M173 – NON PAS CE QUE JE VEUX …

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  « Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors: Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… » Matt 26:36-39.

  Après avoir cherché Jésus qui était resté à Jérusalem, Marie et Joseph, au bout de trois jours « le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant… » Luc 2:46. Pour toute réponse, Jésus, qui était âgé de douze ans, leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père… ? » Luc 2:49. Mais, dit l’Écriture « ses parents ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis… » Luc 2:51. Infiniment grande et sans aucune comparaison, était la soumission de Jésus à ses parents, qui ne pouvaient comprendre la portée unique et éternelle de la Vocation du « Fils du Très-Haut… » Luc 1:32, et, cependant « Jésus leur était soumis… ». En se soumettant à l’autorité parentale, certes imparfaite, bien qu’ils fussent tous deux « justes devant Dieu » Luc 1:6, Jésus apprenait, au-travers d’eux ici-bas, la soumission à la Volonté de Son Père céleste. Le « Fils de l’homme » avait déjà commencé à « apprendre l’obéissance par les choses qu’il devait souffrir… » Héb 5:8.

  En entendant Jésus prêcher le Royaume de Dieu, en Le voyant guérir les malades, chasser les démons et ressusciter les morts, il ne vint à l’esprit de personne, pas même des disciples, que Jésus accomplissait toutes ces choses glorieuses à l’ombre de la croix, du sacrifice vers lequel Il marchait. « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… ». Si Jésus eut la force de prononcer cette prière à la fin de sa course terrestre, c’est parce qu’il y fut préparé dès le commencement de Sa vie, en particulier de Son Ministère, et cela par toutes les attaques de Satan au travers de ses adversaires, et parfois même de ses amis, sincères mais encore charnels. Jésus triompha des épreuves et des tentations, parce qu’il demeurait sans cesse dans cette disposition intérieure de soumission à Son Père, conformément à Ses propres Paroles : « Je suis descendu du ciel, dit-il, pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé… » Jean 6:38. 

  Lucifer aussi descendit du ciel, ou plutôt fut « jeté à terre… » Ezé 28:17, non, certes, pour y faire la Volonté de Dieu, mais, au contraire, parce qu’il voulut faire sa propre volonté dans le ciel. « Te voilà tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore, dit l’Éternel ! Tu es abattu à terre, toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut… » Esaïe 14:12-14. Il n’est pas de contraste plus total, entre Lucifer précipité sur la terre à cause de sa rébellion contre Dieu, et Jésus venu sur cette même terre dans la soumission à Dieu, Lui, de qui l’Écriture dit : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix… » Phil 2:5-8. L’on peut comprendre alors la haine mortelle de Satan à 1’encontre de Jésus, et, par, conséquent, contre les rachetés dans lesquels Jésus Lui-même vit par Son Esprit, et contre toute Parole prêchée sous l’Onction de ce même Esprit.

  Faire la Volonté de Dieu ne signifie pas que notre volonté ait cessé d’exister, au contraire, Dieu met Sa Gloire, non pas à nous « imposer » Sa Volonté, mais à susciter en nous le désir, la joie de lui soumettre notre volonté. C’est en cela que Dieu « produit en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir… » Phil 2:13. Et c’est afin de façonner notre volonté régénérée à « vouloir » ce que Dieu veut, que Jésus dit : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé… » Jean 15:7. Bien souvent, l’on n’entend citer que la première partie de ces Paroles de Jésus, au risque de conduire les âmes à la déception. C’est, en effet, seulement quand nous demeurons en Christ et que Ses Paroles demeurent en nous, que nous pouvons alors demander « ce que nous voulons », car ce ne sera pas n’importe quoi, puisque, étant en Lui et Lui en nous, cette position intérieure ne peut que nous inspirer à demander selon le « Vouloir » de Dieu.

  Jésus est le seul, ici-bas, qui a pu dire : « Je veux… », tout en accomplissant parfaitement la Volonté du Père, alors que les « je veux » dans la bouche de l’homme révèlent une propre volonté, qui méconnaît ou s’oppose à la Volonté de Dieu. Au lépreux qui lui disait : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur… » Matt 8:2-3. Parlant des choses cachées aux intelligents et révélées aux enfants, Jésus dit : « Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler… » Matt 11:27. Au sujet de notre enlèvement auprès de Lui, Jésus dit : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde… » Jean 17:24. Il ressort de ces paroles, que tous les « Je veux » de Jésus n’exprimèrent jamais des demandes pour Lui-même, mais ils furent toujours prononcés en vue d’un bienfait spirituel et éternel pour les autres. Ainsi, quant à nous, les « je veux » inspirés de la Volonté de Dieu consistent à accepter la Primauté de Dieu dans notre vie, même si cette Volonté pour le bien de nos âmes et de celles d’autrui doit s’accomplir par l’épreuve.

  Les « Je veux » de Dieu s’opposeront toujours aux « je veux » des hommes. Car il est possible que, même de la part d’amis les plus sincères dans leurs sentiments, ceux-ci puissent exprimer à leur insu une sollicitude inspirée par l’adversaire. Alors qu’Il avait parlé à Ses disciples de Ses souffrances, de Sa mort et de Sa résurrection, Jésus répondit à Pierre, qui par affection pour Lui l’avait repris : « Arrière de moi, Satan ! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines… » Marc 8:33. Notre compréhension limitée du Plan de Dieu nous fait souvent voir chaque événement douloureux ou incompréhensible comme étant un obstacle sur le chemin. Seule l’entière confiance dans les Desseins de Dieu se traduit par la persévérance dans l’épreuve, ayant pour conséquence consolatrice d’ouvrir les yeux de notre cœur, d’épurer et de vivifier  nos aspirations spirituelles aux Choses d’en-haut.

  Jésus dit : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable… » Jean 8:29. L’obéissance de Jésus est parfaite, elle n’a pas besoin, contrairement à la nôtre, d’être « complétée… » II Cor 10:6. Mais, en tant que Fils de l’homme, nous relevons une gradation dans l’humiliation et l’abaissement de notre Seigneur, lors de Son ultime nuit d’agonie en Gethsémané : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… ». Ce fut Sa première prière, puis, après être venu vers les trois disciples et s’en être éloigné de nouveau, Jésus pria une deuxième fois, disant : « Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite… ». Enfin, Jésus pria pour la troisième fois dans les mêmes termes. Sa souffrance consista, non pas à se garder de ce qui L’aurait amené à désobéir à Dieu, mais bien plutôt à résister à la tentation d’utiliser la Puissance de Sa Gloire, qu’Il laissa auprès du Père, en s’abaissant jusqu’à nous : Matt 26:39, 42, 44. Car, tout en s’étant dépouillé de Sa Gloire et de Sa Puissance, Jésus, cependant, conserva intacte Son Autorité. En effet, aussitôt après avoir été livré par Judas, Jésus dit à Pierre qui avait tiré son épée pour Le défendre : « Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges… ? » Matt 26:53. Tout homme ne peut que se soumettre lorsque sa force a disparu, tandis que Jésus, en acceptant « la faiblesse, dans laquelle il fut crucifié pour nos péchés… » II Cor 13:4, sut résister à la tentation d’user de Sa propre Puissance, pour échapper à l’heure de Sa mort pour nous. « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… », seul l’Amour d’un tel Sauveur, qui souffrit la Croix, peut aider chacun de nous à porter sa propre croix.