sont pas tous Israël, et pour être la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants… » Rom 9:6-5.

  La foi des uns provoquerait-elle, par contrecoup, l’incrédulité des autres ? Ou l’incrédulité des uns favoriserait-elle, par contraste, la recherche de la foi chez d’autres ? La division entre le fils et le père, entre la fille et la mère, comme en tout autre degré des relations humaines est une conséquence écoulant de la prédication de la Parole de Dieu dans les cœurs, qu’elle éclaire. C’est ce qu’il nous est donné de comprendre des Paroles mêmes de Jésus, disant : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi… » Matt 10:37-38. Jésus ne nous défend pas d’aimer ceux qui nous sont chers. Mais, par ce « plus que moi », notre Seigneur  nous fait comprendre qu’il s’agit, non pas d’un « volume » d’amour dont Il serait privé… mais de cet amour spirituel au-dedans de nous, envers Lui, dont nous nous priverions nous-mêmes.