M166 – UN RAMASSIS DE GENS …

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     «  Le ramassis de gens qui se trouvaient au milieu d’Israël fut saisi de convoitise ; et même les enfants d’Israël recommencèrent à pleurer et dirent : Qui nous donnera de la viande à manger ? Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Égypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. Maintenant, notre âme est desséchée : plus rien ! Nos yeux ne voient que la manne … ! » Nomb 11:4-6.

     A peine sorti d’Égypte, le peuple d’Israël commença déjà à regretter le pays de leur servitude, au lieu de louer l’Éternel pour leur délivrance. Le « ramassis de gens » qui étaient au milieu d’eux, entraînant Israël dans leur rébellion, firent qu’ils se ressouvinrent des poissons, des concombres, des melons, des poireaux et des aulx qu’ils mangeaient au temps de leur esclavage. Les Jugements puissants de l’Éternel, manifestés lors des « dix plaies » sur Pharaon et sur son peuple et qui rendirent possible la sortie des enfants d’Israël « à main forte et à bras étendu », ne les avaient pas impressionnés au point de faire taire leurs murmures ! Il est frappant de constater avec quelle précision la « chair » rappelle à l’âme ce à quoi elle prenait plaisir, dans le monde, avant d’avoir connu le Seigneur… !

     « Qui furent, en effet, dit l’Écriture, ceux qui se révoltèrent après l’avoir entendue sa voix (de l’Éternel), sinon tous ceux qui étaient sortis d’Égypte sous la conduite de Moïse ? Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre ceux qui péchaient, et dont les cadavres tombèrent dans le désert ? Et à qui jura-t-il qu’ils ne rentreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi… ? » Héb 3:16-18. C’est ce qu’exprima, plus tard, Jude, dans son épître : « Je veux vous rappeler, à vous qui savez fort bien toutes ces choses, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple et l’avoir tiré du pays d’Égypte, fit ensuite périr les incrédules… ! » Jude 1:5. Ces Paroles, qui nous rappellent quelle résolution le Seigneur fut amené à prendre à cause de Sa Justice, sembleraient être adressées aux Égyptiens plutôt qu’au peuple Hébreu, ce peuple qui avait donc été « sauvé » d’Égypte. Cependant, tous les incrédules ne furent pas seulement Égyptiens, il y en eut de même parmi les Hébreux, ce sont ceux qui tirèrent profit de la délivrance d’Égypte, sans avoir été délivrés d’eux-mêmes… !

    Ainsi, cette « multitude de gens de toute espèce qui montèrent avec eux … ! » Ex 12:38, saisissant l’occasion, profitèrent de la grande Délivrance de Dieu qui ne leur était pas destinée, en se mêlant au peuple d’Israël auquel ils n’appartenaient pas. Et ces gens-là suffirent pour contaminer les esprits et les cœurs des enfants d’Israël. Ce fait se vérifie dans toute l’histoire d’Israël, comme dans celle de l’Église, et cela d’une façon de plus en plus subtile. En effet, dans chaque Intervention de l’Esprit, à chaque Réveil, à chaque Retour à la Parole de Dieu, il y a toujours un « ramassis de gens » qui profitent de la « Rosée d’en haut » d’une façon superficielle. Ce sont des personnes qui, tôt ou tard, soit se révèlent être un obstacle ou un scandale dans l’Église du Seigneur, soit érigent la Parole de Dieu en doctrines  en instituant une nouvelle dénomination religieuse qui éteint la Puissance de la Vie de l’Esprit !

    Ce « ramassis de gens » nous montre que, bien qu’ils en fussent sortis, les pensées de leurs cœurs étaient toujours restées en Égypte. De même, le racheté « qui n’est plus du monde, tout en vivant en ce monde » Jean 17:14-15, découvre lui aussi tout un « ramassis » de choses du monde en lui, des pensées personnelles, charnelles, encore non soumises à Christ, dont il, ne soupçonnait pas l’existence jusqu’alors. Nous avons été crucifiés avec Christ, et c’est alors que nous découvrons la réalité de ce « vieil homme » en nous, dont « nous avons été instruits, dit l’Écriture, à nous dépouiller eu égard à notre vie passée… ! » Eph 4:21-22. Ainsi, ces choses qui restent en nous, de l’état où nous étions avant d’avoir rencontré Christ, doivent donc être, à chaque pas, mises à jour par l’Esprit. D’où la nécessité de faire mourir ce qui est charnel par la Puissance de l’Esprit-Saint qui seul nous aide à y parvenir. Et paradoxalement, cette mort ne peut spirituellement s’opérer en nous qu’après avoir reçu la Vie divine, car c’est de cette Vie que nous recevons la force et le discernement d’En Haut pour connaître nos faiblesses, et en triompher… !

