M184 – AYANT LA DÉMANGEAISON D’ENTENDRE …

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      «  Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre (Litt. étant chatouillés quant à l’oreille) des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables… ! » II Tim 4:1-4.

  «  Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre (Litt. étant chatouillés quant à l’oreille) des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables… » II Tim 4:1-4.

  A la fin de chaque réveil, comme de chaque civilisation, c’est-à-dire, au temps de la mort morale ou spirituelle de tel peuple ou de telle communauté, il y a toujours une sorte de précipitation vers le mal. Ceci est également vécu parmi les croyants, d’entre lesquels, chaque fois, un petit nombre connaît alors un sursaut spirituel, une aspiration à demeurer dans le creux du « Rocher » qui est Christ, et auprès des « Eaux » abondantes qui en jaillissent. Cependant, beaucoup de croyants considèrent la « parole de la persévérance » dans le Seigneur comme étant une parole, qui ne correspond pas à leurs désirs, impatients qu’ils sont, de voir « bouger » les choses. Ces âmes se sentent comme « distancées » par les manifestations fascinantes et trompeuses de ce monde, auxquelles elles voudraient répondre par des manifestations de manière radicale, plutôt que par la seule fidélité au Dieu vivant.

  Nous ne savons ni le jour ni l’heure de la venue du Seigneur, mais ce qui est sûr, c’est que nous ressentons un état d’esprit de fin des temps. Beaucoup de croyants se sentent comme impuissants devant tout ce qui, en ce monde, détourne de Dieu vers les fausses lumières de « Satan lui-même déguisé en ange de lumière… » II Cor 11:14. Il en résulte alors la tentation de répondre d’une manière humaine à cette puissance déferlante qui semble défier celle de Dieu. C’est à cela précisément que vise Satan : inciter les croyants à rechercher toutes sortes de solutions, plutôt que celle, essentielle, de la vigilance dans l’intercession. Il en résulte qu’en ces âmes, n’étant pas spirituellement nourries, la perspective de l’éternité est alors ramenée à l’instant présent, le céleste au terrestre, et le spirituel à la pensée humaine. La Promesse de la vie éternelle, qui nourrit la persévérance, est alors remplacée par un désir d’exaucements immédiats de bénédictions et de miracles, d’où cette « démangeaison d’entendre des choses agréables », qui reflète l’agitation même de ce monde.

  Tout réveil authentique manifeste la joie découlant de l’attente de la venue de Jésus. Mais lorsque l’espérance de l’éternité s’estompe, le besoin de s’y préparer disparaît, et la vie spirituelle s’éteint. Tout est ramené à soi-même, et l’impatience des désirs personnels remplace l’aspiration aux « choses d’en haut ». Or, l’absence des « choses d’en haut » donne libre cours à des interrogations, et crée un vide d’où naît la recherche d’entendre des nouvelles doctrines ou d’expérimenter des manifestations qui jamais ne peuvent combler un cœur qui aspire à la saine Parole de Dieu. Et la saine compréhension de la Parole s’éclaire en proportion de l’ouverture de notre cœur à la dimension spirituelle des choses célestes.

  L’Écriture rapporte que « le peuple d’Israël, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne de Sinaï, s’assembla autour d’Aaron, et lui dit : Allons ! Fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu… »  Exode 32:1. Dans le même ordre d’idée, l’apôtre Paul écrit aux Thessaloniciens, qui s’attendaient au retour imminent du Seigneur : « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là… » II Thess 2:1-2. Les périodes d’attente peuvent susciter toutes sortes de réactions, qui inspirent des solutions charnelles aux problèmes spirituels, car l’impatience est mauvaise conseillère. Face à ce monde en crise qui est « sous la puissance du malin …» I Jean 5:19, l’Écriture nous rappelle que « nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes… » Eph 6:12. Le fait d’oublier cette exhortation ouvre la porte à une effervescence d’initiatives charnelles, alors que le combat spirituel de la foi proclame la Victoire de Christ acquise et dans le ciel et dans les cœurs de ceux qui lui appartiennent. Or, nous savons que l’intercession et la discussion s’excluent l’une l’autre, car le penchant à la discussion montre l’absence d’intercession et l’Esprit d’intercession révèle la vanité de maintes discussions.

