M190 – DES CIEUX ON COMBATTIT …

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   « Des cieux on combattit, de leurs sentiers les étoiles combattirent contre Sisera … ! » Juges 5-20.

  Israël était opprimé depuis vingt ans par Jabin, roi de Hatsor. Alors Débora, la prophétesse, envoya appeler Barak, afin de conduire l’armée d’Israël à la rencontre de Sisera, chef de l’armée de Jabin. Mais Barak était un homme craintif : « Si tu viens avec moi, j’irai, dit-il à Débora ; mais si tu ne viens pas avec moi, je n’irai pas. Elle lui répondit : J’irai bien avec toi ; mais tu n’auras point de gloire sur la voie où tu marches, car l’Éternel livrera Sisera entre les mains d’une femme… » Juge 4:8-9. Israël combattit et défit l’armée syrienne. L’Éternel, le Dieu des armées, avec le courage d’une femme et un homme capable mais peureux, remporta la victoire, victoire que chanta Débora sous l’Inspiration divine, et qui dévoile le mystère de l’Action céleste de Dieu envers Son peuple. « Des cieux on combattit, de leurs sentiers les étoiles combattirent contre Sisera… » Ces paroles nous éclairent sur le combat spirituel de la guerre invisible, c’est-à-dire, sur notre combat dans l’intercession.

  Peu de temps après avoir été oint roi sur Israël, David fut attaqué une première fois par les Philistins. A la deuxième fois, l’Éternel dit à David qui l’avait consulté : « Tu ne monteras pas ; tournes-les par derrière, et tu arriveras sur eux vis-à-vis des mûriers. Quand tu entendras un bruit de pas dans la cime des mûriers, alors hâte-toi, car c’est l’Éternel qui marche devant toi pour battre l’armée des Philistins. David fit ce que l’Éternel lui avait ordonné, et il battit les Philistins depuis Guéba jusqu’à Guézer… » II Sam 5:23-25. Sans la voir encore, David crut au secours de l’Armée céleste, à la seule écoute du « bruit de ses pas », conformément à la Parole de l’Éternel. Exprimant cette même réalité, l’Écriture nous rapporte que Ben-Haddad, le roi de Syrie envoya une troupe de chevaux et de chars vers la ville de Dothan, pour se saisir du prophète Élisée qui révélait les mouvements de son armée au roi d’Israël ! A la vue de l’armée syrienne, enveloppant la ville, le serviteur dit à l’homme de Dieu : « Ah ! mon Seigneur, comment ferons-nous ? Le prophète répondit : Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux. Élisée pria, et dit : Éternel, ouvre ses yeux, pour qu’il voie. Et l’Éternel ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la montagne pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Élisée… » II Rois 6:15-17.

  La bataille qui opposa Amalek à Israël après sa sortie d’Égypte, met en évidence la relation entre le combat dans les cieux et celui sur la terre. Moïse dit à Josué ; « Choisis-nous des hommes, sors, et combats Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; et lorsqu’il baissait sa main, Amalek était le plus fort. Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre ; et ses mains restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et Josué vainquit Amalek et son peuple au tranchant de l’épée… » Exo 17:9-13. A première vue, il y aurait là un rapport de cause à effet : la main levée, c’est la victoire ; la main baissée, c’est la défaite ! L’issue de la bataille semble dépendre des seules mains de Moïse, de ses seules prières, pour ne pas dire de Moïse lui-même. C’est ce que l’intelligence humaine pourrait en déduire, mais la compréhension spirituelle en est autre, car à Dieu seul appartient la victoire, qui toujours couronne l’exécution des Desseins divins.

  Ces réalités spirituelles nous font entrevoir l’Action invisible de Dieu qui influe sur les choses visibles de ce monde, parce que d’une portée éternelle. Il y a lieu de savoir que ce ne sont pas nos prières, par elles-mêmes, qui font « bouger » le bras de Dieu. Dieu seul est Souverain, et nos prières ferventes ne sont efficaces que lorsqu’elles sont en accord avec Sa Volonté. Quelle place tient donc la prière dans la Souveraineté de Dieu ? Cette Souveraineté engage notre responsabilité spirituelle à accompagner de nos prières l’accomplissement de la Volonté divine dans nos vies, et cela par la foi nourrie de cette certitude que chaque événement est inscrit dans le Plan éternel de Dieu pour chacun de nous.

