M175 – ELLES ME CONNAISSENT …

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  « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, qui n’est pas le berger, et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met point en peine des brebis. Je suis Le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis… »     Jean 10:11-15.

  Le bon berger et le mercenaire, tous deux, « connaissent » les brebis, toutefois, devant le loup, le mercenaire s’enfuit pour sauver sa vie, alors que le berger l’affronte pour défendre ses brebis au prix de sa vie. En quoi réside la différence entre ces deux manières de « connaître », et, surtout, comment distinguer la voix du bon berger de celle du mercenaire ? Les brebis elles-mêmes nous le révèlent. L’Écriture dit, en effet : « Celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier (Le Saint-Esprit) lui ouvre, et les brebis entendent sa voix (la Parole du Berger) ; il appelle par leur nom les brebis (destinées à la vie éternelle), qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger (le mercenaire) ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers (faux prophètes et faux docteurs) … » Jean 10:2-5.

  Ainsi, l’enfant de Dieu ne suivra pas les étrangers, parce qu’il ferme son oreille à la voix de ceux qui apportent des doctrines qui détournent de la saine Parole. Or tout en apportant des doctrines d’erreur ou des fausses prophéties, ces voix étrangères peuvent aussi enseigner une certaine partie de la connaissance de la Vérité, mais avec un esprit faux. En effet, jusqu’à un certain point, le faux berger, pour tromper, utilise les mêmes mots que le vrai berger, c’est-à-dire, que ce que sa bouche dit paraît juste, mais la « voix » n’est pas celle du bon berger. Dans ce cas, ce n’est pas seulement la parole, vraie ou fausse, qui est à discerner, mais la voix, c’est-à-dire, l’Identité de celui-là même qui s’exprime. Et seuls ceux qui ont le discernement spirituel peuvent la reconnaître, parce qu’ils connaissent « l’accent » de la Voix de Jésus, le « timbre » de l’Esprit-Saint par lequel s’exprime la Parole de Dieu, reconnaissable que par ceux qui lui appartiennent. Cette Parole suscite alors une approbation, un « amen » intérieur dans le cœur purifié et éclairé, qui ne se réjouit que de la Vérité.

  Le discernement qui permet de distinguer la Vérité de l’erreur, de connaître ce qui habite la personne qui parle et l’esprit qui l’inspire, est la manifestation première de la connaissance spirituelle. A Philippe qui lui demandait : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les Paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres… » Jean 14:8-10. Jusqu’alors, en effet, Philippe et les autres disciples regardaient Jésus avec affection et admiration, mais ils ne Le connaissaient encore que par leur propre esprit, ils ne pouvaient voir en Lui que l’Homme, et non Dieu. L’Écriture dit : « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu… » I Cor 2:11. Et ce renouvellement de l’intelligence, l’apôtre Paul l’exprime comme étant une transformation durable : « Ainsi, dès maintenant, écrit-il, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière … » II Cor 5:16. La Connaissance de Dieu ne se laisse pas réduire aux limites de notre propre intelligence, mais elle est, par Son Esprit en nous, une connaissance de la Pensée incommensurable de Dieu. 

  La connaissance selon Dieu n’est point une question d’intelligence, mais de sainteté. La compréhension spirituelle découle, non pas avant tout d’un savoir, mais d’un cœur pur. L’apôtre n’exhorte-t-il pas les diacres à « conserver le mystère de la foi dans une conscience pure… ? » I Tim 3:9, et cela vaut pour tous les rachetés du Seigneur. Dans la vision de Daniel, concernant les temps de la fin, l’Écriture révèle déjà ce Principe divin, attesté dans la vie des croyants de tous les temps, disant : « Plusieurs seront purifiés, blanchis et épurés ; les méchants feront le mal, et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l’intelligence comprendront… » Dan 12:10. Les méchants ne comprennent pas, non par manque d’intelligence, mais parce qu’ils sont méchants, tout simplement ; car, instruits ou non, c’est leur malice qui obscurcit leur intelligence spirituelle. Tandis que ceux qui ont de l’intelligence spirituelle l’ont, non pas parce qu’ils sont plus intelligents que les autres, mais parce qu’ils sont purs de cœur ; car un cœur purifié, instruit ou non, reçoit et manifeste la vraie intelligence. C’est donc de notre vie affranchie « l’état spirituel » et non le « niveau intellectuel », qui nous permet de connaître Christ, et cette disposition intérieure est révélée par les Paroles de Jésus, disant : « Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu ; vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu… » Jean 8:47. Il ressort de ces paroles que notre compréhension des Choses divines découle de notre appartenance à Dieu, en tant que purifiés aussi bien qu’en tant qu’appelés ; ce qui, en retour, donne à la connaissance spirituelle la propriété de nous faire croître à la ressemblance à notre Seigneur Jésus.