  Face à la séduction qui s’accroît dans le monde, la tentation est de multiplier les méthodes selon l’esprit du monde, plutôt que de recourir au discernement de l’Esprit de Dieu. Veillons donc à ce que nul d’entre nous, délaissant le « Rocher » de la Parole, ne se porte spirituellement vers « l’Aréopage », et ne devienne semblable à « … tous les Athéniens et les étrangers demeurant à Athènes, et qui ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter des nouvelles… » Act 17:21. C’est à eux que l’apôtre Paul prêcha le Christ crucifié et ressuscité, le seul Sauveur et la seule Sagesse que les philosophes ignoraient jusqu’alors. Cependant, pareillement à ces discoureurs et à ceux qui les écoutaient, la même démangeaison d’entendre des choses nouvelles fait que les croyants  de même « se donnent une foule de docteurs selon leurs propres désirs… ». Et il ne manque pas de faux docteurs et de faux prophètes, à la prédication desquels les âmes « détournent l’oreille de la vérité et se tournent vers les fables… », et pour lesquelles la recherche des bénédictions instantanées a remplacé l’œuvre intérieure du « dépouillement du vieil homme » et du « revêtement de l’homme nouveau » en Christ : Col 3:9-10.

  Au cours des siècles, en effet, le contenu des « fables » a été différent. Les fables, c’est l’erreur, et l’erreur se propage d’abord par un faux esprit, qui inspire la fausse doctrine qui lui correspond ; et l’on sait que l’âme ignorante, même sincère, acceptera toujours plus l’apparence de la vérité que la vérité elle-même. Alors que l’Éternel avait prononcé du mal contre Achab, qui devait mourir dans la bataille contre les Syriens, le roi impie fit appeler tous les prophètes qui lui prophétisèrent la victoire. Un messager envoyé par le roi auprès de Michée, le seul prophète resté fidèle à l’Éternel, lui parla ainsi : « Voici, les prophètes, d’un commun accord, prophétisent du bien au roi ; que ta parole soit donc comme la parole de chacun d’eux ! Annonce du bien ! Michée répondit : L’Éternel est vivant ! J’annoncerai ce que l’Éternel me dira… » I Rois 22:13-14. Dans l’Évangile, alors que Jésus parlait à ses disciples de Ses souffrances, de Sa mort et de Sa résurrection, « Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit : A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes… » Matt 16:22-23. Ces deux événements, aux contenus et en des temps différents, ont cependant un point commun entre eux, consistant pour le premier à se conformer à la pensée de tous pour satisfaire la volonté du roi, et pour le second en une parole  protectrice provenant de sentiments humains, mais opposés à la Pensée de Dieu.

  Les situations de crise suscitent donc, le désir d’entendre des messages de paix et de sécurité, comme si l’on voulait changer ou conjurer des évènements douloureux, ou les temps difficiles à venir. Combien se vérifie cette Parole de l’Écriture, disant : « L’oppression rend insensé le sage… » Ecc 7:7. Voilà pourquoi, dit le prophète Amos, qui souffrait de la décadence spirituelle du peuple d’Israël : « En des temps comme ceux-ci, le sage se tait ; car ces temps sont mauvais… » Amos 5:13. Faut-il donc se taire ? Assurément, en ce qui concerne ce penchant d’écouter comme aussi de dire, des paroles provenant de l’esprit obscurci de l’homme. Ainsi, il est temps de recevoir et de communiquer la Parole révélée par l’Esprit de Dieu. Car seules de telles Paroles suffisent à nous préserver nous-mêmes, ainsi qu’autrui, de la confusion et à nous garder debout, car, dit le Psalmiste : « Quand les fondements sont renversés, le juste, que ferait-il… » Ps 11:3. Or, quand tout s’effondre autour de nous, plus intérieurement nous grandissons en Dieu, et plus notre chair est réduite au silence, plus nous sommes en état d’entendre Sa Voix.