M177 – PRÉDESTINÉS …

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  « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa Grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé… » Eph 1:3-6.

  S’il est une vérité qui demande de la douceur et de l’humilité quand elle est enseignée, ainsi qu’une compréhension essentiellement spirituelle, c’est bien la « prédestination ». Et cela afin, d’une part, de comprendre ce que Dieu a jugé nécessaire que nous sachions et, d’autre part, de ne pas chercher à savoir ce qu’il n’a pas jugé utile de nous faire connaître. Nous laissons donc à la Souveraineté et à la Grâce de Dieu ce qui concerne les incroyants, pour lesquels nous prions, suivant en cela l’exemple de Jésus au sujet des Ses disciples, priant Son Père et disant : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole… » Jean 17:20. En effet, peu avant, dans cette même prière, Jésus dit : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole… C’est pour eux que je prie, dit-Il encore. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi… » Jean 17:6 et 9. Jésus ne dit pas à Son Père : Tu me les as donnés « afin qu’ils soient à toi » ; mais : Tu me les as donnés « parce qu’ils » étaient à Toi… » Ces Paroles de notre Seigneur projettent une lumière sur celles de l’apôtre Paul, écrivant aux Galates : « Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature ; mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt, précise-t-il, que vous avez été connus de Dieu… » Gal 4:8-9. En effet, alors que nous étions encore des pécheurs et ne connaissant pas Dieu, nous étions déjà « connus de Dieu », et c’est uniquement en réponse à l’Appel de Jésus, notre Sauveur, que nous avons connu Celui qui nous connaissait déjà.

  Jésus, exprimant l’Amour de Dieu envers les pécheurs, dit : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle… » Jean 3:16. A première vue, le fait de recevoir la vie éternelle ne semblerait dépendre que de la seule décision de celui qui accepte de croire en Dieu, comme si la volonté de l’homme prévalait sur la Volonté, de Dieu. Ce « quiconque » de Jésus, n’est pas « n’importe qui », et indique, non pas la totalité des hommes, mais la diversité de ceux qui croiront. Aussi ce « quiconque » signifie-t-il : tout homme, c’est-à-dire, tous ceux qui, parce qu’ils sont destinés à la vie éternelle, croiront : Act 13:48.

  « J’exhorte donc, avant toutes choses, écrit l’apôtre Paul à Timothée, à faire des prières, des supplications… pour tous les hommes… Cela est bon et agréable devant Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, et parviennent à la connaissance de la vérité… » I Tim 2:1, 3-4. Dieu « veut » que tous les hommes soient sauvés, et, en même temps, Dieu « sait » que tous ne le seront pas, parce que tous « n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés… » II Thess 2:10. La Volonté et la Connaissance de Dieu ne s’opposent pas. Ce que Dieu « veut » et ce qu’Il « sait » sont cohérents, tout en étant distincts dans les effets. Nous touchons ici à la lisière de l’insondable Mystère de la Volonté divine. Mystère juste entr’ouvert par Jésus, disant au sujet de ceux qui l’écoutent : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait. Et il ajouta : C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père… » Jean 6:63-65.        

  Jésus, dit l’Écriture, savait « dès le commencement ». Mais quel, ou plutôt, qui est ce « commencement » ? La Parole de Dieu répond à cela, disant : « En lui (Christ) Dieu nous a élus avant la fondation du monde… » Eph 1:4. Nous n’avons donc pas été élus le jour de notre conversion, mais déjà « avant la fondation du monde », parmi « ceux qui sont écrits dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’Agneau qui a été immolé… » Apo 13:8. Et cela, parce que nous avons été rachetés « par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, prédestiné avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps… » I Pier 1:19-20. L’Agneau de Dieu « prédestiné avant la fondation du monde… », nous-mêmes « élus avant la fondation du monde… », le Sauveur, et l’âme destinée à être sauvée, et qui ne Le connaît pas encore, s’attendent. Jésus et l’élu, la Révélation et l’Election sont faits pour se rencontrer au jour de l’écoute et de l’acceptation, par la foi, de la Parole de Dieu.

  La compréhension spirituelle de la prédestination découle de notre identification à Christ dans Sa Mort et dans Sa Résurrection. Car, l’important n’est pas de savoir comment nous avons été prédestinés, mais en qui et en vue de quoi, c’est-à-dire, « en Christ ». C’est, en effet, avec insistance que la Parole de Dieu répète cette expression : « … En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce… En Lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté… » Eph 1:6-7, 11. Car, dit encore l’Écriture : « Ceux qu’il (Dieu) a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés… » Rom 8:29-30. Il n’est donc pas étonnant que, ayant été « connus d’avance », nous ayons déjà « d’avance » espéré en Christ, sans le savoir.                                                                                            

  « Ceux que Dieu a connus d’avance… ». Ces Paroles nous révèlent que la prédestination n’est pas le premier acte de la Volonté de Dieu à cet égard, mais elle découle elle-même d’un autre acte qui lui est antérieure, et qui est la « Prescience » de Dieu, ainsi que l’atteste l’apôtre Pierre, s’adressant justement à « ceux qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père… » I Pier 1:2. Ainsi, Dieu a connu d’avance, c’est-à-dire, « pré-connu » ceux qu’il a prédestinés, et un des aspects particuliers de cette « pré-connaissance » précédant la prédestination nous est décrite sous les traits de Jacob et d’Ésaü, son frère : « Car, dit l’Écriture, quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu’ils n’eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein d’élection de Dieu subsistât, sans dépendre des œuvres, et par la seule volonté de Celui qui appelle, il fut dit à Rebecca : L’aîné sera assujetti au plus jeune ; selon qu’il est écrit : J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Ésaü… » Rom 9:11-13. Paroles où nous voyons que le comportement futur, bon ou mauvais, des êtres que Dieu a connus d’avance, ne détermine en aucun cas le choix de ceux qu’Il a prédestinés.

  L’expérience de la Croix dans nos vies ouvre notre compréhension sur les choses spirituelles. Car, hors de la Croix, rien n’est enseigné ni compris sainement, et toute doctrine glisse vers l’erreur. Jésus dit : « Si je n’avais fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père. Mais cela est arrivé, afin que s’accomplît la parole qui est écrite dans leur loi : Ils m’ont haï sans cause… »  Jean 15:24-25. Jésus, dit l’Écriture, fut haï « sans cause ». Il n’y eut, en effet, aucune « cause », chez Jésus qui justifiât la haine des hommes contre Lui, et qui justifiât sa condamnation, si ce n’est la haine venant de leurs propres cœurs. Mais à cette haine des hommes, Dieu avait déjà répondu d’avance par Son Amour en vue de notre salut. De là s’éclairent alors les paroles dans l’épître de l’apôtre Pierre, qui écrivit au sujet de Jacob et d’Ésaü, que ni le mal, ni même le bien n’« influèrent » sur le Dessein d’élection de Dieu, qui subsista « sans dépendre des œuvres… » Gen 25:27-34, si ce n’est de l’Amour seul de Dieu en Jésus-Christ, c’est-à-dire, lui aussi « sans cause ».

  Dieu, qui nous connaissait d’avance, nous a destinés, par Son Fils, à être ses « enfants d’adoption », afin que nous Le connaissions dès lors comme Père. Aussi le racheté loue-t-il Son Seigneur de ce que, dans son cœur et dans son esprit, la prédestination n’est ni un argument ni une définition, mais la certitude par l’Esprit du témoignage intérieur d’appartenir au Dessein éternel de Dieu.