  En méditant les Paroles de Jésus, nous sommes saisis d’apprendre la profondeur de la connaissance que nous pouvons recevoir de Lui. En effet, après avoir dit : « Je connais mes brebis, et elles me connaissent… », Jésus, en en précisant l’intimité spirituelle, poursuit « comme le Père me connaît et comme je connais le Père… » Jean 10:14-15. Que Jésus nous connaisse parfaitement, nous le savons ; que le Père et le Fils se connaissent réciproquement, nous le savons aussi, bien que cela soit insondable et inexprimable pour nous. Mais que nous, pécheurs pardonnés, nous puissions connaître Jésus « comme » Lui-même connaît Son Père, et « comme » le Père connaît Son Fils… ceci nous laisse muets d’étonnement, émerveillés et confondus, au-delà de toute expression. Est-il donc connaissance plus intérieure que celle reçue par l’Esprit du Fils envoyé de la part du Père dans nos cœurs ? C’est ici que, parvenues à ce point, la connaissance spirituelle et la communion avec Dieu ne font qu’un.

  La Parole prêchée selon l’Esprit a pour but de nous amener à la vraie « unité », à « l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu… » Eph 4:13. Et cette « unité de la connaissance » est, non pas la connaissance de toutes les vérités apprises, mais la Plénitude de « l’Esprit de Vérité » qui produit en nous le caractère du Fils de Dieu. Jésus, priant au sujet de Ses disciples, à la veille même de Sa crucifixion, dit : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé… » Jean 17:20-21. La connaissance aboutit à l’unité du Père et du Fils, et cette unité consiste en ce que le Père est dans le Fils et le Fils dans le Père. Il en est de même en ce qui nous concerne, notre connaissance spirituelle participe de celle du Père et du Fils, et nous rend également participants de cette unité divine. De même que nous sommes donc appelés à connaître selon la connaissance du Père et du Fils, de même, nous sommes appelés à être « un » par l’Esprit dans l’unité de la Vie divine.

  Dieu a vivifié de Sa Vie la Connaissance, qu’Il nous a communiquée, et nous a, « par sa divine puissance » … « rendus participants de la nature divine… », en nous donnant la force de « fuir la corruption qui existe dans le monde par la convoitise… » II Pier 1: 3-4. Une telle profondeur spirituelle dépasse tout ce que l’on pourrait connaitre par nous-mêmes, au point que « si quelqu’un croit savoir quelque chose, dit l’Écriture, il n’a pas encore connu comme  il faut  connaître… » I Cor 8:2. Jésus dit, en effet : « Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler… » Luc 10:22. La connaissance de Dieu n’est pas une explication humaine sur Dieu, mais une Révélation de Jésus-Christ, le Médiateur, par lequel le Père s’est révélé à nous. Ainsi, nous avons reçu par l’Esprit en nous une « part » de ce que Dieu « sait » en Lui-même. L’apôtre Paul dit, en effet : « Nous connaissons en partie, nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra… » I Cor 13:9:10. Mais ce « partiel », reçu pleinement de la part de Dieu, est déjà une plénitude de Sa connaissance, car, spirituellement, il n’est point besoin de  savoir « entièrement » pour connaître déjà « parfaitement ».