 Cette prière sur la colline nous révèle une manière d’agir de la part de Dieu, qui est pour nous une source d’encouragement à persévérer dans l’intercession. Face à la bataille qui s’engage sous ses yeux, Moïse est debout, le bras levé, la verge de Dieu dans sa main ; puis, la fatigue se faisant sentir, Moïse éprouve la nécessité de s’asseoir sur une pierre, placée sous lui par Aaron et Hur ; enfin, ceux-ci doivent soutenir ses mains, de part et d’autre, jusqu’à la victoire. D’où l’on voit que, plus l’on s’approche de la victoire, plus Moïse se fatigue ; en fait, plus Moïse s’affaiblit, plus Israël devient fort. Le Dieu Tout-Puissant, qui donna la victoire, n’enleva pas la fatigue de son serviteur. En effet, l’Action surnaturelle de Dieu n’empêche pas le cours naturel des choses chez l’intercesseur, au contraire, la faiblesse naturelle (à ne pas confondre avec la faiblesse charnelle) est même la condition à partir de laquelle s’opère toute œuvre de la part de Dieu. Et la faiblesse, parce qu’elle ne peut s’opposer à quoi que ce soit, laisse toute la place à l’accomplissement des Œuvres de Dieu. Combien il est réconfortant également de savoir que Dieu nous accorde des « Aaron » et des « Hur » en la personne d’un frère ou d’une sœur en la foi, pour nous encourager à ne pas nous relâcher dans la prière.

  Daniel, la troisième année du règne de Cyrus, roi de Perse, reçut de la part de l’Éternel la vision concernant son peuple et les temps à venir. Il pria et jeûna vingt et un jour, au terme desquels l’ange lui dit : « Daniel, ne crains rien ; car dès le premier jour où tu as eu à cœur de comprendre, et de t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et c’est à cause de tes paroles que je viens. Le chef du royaume de Perse m’a résisté vingt et un jour ; mais voici, Micaël, l’un des principaux chefs, est venu à mon secours, et je suis demeuré là auprès des rois de Perse… » Dan 10:12-13. Et, après avoir apporté l’exaucement à sa prière, l’ange lui dit : « Maintenant, je m’en retourne pour combattre le chef de la Perse ; et quand je partirai, voici, le chef de Javan viendra… » Dan 10:20. Durant tout ce temps-là, Daniel s’était adonné à la prière, appuyé sur la parole du prophète Jérémie au sujet de la promesse de la fin de la captivité qui devait durer soixante et dix ans… : Dan 9:2. Ce n’est donc pas « l’aller » de la prière, mais le « retour » de l’exaucement qui nécessita l’intervention de l’armée céleste. L’ange annonciateur se fraya un passage au travers des « princes de ce monde de ténèbres  et des esprits méchants dans les lieux célestes… » Eph 6 :12, et ceci en étant secouru par Micaël, chef de l’armée angélique, en réponse à un homme « sans force » qui sut prier au temps et d’après le plan fixés par Dieu. L’ Armée des cieux soutiendra toujours un homme, qui soutient les combats de l’Éternel, et non les siens propres. Un tel croyant a compris la différence entre combattre et se débattre.

  Le combat dans les cieux soutient, ici-bas, notre combat dans la foi ; il nous éclaire sur la nécessité de l’humilité et de la soumission, par lesquelles nous demeurons en relation avec la Puissance du Roi des cieux. A Pierre, qui venait d’emporter l’oreille du serviteur du souverain sacrificateur, qui était venu avec la troupe en armes pour arrêter Jésus, Jésus dit : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges… ? » Matt 26:52-53. Disposer d’une telle puissance pour échapper à la souffrance, ne serait-ce qu’à la mort sur la Croix et ne pas s’en servir, montre la soumission totale du Fils de l’homme, en vue de notre Rédemption. Car, c’est justement « par sa mort, dit l’Écriture, que Jésus a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la Croix… » Col 2:15.

  Ainsi, après avoir été ressuscité, élevé à la droite de Dieu et glorifié, Jésus combat pour nous, et « parce qu’il demeure éternellement… Il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur… » Héb 7:24-25. « Des cieux on combattit… », nous ne sommes donc jamais seuls à combattre. Celui qui est Insondable nous secourt dans ce qui nous dépasse. Et quelle force de savoir que ce Seigneur glorieux, qui ne cesse d’intercéder pour nous, nous a appelés aussi à intercéder par Son Esprit reçu en nous.