      L’Écriture déclare donc que du peuple, une fois « sauvé », le Seigneur dut faire « ensuite » (littéralement : « la seconde fois ») périr les incrédules qui s’y trouvaient. Ces paroles, « la seconde fois », exprime la nécessité d’une « seconde » mort. En effet, la délivrance d’Israël fut, entre autres, rendue possible par la mort des premiers-nés des Égyptiens et par celle de l’armée égyptienne dans la mer rouge. De même, l’entrée du peuple d’Israël dans la terre promise, quarante ans plus tard, ne fut rendue possible qu’après que les rebelles, parmi les Hébreux, eurent péri dans le désert. Il y eut donc deux sortes de morts : la première pour sortir d’Egypte, la seconde pour entrer en Canaan ! Ce même Processus divin s’opère intérieurement dans la vie du racheté qui, lui aussi, est l’objet spirituellement de deux sortes de morts. La première, opérée par la mort expiatoire de notre Sauveur Jésus-Christ pour nous et nous avec Lui. L’apôtre Paul écrit, en effet : « De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la Loi (de Moïse), pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu… ! » Rom 7:4. Puis, « ayant été rendus à la vie avec Christ… ! » Eph 2:5, nous voici, alors, de nouveau exhortés à mourir « une seconde fois », non plus en tant que pécheurs, mais en tant que croyants en ce qui concerne la sanctification, et qui consiste, là encore, non par nos propres forces, mais « par l’Esprit, à faire mourir les actions du corps … ! » Rom 8:13,  selon  que  l’écrit  encore l’apôtre  : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable… ! » Rom 12:1.

     « Si quelqu’un est en Christ, dit l’Écriture, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ… ! » II Cor 5:17-18. Dans nos pensées, nos sentiments, nos paroles et nos actes, nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître que l’application de ces « choses » est loin d’être parfaite. Nos efforts vains résultent d’une fausse compréhension spirituelle qui tend à confondre ce qui est « parfait » avec ce qui est « absolu ». Ce qui est absolu, c’est ce qui existe indépendamment de tout rapport avec autre chose. En ce sens, Dieu est « absolu », c’est-à-dire entre autres, Unique en Son Essence, Sa Gloire, Sa Puissance et Sa Sainteté. Ne dit-Il pas, par la bouche du prophète :  « A  qui  me   comparerez-vous,  pour  le  faire  mon  égal  ? A  qui   me  ferez-vous  ressembler,   pour  que   nous   soyons   semblables … ? » Ésaïe 46:5. Dieu est saint, et parce qu’il n’existe aucun autre point de comparaison avec Lui, il est vain de chercher jusqu’à quel point Il est saint. Ce serait là une tentative d’évaluation humaine de la Sainteté de Dieu ; le « plus » et le « moins » sont une estimation qui n’est propre qu’à l’homme. Si donc l’absolu est immuable, la perfection, quant à elle, est en constant développement dans la vie du racheté. Mais si le racheté venait à confondre le « sens » de la perfection avec le « sens » de l’absolu qui est le propre de Dieu « chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation… ! »  Jac 1:17, la sanctification lui apparaîtrait comme un sommet inaccessible et il ne pourrait que désespérer de lui-même, alors qu’elle est une source de joie dans le cœur de celui qui, affranchi par le Fils de Dieu, aspire à lui ressembler… !

     L’Éternel dit au serpent qui séduisit Ève : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon… ! » Gen 3:15. Cette parole prophétique, Jésus l’a accomplie, en disant déjà à Ses disciples : « Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire… ! » Luc 10:19. Cette Puissance a donc été donnée à l’Église, la « postérité spirituelle de la femme », qui a reçu l’assurance, ainsi que l’écrit l’apôtre, que « le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds… ! » Rom 16:20. Ce « talon de la femme » est le « talon de l’Église », et ce sont, spirituellement, nos « pieds » qui ont été, dès le commencement, blessés par le serpent de la morsure du péché. C’est donc avec un « talon blessé », bien qu’ayant été, depuis lors, « guéri » par Christ, que Dieu écrasera Satan « sous nos pieds ». Cette « blessure » est la nature faillible de notre humanité qui se rappelle sans cesse à nous dans notre marche avec le Seigneur. Lequel poursuit, sans discontinuer, Son Œuvre de régénération par Son Esprit en nous. Ainsi, le diable, en ayant voulu nous affaiblir, a fait que nous devenions encore plus forts par Celui qui, vivant en nous, l’a vaincu pour nous… !