M183 – LE MALIN NE LE TOUCHE PAS …

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     «  Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point ;  mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin… ! » I Jean 5:18-19.

  Quelle est donc cette sorte de croyant que le malin ne touche pas ? En quoi l’épreuve, la tentation comme la séduction n’ont-elles pas prise sur lui ? En quoi le malin voit-il que toutes ses ruses sont discernées et déjouées ? Ce n’est certes pas en raison d’une spiritualité particulière, ni d’un esprit fort ou mystique, qui sont autant de manifestations de l’orgueil, mais dans le fait que le diable voit en celui qui « se garde lui-même » la Présence de Jésus, qui a triomphé de lui. Ces paroles : « Le malin ne le touche pas… » ne signifie pas que le croyant soit exempt d’épreuves et de tentations. L’Œuvre rédemptrice de Jésus est parfaite en nous, mais nous-mêmes ne le sommes pas. Aussi, une âme sauvée n’est pas à toujours à l’abri d’un faux pas, de même qu’une personne qui a été guérie n’est pas nécessairement à l’abri de la maladie. Le salut, comme la guérison ne signifie pas « immunité » contre toute erreur et toute faiblesse, l’infaillibilité n’existant pas ici-bas. Le malin ne nous touche pas parce que Dieu nous garde, mais nous ne sommes pas protégés malgré nous, car « se garder soi-même » n’est pas autre chose, que se soumettre constamment à Dieu. Comment Dieu pourrait-Il protéger quelqu’un qui ne ferait que sa propre volonté ? Celui qui, en effet, n’est pas conscient de la nécessité d’être gardé à cause de sa faiblesse se met, par là même, en dehors de la Volonté de Dieu, et par conséquent de sa Protection.

  « Vous qui aimez l’Éternel, haïssez le mal… » Ps 97:10, dit le Psalmiste, ainsi que nous l’avons donc lu le racheté « se garde lui-même… ». Il n’y a point de contradiction dans ces paroles. La Part de Dieu à laquelle répond la part du croyant, en ce qui concerne le fait d’être gardé du malin, est un mystère comme beaucoup d’autres, qui n’est connu que de Dieu seul, mais la foi éclaire notre compréhension à cet égard. Paul écrit, à la fin de sa vie : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi… » II Tim 4:7. Pierre, s’adressant aux croyants de la dispersion, écrit : « A vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps… » I Pier 1:5. Il ressort de ces paroles que, d’une part, nous gardons la foi, et, d’autre part, nous sommes gardés par elle. Il n’y a pas cependant deux sortes de « foi », l’une par laquelle nous nous gardons et une autre qui nous garde, mais deux aspects de la foi. Ainsi en est-il pour ce qui est de l’assurance d’être gardé du malin. Dieu garde celui qui se garde, lequel ne le peut qu’en recevant la Force de Dieu Lui-même qui le garde ! Et le seul fait de savoir que « nul ne peut ravir mes brebis de la main de mon Père… » Jean 10:28, dit Jésus, suffit à donner la force suffisante à notre main… pour tenir la Sienne.

  Ce qui empêche le malin de « toucher » le racheté résulte également de la vie changée de celui-ci. L’Écriture déclare que « quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu… » I Jean 3:9. Certes, le croyant engendré par la Semence de la Parole de vie n’est pas exempt de faiblesses, mais il ne peut « pratiquer » le péché, c’est-à-dire, récidiver, ou encore y demeurer d’une manière impénitente, ni non plus, évidemment, commettre « le péché qui mène à la mort… » I Jean 5:16, dont le blasphème contre le Saint-Esprit est la cause. Ainsi, le racheté se garde autant par la pureté de sa vie transformée que par la foi, dont le combat de la prière est d’exprimer l’Autorité de la Parole de Dieu. Et la puissance de notre autorité n’est autre que la Présence de Jésus en nous par Le Saint-Esprit, aussi n’y a-t-il pas d’autorité sans la sainteté. Jésus vint ici-bas comme une Lumière insoutenable aux yeux de Satan, et c’est exactement ainsi que nous sommes vus par celui-ci, dans la mesure où nous sommes devenus semblables à notre Seigneur.

