M186 – CEUX QUI DORMENT …

Format PDF

    «  Quand les hommes diront : Paix et sûreté ! Alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point. Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ; vous êtes tous des enfants de lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres. Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit… ! » I Thess 5:3-7.

  Avant tout événement marquant, annoncé par l’Écriture, il est à relever souvent soit une méconnaissance du Dessein de Dieu, soit une certaine connaissance, mais sans le discernement spirituel, qui seul éclaire les rachetés et les introduit dans l’accomplissement de ce qui est annoncé. La Parabole des dix vierges nous éclaire à cet égard, Jésus dit : « Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent… » Matt 25:5. Les vierges sages et les vierges folles s’endormirent à un moment crucial. Il y a, en effet, un sommeil spirituel avant tout accomplissement prophétique, et cet état d’assoupissement est attesté, en particulier, lors de la seconde Venue de Jésus. L’apôtre Paul écrit aux Romains : « Cela importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes : c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru… » Rom 13:11. Il est frappant de constater déjà l’existence d’un sommeil spirituel dans l’Église primitive en rapport avec le Retour de Jésus. Ce sommeil spirituel est connu de Dieu, puisqu’Il y remédie, d’où les vierges sages qui se réveillent au « cri » annonçant la Venue de l’Époux « afin d’aller à sa rencontre… » Matt 25:6. La différence visible qui révèle la prévoyance des vierges sages et l’imprévoyance des vierges folles se reconnaît dans le fait que les sages prirent avec leurs lampes, de l’huile dans des vases, tandis que les folles prirent leurs lampes sans les vases de réserve.

  Il est une erreur de compréhension qui a apporté de fausses explications à beaucoup de problèmes spirituels. Et cette erreur est de penser que « ceux qui dorment » … ne font rien. Or, si cela est le cas dans le domaine naturel, il en est le contraire dans le domaine spirituel. Jésus nous rapporte que, toutes les vierges se réveillèrent, les folles comme les sages, et « toutes préparèrent leurs lampes… », mais les folles dirent aux sages : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les sages répondirent : Non ; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent : Seigneur, Seigneur ; ouvre-nous. Mais il leur répondit : Je vous le dit en vérité, je ne vous connais pas… » Matt 25:8-12. Les vierges « folles » l’ont toujours été, et cela avant, pendant et même après leur sommeil. En effet, les sages se tenaient prêtes, tandis que les folles en étaient encore à se préparer. Elles ne cessaient d’aller et de venir pour « acheter » de l’huile. Ainsi, plus les vierges folles sont « remuantes », en agissant à contretemps, plus elles prouvent qu’elles « dorment » spirituellement.

  Que ceux qui s’activent soient parmi ceux qui dorment spirituellement est démontré par les Écritures, disant : « Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons. Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit… »  En effet, dans les « ténèbres spirituelles » certains « dorment », tandis que d’autres « s’enivrent ». Il s’agit ici de l’esprit de l’homme en sommeil qui laisse libre cours à l’agitation de son âme ivre, empressée de voir et d’agir selon ses propres lumières. C’est là cette ivresse de l’entendement qui se manifeste à contresens de la Pensée de Dieu ; ce zèle sans intelligence dû à l’absence de Direction de l’Esprit, tant dans la vie personnelle que dans le service pour Dieu. Ainsi, toute activité fébrile, tout combat, mais selon la chair, contre les esprits et les doctrines de démons attirent sur ceux qui veulent les combattre, la même puissance d’égarement.

