M164 – JÉZABEL …

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  « Mais ce que j’ai contre toi (Église de Thyatire), c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. Je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu’ils ne se repentent de leurs œuvres… » Apo 2:20-22.

  Jézabel, fille d’Ethbaal, roi des Sidoniens, fut la femme d’Achab, roi d’Israël, elle incita son mari à servir Baal à la place de l’Éternel : I Rois 16:31. Jézabel extermina les prophètes de l’Éternel, et elle fit s’enfuir Elie, le prophète : I Rois 19:2-3. Jézabel encore poussa Achab à faire lapider Naboth de Jizreel pour prendre possession de sa vigne : I Rois 21:7-10. Par sa nature perverse et ses agissements, cette Jézabel personnifia, dès lors, tout ce qui est du domaine de la séduction et de la domination spirituelle. Il est frappant de constater que le diable, l’esprit tentateur et séducteur, agit d’une manière « féminine » dans l’esprit des hommes de Dieu, afin de les détourner, et les églises avec eux de la Voie Divine. Aux chrétiens de la Galatie qui avaient reçu la Grâce de Dieu, mais qui étaient enclins à pratiquer de nouveau la loi, l’apôtre Paul écrit : « Ô Galates dépourvus de sens ! Qui vous a fascinés (litt. : ensorcelés), vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été dépeint comme crucifié… ? » Gal 3:1. Par l’Évangile, en effet, l’Esprit-Saint avait convaincu et imprimé dans leur cœur la Parole de Dieu, mais, en quelques-uns, la fascination des œuvres méritoires les avait détournés de la Justification par la foi. Cette fascination est inspirée des pratiques légalistes, qui satisfont toujours le « moi » religieux, alors que l’adoration exprime la certitude intérieure, qu’apporte le Salut gratuit en Jésus-Christ.

  L’Écriture présente sous les traits de la femme des Réalités spirituelles les plus opposées. La femme représente, d’une part, la « nouvelle Jérusalem », « l’Épouse de Christ », la « Femme de l’Agneau » Apo 21:2, 9, et de l’autre, la « grande prostituée », « Babylone la grande », la « mère des impudiques et des abominations de la terre… » Apo 17:1, 5. Jézabel représente donc l’esprit séducteur au cours des âges. Cela ne signifie pas que la femme soit plus utilisée par le diable que les hommes, car il est établi que, dans la chrétienté, la presque totalité des fausses doctrines a l’homme pour initiateur ou pour instrument. La femme, il est vrai, par sa nature réceptive, reçoit les influences, tandis que l’homme, se faisant fort d’y résister, s’influence, se séduit tout simplement lui-même. Ainsi, l’esprit qui égare loin de l’Esprit de la Parole séduit à la manière d’une « prostituée », suivant les paroles même du prophète, disant : « La prostitution, le vin et le moût font perdre le sens… car l’esprit de prostitution égare… » Osée 4:11-12. L’éloignement de notre esprit de l’Esprit de la Parole se fait imperceptiblement ; c’est « l’apostasie douce » qui conduit inexorablement à la domination des dénominations religieuses sous une seule direction. Cette dérive spirituelle ne peut être discernée que par ceux qui aspirent à la Source de la Parole Divine, et auxquels Dieu a ouvert les yeux du cœur et de l’esprit, afin qu’ils échappent au sort de ceux dont il est écrit : « Leurs œuvres ne leur permettent pas de revenir à leur Dieu, parce que l’esprit de prostitution est au milieu d’eux, et parce qu’ils ne connaissent pas l’Éternel… » Osée 5:4.

  Cette manière d’agir de l’esprit séducteur est clairement décrite par le sage, disant : « J’étais à la fenêtre de ma maison, et je regardais à travers mon treillis. J’aperçus parmi les stupides, je remarquai parmi les jeunes gens un garçon dépourvu de sens. Il passait dans la rue, près de l’angle où se tenait une de ces étrangères, il se dirigeait lentement du côté de sa demeure… » Prov 7:6-8. La prostituée n’a besoin que de se tenir là, et d’attendre ; les uns vont leur chemin, d’autres se détournent vers elle. Elle n’a, d’ailleurs, d’attrait et de pouvoir que sur ceux qui veulent bien se laisser séduire par elle. C’est uniquement de sa propre décision qu’une âme quitte le chemin « étroit » pour celui qui est « spacieux » et qui conduit à la perdition. La séduction n’atténue en aucun cas la responsabilité de celui qui se laisse séduire.

