M179 – SANS S’ATTACHER AU CHEF …

Format PDF

  « Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne… » Col 2:18-19.

 S’adressant aux croyants de Corinthe, l’apôtre Paul écrit, concernant Jésus-Christ, que Dieu « a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous… » Eph 1:22:23. L’Église est un Corps, Christ en est le Chef (la Tête) ; si Christ est la tête du Corps, Il l’est également de chaque croyant. A quoi ressemblerait donc une église, ou un croyant, spirituellement sans « tête » ? C’est là le cas de toute âme qui se conduirait « sans s’attacher au Chef ». Ce n’est pas, en effet, l’Église, ni le croyant lui-même, qui est sa propre plénitude, c’est-à-dire, sa propre tradition, ses connaissances ou expériences personnelles, mais c’est, en lui, la Plénitude reçue du Chef suprême, Christ, la Tête pensante, la Tête dirigeante. Qu’adviendrait-il donc, en ce monde désorienté, d’un croyant sans la Plénitude de l’Esprit de Christ, qui seul le conduit dans la voie de la Vérité et de la Vie.

  L’apôtre Paul exhorta sans cesse les croyants à se garder des extrêmes, en l’occurrence : le légalisme et le mysticisme. D’une part, en effet, l’observance « légaliste » de la Parole tend à conduire à la superstition, en ce que l’âme croit attirer automatiquement sur elle l’approbation ou la protection de Dieu, et cela à la manière des païens qui cherchaient à apaiser la colère des dieux par leurs pratiques magiques. Et d’autre part, la recherche « mystique » du surnaturel conduit à toutes sortes d’extravagances, regardées, à tort, comme étant des manifestations authentiques de l’Esprit, et ouvrant toute grande la porte au séducteur. Ainsi, le rituel et l’émotionnel, bien qu’étant situés aux extrêmes l’un de l’autre, se rejoignent dans une même conséquence, et conduisent à la même fin, en s’écartant, tous deux, du Chef et de Sa Parole affranchissante.

  Là où la Parole n’a pas encore été annoncée, il est de la Sagesse de Dieu de se révéler par des songes ou par des visions à l’homme. Mais c’est toujours pour le conduire par « l’Esprit de Vérité » dans la Vérité de la Parole de Dieu, car la Parole dirige toujours ceux qui l’ont reçue vers Dieu qui l’a inspirée. Ainsi, le fait de ne plus être attaché au Chef signifie que l’on s’est déjà détaché de la Parole. « C’est pourquoi, dit l’Écriture, nous devons d’autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d’elles… » Héb 2:1. La Parole, reçue par l’Esprit de Révélation  a le pouvoir de nous identifier à Christ, et cela seul nous garde de « glisser » loin de la Parole, et donc de Christ Lui-même, car, dit l’Écriture : « Celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit… » I Cor 6:17, et encore : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:16. Il s’agit donc essentiellement d’une relation d’Esprit à esprit, c’est-à-dire que l’Esprit de Dieu rend témoignage, non pas à notre âme instable, mais à notre esprit affermi. C’est pourquoi, l’homme qui ne s’attache pas au Chef se reconnaît, précisément, en ce qu’il « s’abandonne » à ses visions et à ses impressions.

  Ne pas s’attacher au Chef donne donc toute liberté à l’âme, au psychisme, de régner sur l’esprit du croyant, lequel, obscurci, se trompe lui-même par de faux raisonnements, en prenant ses propres sensations pour des manifestations spirituelles. Et pourquoi cela ? Parce que son âme insoumise, « s’interposant » entre l’Esprit de Dieu et son propre esprit, intercepte et altère le sens des choses spirituelles. Il se produit donc ce qui est dit dans la Loi au sujet de l’huile sainte avec laquelle étaient oints le tabernacle, l’autel, tous les autres objets du culte, ainsi que les souverains sacrificateurs eux-mêmes. Cette huile de l’onction sainte, dont il est écrit que « quiconque en composera de semblable, ou en mettra sur un étranger, sera retranché de son peuple… » Ex 30:33. L’âme, en effet, est étrangère aux choses de l’Esprit de Dieu, et ne peut les recevoir ni les connaître, elle est donc appelée à être soumise à notre esprit, qui lui-même est soumis au Saint-Esprit. Car la rencontre de l’Esprit divin avec ce qui lui est « étranger » produit un mélange contre nature, qui, en altérant la vie spirituelle, rompt la communion avec Dieu. 

  Dieu est un Dieu d’ordre, et nous le découvrons aussi bien dans le Domaine divin qu’en ce qui concerne les relations fraternelles. Il est une Hiérarchie divine de laquelle découle l’autorité spirituelle du racheté. L’homme étant donc le chef de la femme, en quoi consiste l’autorité du mari croyant, qui n’est pas la sienne, mais celle de Christ, sur la femme croyante ? L’Écriture déclare : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leur mari en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle… » Eph 5:22-25. De même que la femme est exhortée à être « soumise » à son mari, pareillement le mari est exhorté à « aimer » sa femme, et non pas à « s’aigrir » contre elle : Col 3:19, non pas à la dominer, mais à « se livrer » pour elle, comme Christ s’est livré pour l’Église. Car en se livrant pour son épouse, c’est-à-dire, en prenant soin d’elle, en s’oubliant lui-même, c’est sa « gloire » à lui qu’il défend et qu’il préserve, puisque c’est « la femme, et non pas l’homme, qui est la gloire de l’homme… » I Cor 11:7. Une femme, ainsi aimée, ne peut que refléter les qualités spirituelles de son mari, dans la mesure où celui-ci a vaincu ses propres défauts. Les fruits d’une telle fidélité ne peuvent que nourrir les qualités de l’épouse, dont l’aide spirituelle pour son mari est indissociable à la perfection et de l’un et de l’autre.

  En tant que disciples de Christ, notre obéissance à Sa Parole est d’une autre nature que l’obéissance des Israélites aux paroles de Moïse. « Pour Moïse, en effet, dit l’Écriture, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; mais Christ l’est comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions… » Héb 3:5-6. Moïse fut « serviteur » dans la maison, le tabernacle. Christ est « Fils » sur Sa Maison, l’Église, c’est-à-dire, nous, les rachetés ; de là la différence entre la relation avec Moïse et notre communion avec Christ. Jésus dit, en effet, aux disciples : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maitre ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon père… » Jean 15:14-15. Le « serviteur » s’applique à observer la Loi, tandis que « l’ami » reçoit la Révélation de la Parole par l’Esprit, que Dieu a fait habiter en lui. En fait, ce que le serviteur attend, l’ami le pressent. L’ Autorité de notre Chef oint consiste, non pas à nous imposer Sa Volonté, mais à susciter en nous l’amour de Ses Commandements, ainsi que le dit Jésus : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui… » Jean 14:21. L’ Amour, reçu du Père en nous, par et pour Jésus, est la seule disposition à même de connaître la Volonté divine, avec la joie de l’accepter et la force pour l’accomplir.

De Jésus, lors de Son entrée à Jérusalem, l’Écriture déclare : « Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse… » Matt 21:5. Un Roi qui, tout en l’étant, demeure « plein de douceur », un Roi qui accepte d’être « homme de douleur » Ésaïe 53:3. Qui ne servirait un tel roi ? Qui n’obéirait à un tel Seigneur qui nous a engendrés par la Semence incorruptible de Sa Parole et nous a régénérés pour une espérance vivante ? Un tel Amour manifesté envers nous suffit à nous faire comprendre pourquoi « ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Et qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu… » I Jean 5:3-5.