  L’Écriture nous exhorte à « revêtir toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable… » Eph 6:11. Ces armes spirituelles, pleinement efficaces, le sont d’une façon durable dans nos vies, dans la mesure où « nous faisons mourir les membres qui sont sur la terre… » Col 3:5, c’est-à-dire « les actions du corps », non par nous-mêmes, mais « par l’Esprit… » Rom 8:13. En cela, la crucifixion de notre « vieil homme » Rom 6:6, nous donne « la capacité qui vient de Dieu » pour l’accomplir : II Cor 3:5. Une vérité profonde est révélée ici : Le diable est toujours vaincu par ce qui est contraire à sa nature. Ainsi, tout lambeau charnel de la vie de notre « vieil homme » qui subsisterait encore, n’ayant pas été crucifié, donne accès à l’influence de Satan sur nous. Et pourquoi cela ? Parce que Satan est l’esprit rebelle par excellence, comme l’est aussi notre propre chair. Aussi, faute d’une crucifixion complète, et donc de sanctification, il en résulte une « affinité » entre la nature de notre chair insoumise et la nature rebelle de Satan. Ceci explique pourquoi Satan ne rencontre aucune opposition dans le croyant charnel, et en cela réside la faiblesse principale des chrétiens dans le combat de la prière contre les puissances des ténèbres. Ainsi, la puissance, par laquelle se garde l’enfant de Dieu, découle de sa nature régénérée par Christ, qui s’oppose victorieusement à la nature déchue de Satan.

  Être nés de nouveau ne signifie pas que nous soyons gardés sans la participation de notre volonté, elle aussi régénérée. Rien n’est « automatique » en ce qui concerne la vie spirituelle et la foi. Ceci nous est démontré lorsque Jésus fut conduit au désert pour être tenté par le diable. En disant : « Si tu es Fils de Dieu… », le diable ne doute pas un seul instant que Jésus le soit, car c’est précisément en s’adressant à Lui en tant que Fils de Dieu, que le tentateur fait entrevoir à Jésus qu’Il pourrait se gouverner et se suffire à Lui-même. Comme il lui était impossible de nier l’Origine et la Nature divines du Fils de Dieu, Satan chercha à amener Jésus à obéir à ses paroles tentatrices, afin de susciter chez Jésus un acte de propre volonté qui l’aurait détourné de la Volonté divine, donc séparé de Dieu Lui-même. Quelles furent donc les armes du discernement et de la victoire de Jésus sur Satan ? Jésus l’a-t-Il contré en disant : « Je suis le Fils de Dieu ; Moïse a écrit de moi ; les prophètes ont annoncé ma venue ; j’ai été engendré par le Saint-Esprit et né d’une vierge ; Jean-Baptiste m’a baptisé ; le Saint-Esprit est descendu sur moi sous la forme d’une colombe ; la Voix divine se fit entendre des cieux, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute mon affection ; je suis le Messie attendu, le Roi d’Israël… » ? Jésus, en tout cela, aurait dit l’entière vérité, mais a-t-il répondu ainsi à Satan ? Nullement ! Jésus ne s’est présenté ni n’a parlé de Lui-même, Il n’a utilisé ni les prophéties, ni les prérogatives, ni les titres qui sont les Siens, au contraire, Jésus a agi dans l’obéissance et la soumission parfaites en citant, à trois reprises, non pas Ses propres Paroles, mais le « Il est écrit… » de la loi et des prophètes, paroles de la Première Alliance, mais vivifiées, parce que prononcées par le Fils du Dieu vivant.

  Ainsi, en se référant à la Parole de Dieu, Jésus a « placé » Dieu entre Lui-même et Satan. Le Fils a été tenté, et c’est par la Parole de Son Père qu’Il a répondu. Combien infiniment plus nous-mêmes, en tant que sauvés par Grâce, avons-nous besoin de demeurer dans une telle intimité et une telle obéissance. Et quelle est donc l’attitude de celui qui vainc ? « Soumettez-vous à Dieu, dit l’Écriture ; résistez au Diable, et il fuira loin de vous… » Jac 4:7. « Se soumettre » ! Y a-t-il attitude plus vulnérable que celle-ci, et qui ressemble davantage à la position d’un vaincu qu’à celle d’un vainqueur ? C’est pourtant cette disposition intérieure là, qui paraît méprisable aux yeux des incroyants, et parfois à ceux des croyants charnels, qui terrifie Satan, au point qu’il ne peut que fuir. Non certes, ce n’est pas avec un air conquérant, en étant plein de propre assurance ou de propre justice que nous pouvons vaincre le malin. Car plus les moyens sont visibles, c’est-à-dire, charnels, et moins Satan les craint. Ce n’est que lorsqu’ils sont invisibles, parce qu’éternels et inspirés de la Parole de Dieu, « l’épée de l’Esprit… »    Eph 6:17, que le diable voit en eux les signes qui triomphent de lui, annonçant la fin de sa domination et son jugement.

  Aussitôt après être ressuscité, Jésus déclara à ses disciples sur la montagne en Galilée : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre… » Matt 28:18. Plus qu’une promesse à venir, c’est là une réalité permanente, dans les lieux célestes et dans nos vies, et rendue opérante par la foi qui vient de ces Paroles mêmes. Nous avons été délivrés de la puissance du péché et de celle de Satan par le Sang de l’Agneau. Et ce Sang, en ayant purifié notre conscience des œuvres mortes ouvre notre cœur à ce Pouvoir de Jésus, qui nous rend capables de nous garder du Malin et… de nous-mêmes.