  L’Action du Saint-Esprit à l’encontre de la séduction, l’Appel de Dieu à ceux qui se sont laissés trompés par elle s’opère dans le même lieu. C’est, en effet, « à l’angle de la rue » que se tient la prostituée, la séduction spirituelle. Ainsi en est-il de la « Sagesse » de Dieu, évidemment, dans le But spirituel totalement inverse. En effet : « La « Sagesse, dit l’Écriture, crie dans les rues, elle élève sa voix dans les places … C’est au sommet des hauteurs près de la route, c’est à la croisée des chemins qu’elle se place, à côté des portes, à l’entrée de la ville, à l’intérieur des portes, elle fait entendre ses cris : Hommes, c’est à vous que je crie, et ma voix s’adresse aux fils de l’homme : Stupides, apprenez le discernement ; insensés, apprenez l’intelligence… » Prov 1:20 et 8:2-5. La Sagesse Divine, la Parole rencontre la folie humaine sur le même terrain, à « la croisée des chemins », à « l’angle de la rue » ; c’est là le lieu où il y a toujours un choix à faire, une décision à prendre. La Parole nous apprend que l’Esprit de Vérité ne peut pas nous conduire dans l’erreur, tandis que, à l’inverse, une vérité peut nous être communiquée par un faux esprit, lequel, l’isolant des autres vérités, en fait une erreur.

  Une des prescriptions fondamentales, garantissant le discernement spirituel dans l’Église nous est apportée par Paul écrivant à Timothée : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme, mais elle doit demeurer dans le silence… » I Tim 2:11-12. L’autorité sur autrui s’exprime par la parole, or enseigner c’est automatiquement prendre de l’autorité. Comment se fait-il que Jézabel ait pu « enseigner », et, par conséquent, « séduire » les serviteurs de Dieu ? Beaucoup y voient le signe initial de la déviation spirituelle dans les églises, mais celle-ci a commencé bien avant, car la femme ne fait que prendre la place que l’homme lui a laissée. La femme prend de l’autorité parce que l’homme a perdu son autorité spirituelle, or « Christ est le chef de tout homme, et l’homme est le chef de la femme, et Dieu est le chef de Christ… » I Cor 11:3. C’est donc parce que l’homme ne se soumet plus à Christ qu’il perd la vraie autorité sur la femme, alors que toute femme véritablement spirituelle mettra toute sa joie à « se soumettre » à son mari, un mari qui l’aime et la protège.

  Ainsi, la prédominance de la femme est, non pas le commencement, mais la conséquence, le signe qu’il y a déjà longtemps que la vie spirituelle de l’homme s’est éteinte. La faute n’est donc pas à imputer à la femme, mais à l’homme. C’est ce que montre clairement le Seigneur à l’ange de l’église, en disant : Ce que j’ai contre toi, c’est que « tu laisses » la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner. Un courant « permissif » venant du monde traverse la chrétienté. On « laisse faire », ce qui produit un « laisser-aller » accepté par une majorité sans force. Il s’en suit un amollissement spirituel, un effacement de la ligne séparant ce qui est bien de ce qui est mal, au point que toute correction apportée au moyen de la Parole de Dieu, est considérée, parfois, comme étant légaliste ou répressive.

  Lors de la tentation de Jésus, dit l’Écriture : « Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. Jésus lui répondit : Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul… » Luc 4:5-8. Dans cette tentation, le diable fait ressortir l’éclat des richesses et de la gloire de ce monde. En ceci se révèle une fois encore l’aspect « féminin » de l’esprit séducteur qui cherche à exercer une fascination sur l’âme. Ceci nous éclaire sur le dernier comportement qu’eut Jézabel avant sa mort violente. Envoyé par l’Éternel, le prophète Élisée fit oindre Jéhu roi d’Israël, avec cet ordre : « Tu frapperas la maison d’Achab, ton maître, et je vengerai sur Jézabel le sang de mes serviteurs les prophètes, et le sang de tous les serviteurs de l’Éternel… » II Rois 9:6-7. Lorsque Jéhu entra dans Jizreel, dit l’Écriture : « Jézabel, l’ayant appris, mit du fard à ses yeux, se para la tête, et regarda par la fenêtre… » II Rois 9:30. Du « fard » à ses yeux, une « parure » sur sa tête, Jézabel se fit belle, la beauté du diable. Etait-ce seulement par défi, ou inconsciemment pour attendrir Jéhu, et ainsi échapper au jugement qui allait la frapper ? Mais Jéhu ne se laissa ni séduire ni détourner de sa mission. « Jetez-la en bas ! Ordonna-t-il, et les eunuques la jetèrent, et il rejaillit de son sang sur la muraille et sur les chevaux. Jéhu la foula aux pieds… » : II Rois 9:33. Jéhu qui triompha de la séductrice, préfigura Jésus qui triompha du tentateur, car Jésus nous a appris la Puissance victorieuse du « Il est écrit… » de la Parole de Dieu. Car « Garder » la Parole, c’est « regarder » à Dieu ; à l’exemple de l’apôtre Paul, nous exhortant à « voir le Juste… » Act 22:14, c’est-à-dire, discerner toutes choses, résister à l’attrait de ce monde, et n’adorer que Dieu.