M167 – CETTE INFLUENCE …

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  « Vous couriez bien : qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité ? Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle. Un peu de levain fait lever toute la pâte… » Gal 5:7-8.

  Les croyants de la Galatie cheminaient dans la Grâce, ils y « couraient même bien », jusqu’au moment où ils s’arrêtèrent. Et quelle en fut la cause ? L’aspect méritoire, à leurs yeux, de la pratique des œuvres selon la Loi de Moïse, alors qu’ils avaient reçu, de l’apôtre Paul, que « ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ… » Gal 2:16. Toute influence, quelle qu’elle soit, n’a d’effet que sur l’âme influençable. Or toute âme influençable montre par là qu’elle n’est pas totalement affranchie d’elle-même, car elle se croit plus « libre » par elle-même, qu’en étant soumise à Jésus-Christ qui, seul, libère parfaitement. Paradoxalement, la « propre assurance » comme la « faiblesse » sont susceptibles, aussi bien l’une que l’autre, d’être influencées. Ceci montre la nécessité de mettre au jour les choses cachées de notre cœur, même celles insoupçonnées, et cela par l’Esprit-Saint dans la Parole de Dieu, qui, seule, révèle ce qui suffit pour en être affranchi.

  Cette influence inclinait donc les Galates à retourner au légalisme, au point que l’apôtre dut leur écrire : « Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu’il y ait un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ… » Gal 1:6-7. Bien que rien ne lui ait été épargné dans le ministère, Paul ne pouvait s’empêcher d’être « étonné », affligé même de la promptitude avec laquelle le « fondement qui est Christ », qu’il avait « posé » dans les cœurs : I Cor 3:11, puisse être aussi vite oublié. Et cela par la venue de certaines personnes dont les « révélations » semblaient avoir effacé la « saine Parole » qu’il avait enseignée. Ce courant perturbateur, jetant la confusion, remettant tout en question, et en doute même ce qui semblait avoir été compris, provenait de cette sorte de personnes au sujet desquelles l’apôtre écrivit aux Corinthiens : « Quelques-uns se sont enflés d’orgueil, comme si je ne devais pas aller chez vous. Mais j’irai bientôt chez vous, si c’est la volonté de Dieu, et je connaîtrai, non les paroles, mais la puissance de ceux qui se sont enflés (d’orgueil). Car le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance… » I Cor 4:18-20. À la puissance du Royaume de Dieu s’oppose la puissance des ténèbres, et l’esprit d’insoumission du croyant non affranchi se prête, par sa nature même, à cette influence.

  « Ne vous y trompez pas, rapporte l’apôtre, les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs… » I Cor 15:33. Paul, citant le poète grec Ménandre pour appuyer son propos, montre l’effet de toute influence mauvaise sur les hommes de tous temps. Antérieurement à celles-ci, et éternellement actuelles sont les Paroles de Dieu par le prophète Moïse, disant : « Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice… » Exode 23:2. L’influence du mal prédomine, parce qu’elle est toujours reçue et véhiculée par le « plus grand nombre ». Le malin connaît, et sait satisfaire ce qui est le plus commun dans la nature des humains. D’où la Parole lumineuse de Jésus à Ses disciples : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait… » Jean 15:18-19. Et l’un de Ses disciples, Jean, écrira plus tard : « Eux (les esprits antéchrists), ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute… » I Jean 4:5. Tant que « l’esprit du monde », ou « l’esprit religieux » (qui sont de la même origine) subsistera en une âme, celle-ci ne saurait échapper à l’influence de celui qui est le « prince de ce monde » Jean 14:30, lequel cherche à corrompre et à détourner de la « simplicité à l’égard de Christ… » II Cor l1:3, de cette « simplicité » qui consiste à recevoir la Vérité sans mélange dans un cœur purifié.