  L’Écriture nous conduit à distinguer entre l’assoupissement des vierges sages et celui des vierges folles, et cela à l’exemple de la Sulamithe soupirant jour et nuit après son « bien-aimé », et qui préfigure le « sommeil » des sages : « J’étais endormie, dit-elle, mais mon cœur veillait… C’est la voix de mon bien-aimé qui frappe : Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite… » Cant. des Cant. 5:2. Il ressort de ces paroles que le propre des sages est de dormir en veillant, tandis que les  vierges folles croient être réveillées… en dormant. Et la Sulamithe, qui s’était levée pour aller à la rencontre de son Bien-aimé qui avait disparu (car le temps des noces n’était point encore arrivé), s’écrie : « … Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée ; ils m’ont frappée, ils m’ont blessée ; ils ont enlevé mon voile, les gardes des murs… » Cant. des cant. 5:7. Ces gardes (les mauvais serviteurs de la Parole), physiquement réveillés, mais spirituellement morts, n’ont pas vu ni pressenti l’approche du Bien-aimé dont ils auraient dû annoncer la venue à la ville, à la Sulamithe, et, plus tard, à l’Église ! C’est également là le sommeil agité des vierges folles qui, toujours préoccupées d’elles-mêmes, sont incapables de reconnaître les signes et la Venue Bien-aimé, le Christ. Elles blâment les vierges sages qui, elles, discernent la Révélation de la Parole de Dieu qui les tient prêtes et nourrit leur attente.

  En pénétrant plus avant dans cette réalité spirituelle, nous ne saurions omettre ce que connaît toute personne endormie, consciemment ou non, à savoir : le rêve. Tout en laissant à l’homme l’interprétation de ses rêves, voici l’explication qu’en donne l’Ecclésiaste : « Si les songes naissent de la multitude des occupations, la voix de l’insensé se fait entendre dans la multitude des paroles… », et dit-il encore : « S’il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucoup de paroles ; c’est pour quoi, craint Dieu… » Ecc 5:2, 6. En peu de mots, l’Écriture démontre leur existence provenant et traduisant les vicissitudes de la vie. Certes, lorsque le Saint-Esprit descendit sur les disciples le jour de la Pentecôte, Pierre déclara au peuple de Jérusalem : « C’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël : Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes… » Act 2:16-17. Ce sont ici les visions et les songes venant de Dieu, confirmant Sa Parole, et non pas des rêves et des pensées venant de soi-même, que l’on interprète comme étant des dons spirituels ou des messages prophétiques. C’est dans de telles déviations dues à la présomption que beaucoup tombent, ainsi que nous l’apprend déjà le prophète Jérémie par la lettre qu’il envoya aux Juifs déportés à Babylone, disant : « Ainsi parle l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes qui sont au milieu de vous, et par vos devins, n’écoutez pas vos songeurs dont vous provoquez les songes… » Jér 29:8. Car les Juifs faisaient pression sur les prophètes, et ceux-ci cédaient devant eux par crainte ou par cupidité, en leur disant les paroles qu’ils voulaient bien entendre. Pareillement, le croyant charnel, dans son assoupissement spirituel, rêve lui aussi de toutes sortes d’initiatives, de messages, qu’il croit être inspirés de l’Esprit-Saint, alors qu’il prend son imagination pour la Pensée de Dieu.

   « Mais vous, frères, nous rappelle Paul, vous n’êtes pas dans les ténèbres pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ; vous êtes tous des enfants de lumière et des enfants du jour… » I Thess 5:4. Et ce Collyre divin qui ouvre nos yeux est exprimé dans ces paroles : « Nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de la charité, et ayant pour casque l’espérance du salut… » I Thess 5:8. La « partie » la plus importante de cette cuirasse, de cette armure c’est nous-mêmes qui sommes à l’intérieur. Et l’arme, entre autres, qui rend efficaces toutes celles que nous portons est cette « sobriété » spirituelle, qui, par le discernement, nous rend capables de « nous dépouiller des œuvres des ténèbres, et de revêtir les armes de la lumière… » Rom 13:12. Dans cette disposition de notre cœur, gardé de tout sommeil spirituel et de toute ivresse des « œuvres mortes », nous sommes, de même, gardés dans le temps présent de toutes choses, qui ne viendraient pas de Celui dont nous attendons ardemment la Venue.