  Ainsi, que ce soit contre la séduction du péché, ou contre celle de la fausse doctrine, le racheté soutient dans la foi un combat que l’Ecriture décrit comme étant un combat qui peut aller jusqu’à devoir « résister jusqu’au sang, en luttant contre le péché… » Héb 12:4. Il s’agit ici, non pas du « sang » répandu à cause de la persécution, mais de l’expression biblique de « la chair et du sang qui ne peuvent hériter le Royaume de Dieu… » I Cor 15:50. C’est ici le combat contre notre « moi », contre notre « vieil homme » qui a été « crucifié avec Christ » Rom 6:6 ; crucifixion grâce à laquelle, désormais, nous avons reçu la force suffisante de nous en « dépouiller » Eph 4:21. Ainsi, en tant que « nouvelle créature » en Jésus-Christ, en quoi le racheté, soumis à une influence mauvaise, peut-il donc être affecté ? Tout au plus par une tension spirituelle que suscite toute ferme décision venant d’une volonté régénérée de surmonter la tentation ; tension qui, cependant, disparaît par la foi en la Victoire, que Christ a acquise pour nous à la Croix. Et c’est justement parce que « l’oppression rend insensé (même) le sage… » Ecc 7:7, que Dieu, non seulement en vue des temps de la fin, mais déjà en cette vie présente, soit allège, soit abrège les jours d’épreuves.

  Plus l’on approche des temps de la fin, où tout se fractionne et se délite, l’esprit de séduction proclame une ère de justice et de paix à l’homme, mais en le laissant tel qu’il est. Cet esprit promet à l’homme  de changer le monde, de changer les conditions de la vie, mais sans que lui-même change sa propre vie. Ce sera un temps tel, et il a déjà commencé, où ceux qui demeurent fidèles à la « saine Parole de Dieu » seront l’objet de ce qu’annonçait déjà Jésus à Ses disciples, disant : « Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. Ils vous excluront des synagogues ; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu… » Jean 16:1-2. « Faire mourir » son prochain, qui ne partage pas les mêmes convictions, signifie le tuer, non par l’épée uniquement, mais déjà par la langue, c’est-à-dire, le mépriser, le calomnier, ou encore souhaiter voir disparaitre ce croyant « gênant », parce qu’il est spirituel, et qui, fondé sur la Parole de Dieu, refuse de se soumettre à l’esprit de ce monde comme à toute dénomination religieuse dominatrice.

  Ainsi que nous l’avons vu, le terme « influence », dans ce passage, contient aussi les sens d’insinuation et de persuasion. L’insinuation maligne persuade d’une idée ou d’une doctrine fausse, et ceci ne peut émaner que d’un esprit rusé, provenant d’une principauté déchue. Ceci nous fait remonter à la tentation d’Ève séduite par « le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan… »    Apo 12:9. En face du serpent, dit l’Écriture, Ève était seule, c’est-à-dire, hors de l’autorité et de l’influence de son mari, bien « qu’il fût auprès d’elle… » Gen 3:6.  Car, après qu’Ève eut répondu au serpent, que Dieu leur avait dit au sujet du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin : « Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mourriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux (ou Dieu), connaissant le bien et le mal… » Gen 3:3-5. Le diable pèse bien ses mots, il persuade Ève, et donc Adam, que Dieu ne veut pas qu’ils sachent ce qui exactement leur manque pour être comme Lui. Cette insinuation, que Dieu leur cache quelque chose, les amène, en quelque sorte, à être persuadés que c’est justement cette connaissance, qui aurait pu les rendre capables de discerner par eux-mêmes et les faire dominer sur le diable ; alors que c’est le diable lui-même qui les domine en leur inspirant une telle compréhension erronée. Le mensonge est toujours l’arme de l’esprit dominateur.

  En tant que rachetés : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin… » I Jean 5:19. C’est sous un tel esprit d’égarement que le monde vit, et dont nous avons à nous garder, de peur que nous n’en arrivions, inconsciemment et comme le monde, à nous plaindre de Dieu. Déplorons plutôt nos faiblesses, et notre compréhension limitée par nos craintes et nos impatiences. En ceci l’exhortation de l’apôtre Pierre prend toute sa force, lorsqu’il écrit : « Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. Mais croissez dans la Grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui soit la gloire, maintenant et pour l’éternité ! Amen… ! » II Pier 3:17-18. Ceux-là, seuls, qui ont accepté de marcher à contre-courant de l’esprit de ce monde, reçoivent de Dieu la Force pour y résister.